Les Pères Noël savoyards sont fabriqués à Lausanne

Atelier créationLes figurines en bois du Hameau du Père Noël, au Mont-Sion, entre Genève et Annecy, naissent désormais au CHUV.

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C’est un joli conte de Noël franco-suisse. Né à Andilly, une commune française de la région Rhône-Alpes à mi-chemin entre Genève et Annecy, le petit Père Noël en bois est parti à la conquête de la Suisse romande. Par centaines, ces figurines au nez rouge et au sourire malicieux trônent sur les étals de la boutique du Hameau du Père Noël, au col du Mont Sion. Ce que les touristes ignorent, c’est qu’elles ont été fabriquées à Lausanne! «Nous sommes bien les seuls à produire en Suisse pour vendre en France», plaisante le maître des lieux, Vincent Humbert, président de l’association Andilly Loisirs.

Cette histoire transfrontalière naît d’une rencontre entre Vincent Humbert et Hervé Boréan, habitant d’Andilly, un village sis entre Genève et Annecy. Au début de l’année, Hervé Boréan devient maître socioprofessionnel au sein des ateliers de l’Unité de réhabilitation du CHUV, à Lausanne. Son chef, Alain Zumbrunnen, entend dépoussiérer lesdits ateliers et instaurer une nouvelle dynamique.

La qualité du «Swiss made»
L’idée germe dans l’esprit d’Hervé. «De notre côté, à l’unité, on cherchait à diversifier nos activités. Quant à l’association, elle était dépassée par son succès. Les bénévoles n’arrivaient plus à assurer une production suffisante de Pères Noël en bois.» Ainsi démarre le partenariat franco-vaudois.

A Lausanne, l’arrivée de la statuette a été accueillie comme un rayon de soleil. «Un sourire général s’est installé ici», commente Alain Zumbrunnen. Souffrant de maladies psychiques, la plupart des 300 personnes inscrites aux ateliers ont adhéré au projet. Parmi elles, Sélim, qui ponce la surface plane qui accueillera le visage du célèbre barbu. La figurine a, qui plus est, le mérite de passer par différents ateliers. «L’atelier agroalimentaire se charge d’aller chercher le bois dans la forêt voisine. L’atelier menuiserie s’occupe de la coupe, l’atelier imprim-service de la peinture, puis le Père Noël atterrit au conditionnement», détaille Hervé Boréan. La première commande, comptant 1500 exemplaires, a été livrée en octobre. «La qualité a été saluée par notre client! Normal, c’est le Swiss made!» stipule le maître socioprofessionnel. Et d’ajouter: «Tout est fait manuellement. Du coup, pas un Père Noël ne ressemble à un autre.»

Le goût de l’aventure
A l’image de celui que peaufine Aline en lui apposant un point de peinture rouge en guise de nez. «Ce projet m’a permis de découvrir une nouvelle technique, un nouveau produit et de pouvoir créer.» Elle a même imaginé des boucles d’oreilles et des pendentifs à l’effigie du petit personnage.

Enfin, en guise d’épilogue, il reste à signaler que les employés des ateliers visitent désormais la maison du Père Noël par minibus entier, tous les jeudis. «Pour beaucoup, c’est l’aventure», indique Hervé Boréan. Au sein de l’atelier, la simple évocation de ces expéditions en France suscite l’émoi. «C’était magnifique», sourit l’un des employés. Aline a déjà fait le voyage deux fois. «J’ai pu voir mes œuvres», conclut-elle avec fierté. (24 heures)

Créé: 24.12.2013, 09h15

Le travail comme thérapie psychique

Situé sur le site de Cery, près de l’aéroport de la Blécherette, l’unité de réhabilitation du département psychiatrique du CHUV, qui rassemble une cinquantaine de collaborateurs, prend en charge les patients souffrants de troubles psychiques. Outre les traitements médicaux et suivis psychologiques, le service offre une palette de thérapies en passant par la valorisation de l’activité professionnelle. C’est là l’objectif des ateliers du service auxquels participent 300 patients, sous l’encadrement de 8 maîtres socioprofessionnels. «Le but est de fournir à des personnes présentant des difficultés passagères ou invalidantes sur le plan psychosocial des activités de production qui sont indemnisées, indique Hervé Boréan, maître socioprofessionnel. Il s’agit majoritairement de sous-traitance industrielle, de création artistique et d’activités de bien-être. Ces ateliers participent activement au processus de rétablissement des patients en leur permettant de retrouver un rôle, une identité et des relations sociales.»
Laura Juliano

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