Passer au contenu principal

Il y aura de plus en plus d'arbres dans les rues lausannoises

Des mesures visant à défendre et étoffer le patrimoine arboré et forestier sont dévoilées par les autorités

Un chêne de dix ans a été planté le 5 février sur la colline de Montriond pour marquer le lancement de la Stratégie municipale en faveur des arbres et des forêts lausannoises.
Un chêne de dix ans a été planté le 5 février sur la colline de Montriond pour marquer le lancement de la Stratégie municipale en faveur des arbres et des forêts lausannoises.
PATRICK MARTIN

Il y a de cela quelques dizaines d’années, un tilleul centenaire était abattu sans pitié sur le crêt de Montriond. Les temps ont changé et c’est sur ce promontoire panoramique que la municipale Verte Natacha Litzistorf a choisi de présenter la stratégie lausannoise en faveur des arbres et des forêts. Avant de saisir une pelle et de finaliser la plantation d’un chêne d’une dizaine d’années extrait des pépinières de la Ville.

Le patrimoine arboré et forestier fait désormais l’objet d’une véritable stratégie politique portée par l’élue en charge de l’Environnement. Vingt-deux mesures visent à le préserver, l’augmenter, le mettre en valeur, bref, avoir «des arbres plus nombreux et plus forts dans une ville plus verte».

Contre le réchauffement

«Les arbres tiennent très à cœur à la population; ce sont nos racines, explique Natacha Litzistorf. À l’heure de la densification, il est urgent de les considérer non pas comme un obstacle mais comme des alliés afin de préserver la qualité de vie. Un arbre en ville prend assez peu de place mais correspond à un terrain de foot en termes de surface verte. Il déploie des bienfaits économiques, sociaux et de santé.» Et de rappeler que l’arborisation permet de lutter contre le réchauffement climatique et les îlots de chaleur.

On dénombre à Lausanne 1500 hectares de forêts et 888'000 arbres. Ces derniers doivent être mieux pris en compte dans le développement urbain, insiste Natacha Litzistorf, qui veut «renforcer leur droit face au droit à bâtir. Il faut se demander dès le début d’un projet comment composer avec les arbres au lieu de faire tabula rasa et d’y réfléchir après.»

Le hêtre de l’Hermitage: plus de 160 ans au compteur. FLORIAN CELLA
Le hêtre de l’Hermitage: plus de 160 ans au compteur. FLORIAN CELLA

Outre une attention redoublée quant à la conservation des plus vieux spécimens, Lausanne s’engage à être plus rigoureuse dans la compensation des coupes en s’imposant aussi souvent que possible cette règle: «un arbre disparu, un autre planté». Des nouveaux arbres d’essences locales feront leur apparition dans les rues – on ignore encore quand et dans quels quartiers. Rappelons aussi l’objectif de planter au minimum une trentaine de fruitiers par an durant les dix prochaines années.

Cette vision globale – qui comprend aussi un inventaire de l’état des sols – court à (très) long terme. La Ville s’engage ainsi à planter chaque année durant cent ans un arbre doté du statut «majeur». «Une action symbolique mais pas anecdotique, insiste Natacha Litzistorf. C’est un symbole fort, pas un gadget.»

Des mesures sont aussi prévues pour donner un coup d’accélérateur aux constructions en bois lausannois, à l’exemple des écuries rénovées du Chalet-à-Gobet. Un élément de l’écoquartier des Plaines-du-Loup sera entièrement construit en bois du cru. «Une plateforme permettra de mieux se faire rencontrer l’offre et la demande», précise Natacha Litzistorf.

École de l’arbre et de la forêt

Côté sensibilisation, l’accueil des classes en forêt sera intensifié et il est même question de créer une «école de l’arbre et de la forêt» à Sauvabelin. Les cèdres, érables et autres chênes de valeur (photos ci-dessus) seront étiquetés systématiquement et les habitants pourront suivre jour par jour le destin du patrimoine boisé sur un guichet cartographique.

«Cela permettra d’avoir un dialogue plus constructif avec la population», espère Natacha Litzistorf, qui est aussi à l’origine d’actions en faveur de la nature en ville et de l’agriculture urbaine.

C’est le plan général d’affectation, en cours de révision, qui formulera des exigences plus strictes en matière de conservation, d’abattage, d’entretien et de plantation. Le tout sera assorti d’un règlement de protection des arbres et d’une directive favorisant l’utilisation du bois local.

Le vieux cèdre du Presbytère, fragile et bichonné. FLORIAN CELLA
Le vieux cèdre du Presbytère, fragile et bichonné. FLORIAN CELLA

Pour mener à bien ce cahier des charges, les autorités puiseront dans le fonds compensatoire pour les arbres abattus et non remplacés, doté de 260'000 francs. La somme de 1 million est aussi inscrite au plan des investissements de la prochaine législature. «Il y a les outils, les règles, les moyens et la volonté politique, conclut Natacha Litzistorf. On a le vélo. Il ne reste plus qu’à pédaler.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.