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Ces personnes âgées qui bravent le confinement

Nombreuses sont les personnes de plus de 65 ans qui se promènent en dépit des recommandations. Le beau temps et l’ennui les poussent à désobéir.

Ursula Bendo, 66 ans.
Ursula Bendo, 66 ans.
Florian Cella

Arbres en fleurs, oiseaux qui chantent, ciel bleu et soleil radieux: ce début de printemps 2020 est d’une beauté tragique. Un ravissement auquel certains ne résistent pas, malgré les appels à ne pas quitter son logement. Si le centre-ville de Lausanne s’est vidé, la gare, les parcs et les bords du lac continuent en effet d’être fréquentés, notamment par les aînés, dont on dit et répète qu’ils sont les plus à risque face à l’épidémie de coronavirus.

«Moi, j’ai mon chien, ça me fait une bonne excuse pour sortir», plaisante Ursula Bendo, croisée au parc de Milan et qui fête en ce jour son 66e anniversaire. «Je suis enfin dans la bonne tranche d’âge pour le coronavirus», enchaîne-t-elle sur le même ton. A-t-elle peur? «Pas du tout! Mais mon mari, si. Il ne sort plus et voudrait que j’en fasse autant.» Elle assure qu’elle fait attention à tout, mais qu’elle ne porte pas de masque «parce que ça ne sert à rien». Et comment s’y prend-elle pour demander le passage au feu vert lorsqu’elle veut traverser la route? «Comme d’habitude, en appuyant sur le bouton.» Un doute la saisit. «Je n’ai pas du tout pensé que ça pouvait être un problème!»

Sur l’avenue de-La-Harpe, on rencontre Valeska, 72 ans, qui ne souhaite pas nous donner son nom de famille. Elle a pris son caddie et caresse le chien noir de la voisine à travers la barrière, comme elle le fait d’habitude. Elle veut bien nous parler, mais pas trop longtemps, parce qu’elle dit ne pas avoir grand-chose à nous raconter, si ce n’est qu’elle n’envisage pas de ne plus pouvoir sortir. «J’ai toujours fait du sport, j’ai besoin de bouger!» N’a-t-elle pas l’impression de désobéir au message des autorités? «Je n’ai pas la télévision, alors je n’ai pas entendu les recommandations dont vous parlez.» Elle marque une pause. «Enfin juste un petit peu à la radio.»

«On n’a plus peur...»

Claudine Ballifard, 82 ans, avance tranquillement avec sa canne. «J’étais chez le médecin. Il m’a dit que je pouvais continuer à sortir mais que je ne devais parler à personne et ne plus me rendre dans les magasins.» La Lausannoise, qui vit seule, explique qu’elle marche quotidiennement une heure et quart. Le plus dur, c’est de ne pas voir ses enfants et petits-enfants. «Ils ne viennent plus chez moi et je ne vais pas non plus chez eux. Ça, c’est difficile. En plus, comme je ne sais pas utiliser les téléphones comme les vôtres, je ne peux même pas les voir en vidéo.» Craint-elle ce virus? «Je suis arrivée à un âge où l’on n’a plus peur. Et puis l’année dernière j’ai eu une septicémie, on a dû me réanimer et j’ai passé trois mois au CHUV… Alors, vous savez, le coronavirus…»

Âgé de 70 ans, Michel Zbinden se promène sur les quais, devant le Musée olympique. «Je garde mes distances, ce qui est plutôt facile: je n’aime de toute façon pas être en groupe, rigole-t-il. Mais j’ai besoin de sortir, mon appartement fait 18 mètres carrés.» Il est du reste plutôt content que la Suisse n’ait pas (encore) imposé des contraintes fortes, contrairement à la France ou à l’Italie. Et pourquoi ne porte-t-il pas de masque? «C’est pour les gens malades, et moi je suis en pleine forme! J’ai fait le test il y a trois jours, je suis négatif. Je sais que je peux tout de même l’attraper, mais j’ai déjà failli mourir trois fois. Alors je suis devenu fataliste.»

Dans le quartier sous gare, Royston Flude, 71 ans au compteur, se balade gaiement. Il est sorti pour tourner son disque «parce que c’est important de profiter du beau temps si l’on veut garder la santé». Ce Britannique, actif à un niveau local et international dans l’entraide communautaire, paraît particulièrement confiant. «En faisant preuve de bon sens, on ne prend pas de risques», assure-t-il. Le scientifique de formation rappelle qu’il faut surtout ne toucher à rien et se tenir éloigné des postillons propulsés par les gens qui toussent et éternuent. «C’est même à mon sens plus sûr d’être dehors, où l’air circule, qu’à l’intérieur, dans un endroit mal aéré où le virus stagne.»

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