Les parcs à bébés de la Grenette servent de couche aux marginaux de la Riponne

LausanneLe Tunnel part en guerre pour soutenir la création d’un local d’injection. Des photos publiées sur Facebook témoignent de la réalité du quartier.

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«Ça me dégoûte de voir ça! Et dire que j’emmène parfois mes enfants ici.» La réaction d’un habitant du quartier du Tunnel est aussi éloquente que les photos publiées sur les réseaux sociaux. Celles-ci montrent des installations destinées aux plus jeunes squattées de nuit par les marginaux qui fréquentent la place de la Riponne. Non loin de là, le matériel d’injection de drogue est éparpillé au sol. Quelques gouttes de sang semblent témoigner d’un shoot qui ne s’est pas bien passé.

L’an dernier, les habitants du quartier avaient bruyamment manifesté leur ras-le-bol vis-à-vis de cette scène de la drogue. La Municipalité avait réagi en mettant des patrouilles supplémentaires à disposition. La démarche a eu son effet sur les dealers. Du moins pendant la journée. «Mais là, ça recommence de plus belle», dénonce Lella Toth, une commerçante qui a diffusé les photos prises par l’un de ses voisins.

A l’entendre, la situation s’est dégradée depuis la fermeture des abris prévus pour accueillir les infortunés pendant les nuits d’hiver. «Les sans-abri ne savent plus où dormir et, c’est bien connu, Lausanne hérite des toxicomanes de tout le canton depuis que des communes ont cessé la distribution de seringues», décrit Lella Toth. Et de poursuivre: «L’autre matin, il y avait de l’urine et une seringue dans les parcs à bébé. Un peu plus tard, j’ai vu une maman y déposer son enfant.»

Avec la belle saison, les habitants du quartier semblent bien repartis pour une période de revendications. D’autant plus que les élus communaux viennent d’adopter la création d’un local d’injection. Or celui-ci devrait être contesté. Un comité référendaire est en train de se constituer. C’est le pompon pour les riverains, qui, en diffusant des photos de ce «shootoir à ciel ouvert», en appellent à «ne pas signer ce référendum». C’est un premier pas dans une campagne qui n’est même pas encore lancée.

La démarche a de quoi réjouir la Municipalité. Mais Pierre-Antoine Hildbrand ne compte pas laisser la situation perdurer. «Les opérations au Tunnel sont maintenues, dit-il. Mais nous allons devoir mettre la pression à la Grenette et leur expliquer qu’ils ne peuvent pas dormir ici.» Pour le municipal en charge de la Sécurité publique, «le centre-ville ne peut pas être un dortoir à ciel ouvert ».

Créé: 02.06.2017, 19h29

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