«La pérennité de l'Ecole de théâtre Diggelmann est désormais assurée»

LausanneGérard Diggelmann n'est plus seul aux commandes de son institution et vient de faire protéger sa méthode.

Gérard Diggelmann conserve la direction artistique de l'école qu'il a fondé en 1981 mais cède la direction administrative à Alexandra Thys.

Gérard Diggelmann conserve la direction artistique de l'école qu'il a fondé en 1981 mais cède la direction administrative à Alexandra Thys. Image: Florian Cella

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Dans ses locaux du centre-ville, Gérard Diggelmann, fondateur de l’école de théâtre éponyme, reçoit en compagnie d’Alexandra Thys. Ancienne élève et actuelle professeure au sein de l’institution lausannoise, la jeune femme vient d’en prendre la direction alors que le metteur en scène conserve la mainmise artistique. Ensemble, ils évoquent la suite de l’histoire et l’âme de l’école, qui doit rester intacte au fil des générations.

Qu’est-ce qui motive aujourd’hui cet ajustement à la tête d’une école fondée en 1981?

Gérard Diggelmann: En réalité, ça fait longtemps que ça me travaille. Depuis trente-six ans, une méthode pédagogique et des milliers d’exercices ont été mis en place pour les jeunes de 4 à 23 ans. C’est presque un rituel pour les familles lausannoises et il doit pouvoir vivre et perdurer. Pour y parvenir, il faut savoir déléguer, et Alexandra est la personne adéquate pour penser l’avenir. Désormais, la pérennité de l’Ecole de théâtre Diggelmann est assurée.

Alexandra Thys: Il faut bien comprendre qu’il s’agit d’un allégement pour Gérard et qu’il conserve la direction artistique. Il prépare toujours les programmes, continue de coacher les professeurs et donne parfois des cours. Tout comme je continue d’enseigner également.

Justement, qu’est-ce qui caractérise cette «méthode Diggelmann»?

A.T.: Il y a plusieurs éléments, mais j’aime à me souvenir de mon premier cours ici, quand j’avais 15 ans. Ce fut un choc. J’avais été bluffée par un exercice de monologues, je m’attendais à ce que Gérard félicite les élèves mais il avait émis beaucoup de critiques. J’ai compris qu’il devait y avoir du plaisir mais aussi de l’exigence. Les objectifs sont toujours accessibles mais ils sont aussi faits pour que les jeunes se surpassent. Il faut qu’ils sortent des cours en étant fiers. Je comprends Gérard quand il parle d’école de vie. Moi, ça m’a donné une raison de vivre, et je souhaite que les adolescents ressentent la même chose.

G.D.: La méthode repose sur cinq notions, à savoir «marcher, regarder, écouter, donner, recevoir». Elles sont au centre de tous les exercices. C’est une ligne de travail que chaque professeur applique en y apportant des touches personnelles. Mais plus concrètement, l’idée, c’est que les enfants viennent avec leurs forces et leurs faiblesses et qu’ils soient valorisés, renforcés. Nous développons la maîtrise des points faibles pour en faire des qualités artistiques.

A.T.: Avant de me confier la direction, Gérard a insisté pour que je définisse l’école. Il voulait savoir si je ressentais l’importance de sa méthode, car elle est au centre de tout. Les cours doivent rester une bulle d’air pour les enfants, un regard sur soi et sur l’existence.

Vous venez de protéger juridiquement cette méthode. Pourquoi?

G.D.: Désormais, si une personne travaille ici et décide de s’en aller avec le concept, elle sera attaquable en justice. Je n’ai pas vocation à être le nourricier d’autres écoles, et cette pédagogie n’est pas un simple divertissement. J’ai réfléchi tous les jours pour peaufiner un concept et, s’il est utilisé ailleurs, les gens doivent savoir d’où il vient.

L’Ecole Diggelmann va donc perdurer. Mais va-t-elle se développer?

A.T.: Nous avons déjà repris les cours pour les plus de 55 ans et souhaitons les étendre à l’avenir. Nous voulons aussi ouvrir un cours préprofessionnel de plus grande ampleur pour préparer les jeunes aux hautes écoles.

G.D.: Il a parfois été question d’ouvrir des écoles dans d’autres villes comme Genève et Berne. La possibilité demeure, mais il faut avoir des gens capables de mener ce projet à bien, toujours en respectant l’ADN de l’institution. Pour ma part, je travaille aussi sur un nouveau livre. Il traitera de mon regard sur le théâtre et le jeune comédien.

(24 heures)

Créé: 04.09.2017, 08h43

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