L’Ouest fédère les jeunes avec le foot depuis 10 ans

Travail socialAvec leur tournoi annuel, les «éducs» du district animent les vacances des ados tout en rappelant qu’ils sont là pour les aider.

Les filles étaient bien présentes au 10e tournoi annuel de football de l’Ouest lausannois.

Les filles étaient bien présentes au 10e tournoi annuel de football de l’Ouest lausannois. Image: Patrick Martin

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Le visage rouge et dégoulinant de sueur, deux filles et un gars sont échoués sur leur chaise face au buffet de sandwiches. Ils reprennent leur souffle en blaguant avec les «éducs»: c’est l’heure du break entre deux parties de foot au tournoi annuel de l’Ouest lausannois. Mercredi dernier marquait la 10e édition de cet événement un peu particulier, organisé à Chavannes par les travailleurs sociaux de six communes du district.

Ça a beau être les vacances, les salles de gym du Collège de la Planta sont pleines. Une dizaine d’équipes s’affrontent toute la journée dans trois catégories, deux pour les garçons et une pour les filles. Et même s’il n’y a pas de grande coupe à gagner, c’est du sérieux, au vu des actions et des maillots très pros qu’on voit sur les terrains. En tout, environ 80 jeunes de 12 à 17 ans sont là pour se défouler.

Quant aux travailleurs sociaux qui les encadrent, c’est l’occasion pour eux de faire d’une pierre plusieurs coups: animer la vie des ados des quartiers, entretenir le contact et faire un peu de prévention. Cette année, une association est là pour alerter sur le marketing des cigarettiers avec un jeu de réalité virtuelle. Sur un autre stand, les jeunes testent sur ordinateur une simulation de conduite alcoolisée.

Une présence tout-terrain

«Par le sport, on parvient à passer des messages de santé, comme aujourd’hui, mais aussi de respect et même de combativité. On a parfois affaire à des jeunes qui sont tentés de baisser les bras.» Travailleur social de proximité (TSP) à Écublens, Matthias Wenger en sait quelque chose. Son job, c’est d’être à disposition des ados partout où ils se trouvent, même si tous n’ont pas des problèmes graves, loin de là. «Nous donnons un maximum d’attention aux situations compliquées, mais beaucoup de jeunes ont des soucis plus sporadiques. Nous sommes là pour les accueillir, car autrement, ils ne demanderaient pas forcément de l’aide.»

Dans le district de l’Ouest, Chavannes, Renens, Prilly, Écublens, Crissier et Bussigny ont constitué un réseau de TSP, dont l’action se déploie toute l’année. Parmi les activités qu’ils proposent pour toucher leur public, le foot est évidemment fédérateur. «Avoir des occasions de pratiquer le sport est un besoin qu’expriment les jeunes, mais l’ouverture de salles de gym en semaine ou un tournoi comme celui-ci sont aussi des prétextes pour nous», explique Alexandra Evard, TSP à Prilly.

Seule femme dans un réseau de sept TSP dans le district, elle partage le constat posé par d’autres travailleurs de rue: les filles sont moins présentes dans l’espace public que les garçons. «Ça nous pousse à trouver d’autres biais pour les contacter, comme l’organisation d’activités.» Le ballon rond, c’est fédérateur pour les filles aussi? Force est de constater qu’elles sont là en nombre, même si elles restent en minorité. «Tout récemment, en évaluant les besoins d’un groupe de filles, c’est la pratique du foot qui est ressortie», sourit la jeune femme.

«Pas de règles»

Maria, 16 ans et fan de foot depuis toujours, ne la dément pas. «On a monté mon équipe avec des filles que je croisais dans le bus et au centre de loisirs de Prilly. Ça s’est fait très facilement, plus que si j’avais dû rejoindre une équipe de foot normale.» Arrivée il y a deux ans du Brésil, elle connaît déjà bien les TSP de sa commune. Avec leur aide, elle a pu trouver un stage à la bibliothèque, mais aussi une oreille pour mieux traverser un deuil dans sa famille. «Dans certaines situations, c’est bon d’avoir quelqu’un à qui parler, un adulte qui a notre respect parce qu’il sait comment réagir.»

«Il y a quelques années, ça manquait d’activités pour nous à Chavannes. Maintenant, chaque jeune peut se tourner vers la Commune», estime Kubilal, 17 ans, qui pense en particulier au programme «Coup de pouce», animé par les TSP, qui offre des petits jobs ponctuels aux ados. Lui n’est pas là pour le foot, mais pour saluer les copains de son ancien collège, ainsi que le TSP de Chavannes, qu’il connaît bien. «Il m’a aidé en me donnant des contacts quand je cherchais un apprentissage. Ces éducateurs ne sont pas du genre à poser des règles. Ils sont là pour nous.»

Créé: 28.02.2019, 19h30

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