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Le Patio «fonctionne» et inspirera d'autres structures

Un premier bilan montre que la structure d'hébergement social remplit la plupart de ses objectifs.

Les 61 appartements des Prés-de-Vidy ont accueilli 108 ménages précaires durant les deux premières années d'exploitation.
Les 61 appartements des Prés-de-Vidy ont accueilli 108 ménages précaires durant les deux premières années d'exploitation.
Vanessa Cardoso

En décembre 2016, la Ville de Lausanne ouvrait le Patio, une structure située aux Prés-de-Vidy et pensée pour allier habitat et appui social. Forte de 61 appartements, elle vise le retour sur le marché du logement et la réinsertion sociale de ses bénéficiaires, tous en situation de grande précarité. L'objectif est aussi, pour les autorités, de limiter le recours à l'hôtel, où de nombreuses personnes à l'aide sociale sont logées. Pour évaluer l'efficacité du Patio sur ces différents axes, la Municipalité a diligenté une étude interne, centrée sur les deux premières années d'exploitation (2017 et 2018). Une durée qui correspond à celle des baux de la majorité des locataires. Les résultats ont été présentés ce mercredi.

Des revenus qui évoluent

Globalement, la Ville «dresse un bilan positif» de ces deux ans durant lesquels 108 ménages ont pu être relogés. Parmi les grandes conclusions, il y a d'abord le fait que 70% des bénéficiaires sortent du Patio avec un bail à leur nom, essentiellement en logement subventionné. Près de la moitié des ménages ont vu leur type de revenu changer durant leur séjour et, alors que 71% des ménages se trouvaient au revenu d'insertion (RI) à leur entrée, ils n'étaient plus que 58% à leur sortie. «La prise en charge sociale par différents professionnels présents sur place permet d'accompagner les bénéficiaires vers l'autonomie. Ce sont des situations où il y a souvent plusieurs vulnérabilités et il serait inutile d'agir sur une seule facette», loue le municipal Oscar Tosato. Les jeunes sont notamment suivis sur le plan socioprofessionnel, tandis qu'un appui spécifique est fourni aux ménages endettés.

Concernant le recours à l'hôtel, les conclusions sont plus nuancées. Certes, le Patio a permis à 48 ménages de quitter un établissement hôtelier, mais malgré cela le nombre total de personnes hébergées à l'hôtel augmente de 258 à 304 entre 2016 et 2018. «Le flux d'entrants reste stable pour des raisons socioéconomiques et liées au marché du logement», rapporte Emmanuel Laurent, chef de division au Service social de la Ville. La Municipalité annonce néanmoins un impact positif sur ses finances. L'ouverture du Patio a en effet «fait pression sur l’offre et a rendu possible la négociation du prix des chambres» dans certains établissements ayant des modèles économiques reposant majoritairement, voire uniquement, sur la demande d’hébergement de bénéficiaires RI. La Ville payait environ 2,75 millions de francs en 2016, contre un peu moins de 2 millions en 2017 et 2018.

Des baux sur mesure

Ayant fortement augmenté son offre en logements provisoires et à faible coût grâce au Patio, la Municipalité souligne que seuls 2,8% des loyers sont impayés et que ces situations seront réglées grâce à la libération de la garantie de loyer. «Il y avait aussi des craintes concernant les relations avec le voisinage, mais nous n'avons reçu aucune plainte, souligne Oscar Tosato. Le lieu est très bien intégré dans son environnement.»

Sur la base de ce premier bilan, la Ville annonce des adaptations du dispositif. Les contrats de bail des personnes endettées et des plus de 25 ans entreprenant une formation seront «ajustés, respectivement à la procédure de désendettement et à la durée de la formation».

Présenté comme «novateur» et désormais qualifié de «très concluant», le dispositif doit servir d'exemple pour les structures d'hébergement qui ouvriront bientôt à César-Roux 16 puis à Saint-Martin 10-18. «Nous pourrons reprendre ce qui fonctionne bien au Patio pour l'implanter ailleurs, même si l'ensemble du dispositif n'est pas transposable», indique Oscar Tosato. Cela pour des raisons financières mais aussi parce que le profil des bénéficiaires n'est pas le même partout, les conditions d'accès au Patio étant relativement strictes. «Ici nous testons vraiment la «logeabilité». Ce sont des personnes qui ont besoin d'un coup de pouce pour retrouver le marché du logement et on constate que ça marche. Mais pour d'autres personnes aidées par le Service social, cette approche ne serait pas efficace», explique Emmanuel Laurent.

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