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La pandémie met les nuits lausannoises en veilleuse

Les établissements publics ont joué le jeu de la fermeture à 22h, imposée dès samedi soir par le Conseil d’Etat. Et la ville a sombré dans la torpeur.

La vie nocture lausannoise a subi de plein fouet les restrictions imposée face à la pandémie de coronavirus. Images: CHRISTIAN BRUN
La vie nocture lausannoise a subi de plein fouet les restrictions imposée face à la pandémie de coronavirus. Images: CHRISTIAN BRUN

«Restez chez vous, cela peut sauver des vies!»Le message circule de plus en plus sur les réseaux sociaux. Et c’est un peu cette recommandation que le Conseil d’Etat a voulu transmettre en décidant la fermeture de tous les établissements dès 22h. «Nous observons trop de gens qui sortent, partout, en se tenant proches les uns des autres»”, justifiait la conseillère d’Etat Rebecca Ruiz dans nos colonnes. Ce week-end, les rues de Lausanne ont montré que le message est en train de passer. L’humeur n’est plus à la fête. Mais il reste du travail auprès de certains noctambules.

«C’est décidé, on n’ouvrira pas la semaine prochaine.» Gérant de La Grappe d’or, Laurent Bigler a pris sa décision juste après avoir appris le nouveau serrage de boulon cantonal. «Pour ce samedi soir, on a appelé tous les clients qui avaient réservé pour leur demander de venir plus tôt», dit-il. Ceux qui ont réservé pour les prochains jours ont aussi été avertis de la fermeture.

Vendredi à l'entrée du Pavillon, la clientèle est prévenue. Tout le monde ne pourra pas entrer. Crédit: DR
Vendredi à l'entrée du Pavillon, la clientèle est prévenue. Tout le monde ne pourra pas entrer. Crédit: DR

Vendredi, les rues de Lausanne avaient déjà encaissé le premier choc de la limite des 50 personnes. Les discothèques et les plus gros bars étaient d’emblée contraints de fermer. Pour les autres, les comptages à l’entrée se sont instaurés. Dans les rues désertées, le silence était déjà pesant. «On a essayé de mettre les tables à bonne distance, de désinfecter régulièrement des points comme les poignées de portes, dit le gérant du Perroquet, Florent Montandrau. Mais les gens ne sont juste pas venus.»

La peur du vide

Samedi, le bar a eu un peu plus de chance. Un groupe festif s’est approprié les lieux. «On fête le NataDay, lance Natasha, qui célèbre ses 25 ans avec une quinzaine d’amis. Je pensais aller en boite mais comme tout est fermé, on va finir la soirée dans la suite qu’on a réservée dans un palace.» Il est un peu plus de 21h et les jeunes noceurs font mine de s’accommoder de la fermeture qui approche.

Natasha et ses amis se sont installés au Perroquet pour faire la fête.. jusqu'à 22h.
Natasha et ses amis se sont installés au Perroquet pour faire la fête.. jusqu'à 22h.

«En fait on a peur, confie Natasha. On a 25 ans et, pour nous, la vie c’est celle de la nuit alors qu’est-ce qu’on va faire?» Comme pour confirmer la morosité ambiante, le salut répétitif des dealers de rue tombe à plat, dans une nuit cotonneuse où la gueule de bois est arrivée avant la fête: «Bonsoir chef, tu veux quelque chose?»

Fermeture totale

Même le Flon baigne dans un silence qui ne lui ressemble pas. Dans les restaurants, les consignes visant à maintenir un espace sanitaire entre les clients (2 mètres entre les tables et un mètre entre les couverts) sont difficiles à respecter. C’est d’ailleurs le cas de bon nombre d'établissements. Mais la police ne verbalisera pas ce week-end. Les nouvelles sont trop fraiches et les policiers font de l’information. Samedi, ils ont commencé leur tournée de tous les bistrots en début de soirée. A l’heure de fermeture, aucun problème n'est signalé. «On a vu la détresse de certains patrons, mais on est plutôt bien accueilli», témoigne un policier.

La police a fait le tour des bistrots (ici au Lausanne Moudon), samedi soir, pour s'assurer que l'heure de fermeture avancée était bien comprise de tous.
La police a fait le tour des bistrots (ici au Lausanne Moudon), samedi soir, pour s'assurer que l'heure de fermeture avancée était bien comprise de tous.

On croise le patron du P’tit lausannois, qui détaille ses craintes. «Ma salle est petite, elle est pleine avec 6 clients si je mets les nouvelles normes en pratique», explique Stéphane Jaunin. Il en appelle d’ailleurs à la fermeture totale des établissements publics. «Si elle est décrétée, ce sera le seul moyen de sauver les restaurants car on pourra au moins faire marcher nos assurances», prie le restaurateur.

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