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A Lausanne, la lutte féministe se fait une place

La place qui fait face à l'église Saint-Laurent n'avait pas de nom. Elle s'appellera 14 juin. Un livre, des plaques ou encore une œuvre d'art sont aussi annoncés.

Florence Germond (tout à dr.) lors de la marche exploratoire organisée dans les rues de Lausanne, en septembre 2018.
Florence Germond (tout à dr.) lors de la marche exploratoire organisée dans les rues de Lausanne, en septembre 2018.
Florian Cella - A

La place du 14-Juin remplacera celle de Saint-Laurent (jamais officiellement nommée ainsi), dès le 6 juin. C’est une première, et Lausanne en profite pour annoncer une série de mesures et projets liés à l’égalité dans l’espace public. La Ville aurait-elle un genre? Il semble que oui. Une grande conférence creusera la question le 11 mai à 18h30 au MCBA.

En attendant, Florence Germond, municipale socialiste chargée des Espaces publics et de l’Égalité détaille la politique de la Ville dans ces deux domaines.

Pourquoi un événement et pas un nom de femme, pour cette nouvelle place?

Nous voulions quelque chose de collectif, de rassembleur. Le 14 juin est une date qui englobe de larges revendications. En plus, c’est une date qui a un ancrage institutionnel, puisqu’elle correspond à l’inscription de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la Constitution, en 1981. C’est une date historique liée à l’histoire suisse et locale, avec les grèves.

Vous annoncez la nomination féminine d’une dizaine de lieux aujourd’hui sans nom. Pourquoi ne pas débaptiser des endroits déjà existants?

Nous ne le souhaitons pas. Cela cause des complications logistiques et organisationnelles. Nous avons repéré des placettes, de petits espaces urbains, et nous allons ces prochains mois leur donner des noms de femmes. Mais la place du 14 juin, c’est vraiment un geste important. Ce lieu est en plein centre-ville, 20 000 personnes y passent tous les jours. Il était très clair qu’il fallait un geste fort. Nous allons aussi poser cinq plaques commémoratives. L’une d’entre elles rappellera par exemple Henriette Favez, médecin à Cuba née à Lausanne, qui s’est travestie en homme pour faire son métier.

Fera-t-elle partie du livre sur la vie de 100 Lausannoises dont vous annoncez la publication?

Oui. Nous avons mandaté deux historiennes pour élaborer cette histoire des femmes qui ont marqué notre cité. Nous espérons pouvoir sortir cette publication ces prochains mois. Toujours dans cette logique de rendre plus visibles les femmes.

Vous levez aussi le voile sur un projet artistique…

Une interpellation socialiste sur le sujet est pendante au Conseil communal. Dans notre espace public, les statues, si vous y pensez, sont très genrées. Les hommes sont représentés en penseurs, habillés, sérieux. Les femmes sont très souvent jeunes, dénudées... Nous aimerions qu’elles soient reconnues pour autre chose. Nous allons mandater des artistes chargés de créer une œuvre représentative de l’action des femmes dans la cité.

Un élu Vert demande que vous étudiez l’adaptation des panneaux de signalisation, comme à Genève. Qu’en pensez-vous?

Il faudrait de toute manière coordonner cela avec le Canton. Et voir comment cela fonctionne à Genève. Mais je trouverais intéressant d’étudier plutôt la possibilité de développer une représentation de l’être humain en général, un genre d’humanisation générique.

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