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«Même dans les petites communes, on trouve des archives passionnantes»

Ecublens lève le voile sur les trésors, souvent oubliés, que préservent les villes et villages du canton.

Les archives d'Ecublens renferment nombre de cartes et plans cadastraux. Delphine Friedmann présente le plan des zones de la commune, approuvé en 1952 par le Conseil d’Etat.
Les archives d'Ecublens renferment nombre de cartes et plans cadastraux. Delphine Friedmann présente le plan des zones de la commune, approuvé en 1952 par le Conseil d’Etat.
Chantal Dervey

1566. C’est la date inscrite sur le document le plus ancien qu’abritent les archives d’Ecublens. La belle écriture, l’encre un peu fanée et le papier jauni invitent à gamberger. Que peut-il bien raconter? «Il s’agit de l’acte de vente d’un petit bout de champ du côté de Jouxtens-Mézery», explique Delphine Friedmann, archiviste de la Ville. Le petit feuillet a beau être ancien, il a quelque chose d’un peu anodin. Pas pour la spécialiste, qui le manipule délicatement du bout des doigts: «C’est intéressant, car ce document, le plus ancien qui ait subsisté, mentionne la famille Blanchard. Ce n’est pas une coïncidence, car de nombreuses personnes portant ce nom ont été aux responsabilités par la suite dans ce village.»

De petits trésors comme celui-ci, c’est ce que Delphine Friedmann fera découvrir au public ce vendredi. A l’occasion de la Journée suisse des archives, elle ouvrira les portes d’un de ces lieux que la plupart des gens ne pensent pas à aller visiter. «Je voudrais pouvoir montrer que, même dans les petites communes, il y a des archives passionnantes, qui documentent l’histoire locale et permettent de mieux saisir les sensibilités propres à chaque lieu», sourit celle qui s’occupe, depuis 2001, des annales de trois communes de l’Ouest lausannois: Ecublens, Prilly et Jouxtens-Mézery.

Tranche d'histoire

Mais, dans le fond, que trouve-t-on dans des archives communales? «On y conserve tout d’abord les documents produits par les autorités», explique-t-elle tout en attrapant dans une armoire un volume joliment relié. Le document sur lequel il s’ouvre n’est autre que le premier procès-verbal de la toute première Municipalité d’Ecublens, daté du 4 avril 1799. Mais ce n’est là que la genèse de la commune: dans la grande pièce en sous-sol où se trouvent les archives, environ deux siècles d’activité politique sont conservés.

Les archives locales sont bien plus que des écrins à reliques. Grâce au travail d’archivistes comme Delphine Friedmann, elles permettent de faire revivre n’importe quelle tranche d’histoire. Un exemple– qu’elle prévoit de présenter vendredi au public: «En 1936, la Ville de Lausanne avait projeté de construire un aéroport sur le site actuel de l’EPFL. J’ai rassemblé les documents qui retracent cet épisode tombé aux oubliettes mais qui, à l’époque, a beaucoup marqué les esprits à Ecublens. Il y a eu une forte mobilisation de la population et de la Municipalité. Les gens se disaient que Lausanne déplaçait son aérodrome de la Blécherette dans l’Ouest lausannois pour se débarrasser des nuisances. C’est un thème qui a longtemps gardé une résonance dans la région.»

«C’est à nous de piquer l’intérêt des gens!»

Les archives d’Ecublens voient de temps à autre passer un historien, comme ce chercheur intéressé par la présence des soldats de Bourbaki en terre vaudoise en 1871. Mais les visiteurs les plus fréquents viennent en fait de la police des constructions: «Les anciennes demandes de permis de construire sont les documents le plus souvent recherchés, surtout par des architectes qui souhaitent consulter les plans antérieurs d’une construction actuelle.»

Sélectionner et inventorier les documents communaux, entre autres pour ce type d’usage, fait partie de la mission de l’archiviste. Mais, au cœur du métier, il y a aussi leur mise en valeur pour tout un chacun. Certes, les curieux ne sont pas nombreux à frapper à la porte des archives, constate Delphine Friedmann. «C’est à nous de piquer l’intérêt des gens!»

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