Après plusieurs plaintes internes, le Canton se penche sur deux EMS

SocialAudits menés à Oron et à Épalinges. La directrice a été remerciée mais l’État et la Fondation du Relais calment le jeu.

Des soignants se sont plaints de manière anonyme du fonctionnement de l'EMS Le Flon à Oron. Mais les audits concernent également La Girarde à Epalinges, l'autre établissement géré par la Fondation du Relais.

Des soignants se sont plaints de manière anonyme du fonctionnement de l'EMS Le Flon à Oron. Mais les audits concernent également La Girarde à Epalinges, l'autre établissement géré par la Fondation du Relais. Image: Patrick Martin

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Les EMS Le Flon, à Oron, et La Girarde, à Épalinges, aspirent à retrouver un peu de sérénité. Depuis plusieurs mois, ces établissements gérés par la Fondation du Relais font face à des remous internes. Un tumulte suffisant pour que l’État de Vaud, via son Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), s’y intéresse de près. Notons que, contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé, les préoccupations n’ont rien à voir avec la sensibilité adventiste des deux établissements.

«Nous avons reçu des plaintes portant sur les rapports de travail et les ressources humaines», indique Fabrice Ghelfi, chef du Service des assurances sociales et de l’hébergement (SASH) au Canton. Ces griefs émanent de quelques soignants. Ces derniers ont expliqué à «24 heures» vouloir dénoncer de «graves dysfonctionnements qui portent atteinte à la prise en charge des résidents».

«Les personnes portent des protections insuffisantes, on préfère changer les draps plutôt que les couches, affirme Muriel*. Mais pour les résidents qui ont toute leur conscience, c’est une humiliation de tremper son lit tous les jours. Sans parler des odeurs qui se répandent dans tout l’établissement.» Les soignants qui ont souhaité s’exprimer évoquent aussi «l’interdiction d’offrir des fruits ou des yaourts en dehors des heures de repas».

Inspections conformes

Des affirmations qui font bondir la direction. «Ces faits sont déformés et tirés hors de leurs contextes, dans une seule intention, nuire, réagit la Fondation du Relais. Nous les réfutons catégoriquement! Si ces reproches étaient réellement fondés, les familles n’auraient pas tardé à réagir et intervenir auprès des autorités compétentes. De plus, les contrôles médicaux hebdomadaires des résidents auraient déjà décelé les lacunes dans nos pratiques, ce qui n’est absolument pas le cas.» Et de présenter les rapports du contrôle interdisciplinaire des visites en établissements sanitaires et sociaux (CIVESS) produits après des visites en août 2017 dans ses deux EMS.

Ces rapports «attestent la conformité des deux établissements au standard cantonal», confirme aujourd’hui le Conseil d’État. Il répond ainsi à une interpellation du député Claude Matter, déposée après la parution en septembre d’un article de «Lausanne Cités» dénonçant déjà des dysfonctionnements, mais du côté d’Épalinges. Les plaintifs, eux, contestent ces rapports, estimant qu’il «est aisé d’être exemplaire en présence des inspecteurs».

«Du mobbing grave»

Par ailleurs, ces soignants affirment que les rapports hiérarchiques entravent toute tentative de changement. «Au Flon, c’est simple, soit on fait le mouton, soit on est dans le collimateur. À la moindre faille, on est mort et on nous le fait bien comprendre. C’est du mobbing grave», lance Mathilde*. Plusieurs sources dénoncent un changement d’ambiance au printemps 2014, «après la nomination de la nouvelle responsable».

Pour tenter de mettre au jour un éventuel malaise, la Fondation du Relais a donc organisé une rencontre avec les collaborateurs, fin 2017. Il en ressort une lettre, signée de 19 employés qui infirment toutes les critiques. «Le fait qu’ils s’en dissocient est très rassurant, même si les reproches ne font jamais plaisir à entendre, observe Alexandre Gasser, directeur ad interim des deux sites. L’unanimité est toujours dure à atteindre et certaines décisions ont peut-être engendré des frustrations et donc des attaques.»

«Il y a eu une période difficile, avec beaucoup de changements, et les problèmes sortis dans la presse nous ont obligés à nous remettre en question»

Un audit des ressources humaines a néanmoins été lancé «pour clarifier la situation». Ce dernier, confié à un prestataire externe, touche aussi bien l’EMS d’Oron que celui d’Épalinges et ses résultats sont attendus dans le courant du mois d’avril.

Mais les choses ont déjà évolué, puisque le conseil de fondation s’est séparé de la directrice en poste. Dans la foulée, la directrice des soins donnait sa démission. «Il y a eu une période difficile, avec beaucoup de changements, et les problèmes sortis dans la presse nous ont obligés à nous remettre en question, admet Christian Dénériaz, l’un des membres du conseil de fondation. Les derniers départs se sont réglés par convention et nous souhaitons maintenant regarder l’avenir avec sérénité pour le bien-être des résidents et des collaborateurs.»

À noter que, au-delà du volet humain, des plaintifs pointaient aussi la gestion de la Fondation du Relais. «Nous avons reçu un certain nombre de plaintes signées de collaborateurs et portant sur des aspects financiers, explique Fabrice Ghelfi. Un audit a été mené en fin d’année dernière puis présenté au conseil de fondation. Il y avait pas mal de recommandations mais rien de réellement fautif au sens de la loi.» Il n’a pas été constaté de fraudes ou d’irrégularités, confirme d’ailleurs le Conseil d’État dans sa réponse au député Matter.

* Identités connues de la rédaction

(24 heures)

Créé: 04.04.2018, 18h46

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