Des paniers d'invendus proposés à petits prix

ConsommationL’application antigaspillage alimentaire Too Good To Go fait de plus en plus d’adeptes. Lausanne est la deuxième ville la plus active du pays

Globus fait partie de la soixantaine de commerces lausannois qui écoulent leurs invendus à prix cassés sur l'application Too Good To Go. Le contenu du panier est à chaque fois une surprise. Voilà celui du 7 mai.

Globus fait partie de la soixantaine de commerces lausannois qui écoulent leurs invendus à prix cassés sur l'application Too Good To Go. Le contenu du panier est à chaque fois une surprise. Voilà celui du 7 mai. Image: FLORIAN CELLA

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Manger à petit prix en sauvant des repas de la poubelle. Une soixantaine de commerces lausannois se sont déjà ralliés à Too Good To Go. Cette application antigaspillage prend de l’ampleur en Suisse depuis cet été après un démarrage en demi-teinte en 2016. Supermarché bio, boulangerie, grande distribution, restaurant italien, indien, thaïlandais ou végane… La capitale vaudoise est la deuxième ville la plus active du pays, derrière Zurich.

En substance, l’appli gratuite (à télécharger ici) propose des paniers surprise, garnis d’une sélection d’invendus du jour, le tout pour trois fois moins cher. L’acheteur les réserve (et les paie) via l’application puis les récupère chez le commerçant à l’horaire indiqué.

Le nouveau restaurant végétal Racines met en vente trois paniers par jour. «Les gens les réservent le jour avant et découvrent sur le moment leur contenu, selon ce qui nous reste. Des salades, de la soupe, un muffin, un buddha bowl, une focaccia… Ça marche très bien; tout est vendu, en général», rapporte Clarissa de Crisco, associée gérante. La marchandise, d’une valeur de 25 francs, est bradée à 7 fr. 90. «On récupère le coût des ingrédients. Mais c’est surtout un moyen d’éviter le gaspillage.»

On ne pensait pas que ça allait fonctionner aussi bien; on arrive presque à 5000 paniers sauvés

Comme elle, de nombreux commerces assurent ne pas gagner grand-chose mais adhérer à la philosophie de la start-up. «On veut faire quelque chose de bien pour la planète, à notre échelle», dit Fiorella Cervellieri, de Fleur de Pain. En février dernier, après un mois de test, la chaîne a étendu le concept à la quasi-intégralité de ses boulangeries. «On ne pensait pas que ça allait fonctionner aussi bien; on arrive presque à 5000 paniers sauvés.»

Même les fleurs

Les fleuristes aussi s’y sont mis. «Passé deux jours, on ne peut plus proposer à la vente les fleurs coupées, rappelle Guillaume de Brisoult, gérant de Pont de Chailly Fleurs. Cette application permet d’éviter le gâchis et de toucher une nouvelle clientèle, plus jeune, habituée à faire ses achats sur smartphone.»

Too Good To Go a aussi séduit les grandes enseignes suisses comme Migros et Coop. Au Delicatessa de Globus Lausanne, la sauce a rapidement pris. Les clients repartent avec un choix d’épicerie fine pour 14 fr. 90s au lieu de 45 francs.

Du côté de la gare, le buffet végétarien Tibits s’est rallié au mouvement il y a deux mois et met en vente une dizaine de paniers à récupérer le soir. Sept ou huit trouvent preneur en moyenne. L’enseigne étant tenue d’alimenter son buffet jusqu’à la fermeture, les restes sont inévitables.

Ambition mondiale

Deux millions de tonnes d’aliments terminent à la poubelle chaque année en Suisse. Too Good To Go, fondé au Danemark, s’est donné comme mission de réduire le gaspillage alimentaire au niveau mondial. Il y a trois mois, la start-up annonçait avoir franchi le cap des 10 millions de repas «sauvés» en Europe, dont 150 000 en Suisse. Les employés «waste warriors», comme ils s’appellent, sont déjà présents dans neuf pays et ne comptent pas s’arrêter là.

Les commerces paient à l’entreprise une commission variable selon le prix du panier (par exemple 2 fr. 90 pour un panier vendu 6 fr. 90) et une inscription annuelle de 59 francs.

«Nous ne sommes pas encore rentables, fait savoir Frédéric Schopfer, business developer de Too Good To Go en Suisse romande. L’argent des commissions est investi dans le personnel et le développement de mouvements contre le gaspillage alimentaire.»

Créé: 09.05.2019, 06h48

En chiffres

100 Le nombre approximatif de commerçants vaudois qui proposent de la marchandise sur l’application To Good To Go, dont une soixantaine à Lausanne.

30% Les produits revendus sur l’appli sont trois fois moins chers qu’en magasin/restaurant. Un panier d’une valeur de 21 francs sera proposé à 6 fr. 90, par exemple.

85% des paniers proposés trouvent preneur, selon la start-up.

59 Le prix, en francs, de l’inscription annuelle pour les commerçants partenaires. Ils reversent aussi à To Good To Go une commission sur chaque vente (par exemple 2 fr. 90 sur un panier vendu 6 fr. 90).

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