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Les pendulaires ont encore un an pour s'organiser

La fermeture annoncée de la ligne entre Lausanne et Puidoux, pendant l'été 2018, suscite son lot d'embarras. Réactions dans le train.

La ligne entre Lausanne et Fribourg fait partie de la colonne vertébrale ferroviaire de la Suisse.
La ligne entre Lausanne et Fribourg fait partie de la colonne vertébrale ferroviaire de la Suisse.
Florian Cella

En annonçant leur nouvel horaire, à la mi-mai, les CFF ont également présenté les travaux à entreprendre sur un large tronçon de la ligne Lausanne-Berne. Jusqu’à Puidoux, les voies de chemin de fer devront être totalement remplacées afin de les rendre compatibles avec l’arrivée des nouvelles rames à deux étages de Bombardier. La solution retenue est radicale: fermer ce tronçon majeur, cordon ombilical entre Suisse romande et Suisse alémanique, pendant presque deux mois, au cours de l’été 2018.

Conséquence, les temps de trajet seront plus longs, surtout entre Lausanne et Fribourg. Pour les Genevois, la déviation par le nord ne devrait pas les retarder excessivement. Cela reste à confirmer. D’ores et déjà, le Conseil d’Etat vaudois s’est inquiété des nouveaux horaires. Nuria Gorrite exige des CFF un concept de remplacement pendant les travaux.

Mais qu’en disent les pendulaires habitués de ce périple? Les réactions vont de la surprise à une résignation armée de bonne volonté. Côté politique, les parlementaires fédéraux vaudois ne sont pas des utilisateurs quotidiens et l’été ne leur imposera que quelques déplacements. Il n’empêche: leur avis compte, et ils proposent des solutions.

A lire: Interview d'Alain Barbey qui supervise les travaux entrepris par les CFF

C’est un matin de semaine comme un autre. Dès 6 h 30, le quai numéro 1 de la gare de Lausanne se garnit gentiment. Les pendulaires à destination de Palézieux, de Fribourg et de Berne guettent l’InterRegio de 6 h 47. Ce n’est pas la cohue. L’heure est matinale, la ville encore silencieuse et les esprits un brin assoupis. Le train suivant, une demi-heure plus tard, est celui que privilégie le plus grand nombre. Sur le quai, Ian Marison se montre digne du fameux flegme britannique. «Cette nouvelle ne m’inquiète pas du tout, réagit-il en levant le nez de son journal. La seule solution pour moi sera de partir trente minutes plus tôt le matin.» Pour lui, les CFF ont des soucis plus graves à surmonter pour assurer leur réputation. «Les retards font partie des problèmes qu’on constate de plus en plus», regrette-t-il.

Pour les conseillers nationaux vaudois, la période estivale est libre de toute session parlementaire à Berne. Mais quelques séances de commission peuvent nécessiter des déplacements. Enchanté de voir que les CFF ont privilégié la solution la plus économique (plutôt que de faire durer les travaux pendant des mois avec un trafic réduit), le socialiste Roger Nordmann fera avec. «Cela permet à ceux qui réalisent les travaux de travailler en sécurité, dit-il. Et si le trajet est un peu plus long, ça n’aura au moins pas de répercussion sur le reste du réseau.» Son collègue Vert Daniel Brélaz et la Vert’libérale Isabelle Chevalley ne font pas non plus grand cas du désagrément. C’est que, pour rallier Berne, la ligne du pied du Jura devrait constituer un palliatif sans grande conséquence.

Se résigner

Mais tout le monde n’est pas aussi bien informé. Nos deux allers-retours entre Lausanne et Berne montrent que bien des voyageurs n’ont pas perçu la nouvelle. Les CFF devront redoubler d’efforts pour informer leur clientèle. A l’annonce des perturbations, un vague mouvement de panique se dessine dans les regards. Il s’apaise lorsqu’on précise qu’il reste encore un an pour s’y préparer. «Je me lève déjà trente minutes plus tôt pour éviter la cohue du train suivant, soupire Natalia Vogel, qui pendule entre Lausanne et Fribourg. La voiture, ce sera la cata, donc on va devoir s’y faire.»

Vive les vacances!

Julie Berardi pendule quelques jours par semaine. En apprenant ce qui se prépare, elle songe d’abord à la voiture: «Mais peut-être que ce sera une occasion de prendre plus de vacances, même si je n’ai pas deux mois de congé à disposition.» Sa voisine, Valentine Burkhalter, songe également aux vacances. Pas les siennes, celles des touristes. «Ça risque de les gêner, craint-elle. Mais pour ce qui me concerne, cela pourrait être intéressant puisque j’habite Vevey.»

Notre édito: Les CFF passent du bistouri à la hache

Les vacances prolongées? Claude Béglé, conseiller national PDC, y songe aussi. «Pour quelques séances, la vingtaine de minutes de retard est acceptable», fait-il, non sans avoir évoqué la possibilité de prendre sa voiture. Même s’il apprécie le train et la possibilité de travailler pendant le trajet.

Solutions alternatives

Ceux qui craignent les perturbations tentent de trouver d’autres solutions. C’est le cas du conseiller national socialiste Jean Christophe Schwaab. Depuis son village de Riex, le trajet va se compliquer. «L’alternative est malheureusement toute trouvée: je prendrai la voiture.» C’est aussi le cas de son collègue UDC Michaël Buffat, qui ne changera pas ses habitudes: «J’habite Vuarrens et me déplace déjà uniquement en voiture.»

Parmi les pendulaires, on cherche aussi des alternatives. «Je prends le train tous les jours mais on va s’organiser, dit Francis Tourillon. J’ai aussi un bureau à Nyon que je pourrais utiliser.» Modifier ses habitudes, c’est aussi à quoi songe la conseillère nationale Verte Adèle Thorens. «Je serai moins touchée que les pendulaires quotidiens mais, pendant les travaux, j’essaierai de réduire mes déplacements en proposant de remplacer des séances par des téléconférences.»

La plupart des personnes interrogées anticipent cette période de bonne grâce. Presque toutes évoquent avec espoir la perspective d’une amélioration du service fourni par les CFF. A eux de relever le défi.

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