La police reste de piquet contre le deal de rue

LausanneLe dispositif mis en place il y a un an est un succès. Il sera désormais permanent, 365 jours par an de 7h à 23h.

Les dealers reprennent leurs positions en dehors des heures de présence policière

Les dealers reprennent leurs positions en dehors des heures de présence policière Image: Philippe Maeder - a

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«Ce qui compte, ce sont des bottes sur le terrain.» Et visiblement, c’est aussi ce qui donne des résultats. Il y a une année tout juste, Pierre-Antoine Hildbrand utilisait cette expression pour dévoiler son plan contre le deal de rue à Lausanne: mettre davantage de policiers en uniforme dans les quartiers connus pour accueillir du trafic. Une année plus tard, le municipal de la Police, se défendant de tout «triomphalisme», tire néanmoins un bilan «très positif». Les dealers de rue ont pratiquement disparu en journée, tant et si bien que l’opération sera pérennisée et intégrée au socle sécuritaire de base assuré par la police.

Face au deal de rue, au mécontentement des Lausannois, aux manifestations très médiatisées de citoyens et afin de garantir la préservation des espaces publics, la Municipalité de Lausanne avait décidé de frapper un grand coup dans six lieux connus pour abriter du trafic: Riponne-Tunnel, Maupas Saint-Roch, Bel-Air et passerelle de l’Europe, Gare Petit-Chêne, Bourg Saint-François et Chauderon. Le dispositif consistait à y déployer des agents patrouillant seuls entre 8h et 22h, 365 jours par année. En début d’année, l’horaire a été étendu de 7h à 23h.

Pour quel résultat? «Des pointages quotidiens, et à différentes heures, ont été réalisés par l’Observatoire de la sécurité. Il en ressort que dans plus de 93% des cas, aucun deal de rue n’a été constaté sur les points concernés», dévoile Pierre-Antoine Hildbrand.

Les bus «sous contrôle»

Alors que certains craignaient un report du deal sur les zones périphériques, il semblerait qu’il ne se soit «largement pas réalisé». Mais alors? Où sont passés les dealers? Dans les bus? «Ce phénomène est sous contrôle grâce à la présence de policiers en uniforme, pour la prévention, et en civil pour le côté répressif», explique le nouveau commandant de la police municipale, le colonel Olivier Botteron. Le nombre d’interpellations de dealers dans les bus n’est toutefois pas communiqué. En réalité, les dealers de rue reprennent leurs positions sur les emplacements «tenus» par la police en journée, mais en dehors de ses heures de présence. «Il y aura toujours des trafiquants», admet Pierre-Antoine Hildbrand.

«Déployé en solo à Chauderon en cette nuit d’hiver, j’ai retrouvé mes jeunes années»

Le dispositif est donc là pour rester. Il a reçu l’aval du nouveau commandant, en poste après son lancement. Il l’a d’ailleurs personnellement étrenné. «J’ai aussi été de piquet en uniforme, par une nuit d’hiver. Il devait faire –4 ou –5 degrés. J’ai eu froid. Je voulais comprendre le quotidien des policiers qui, pour certains, doutent du sens de cette mission. Seul pendant deux heures à Chauderon, j’ai retrouvé mes jeunes années», témoigne le colonel Botteron. L’autre effet positif de cette présence d’agents en uniforme dans la rue, c’est qu’elle permet de réduire la commission d’autres d’infractions dans le secteur, comme les vols à l’étalage, les agressions ou encore le harcèlement de rue.

Des missions qui varient

Vingt policiers sont engagés dans le dispositif. «Nous puisons ces forces dans l’ensemble des divisions. Le personnel varie ainsi ses tâches et ses missions, sans s’épuiser», assure le municipal de police. Des agents qui ont pour certains éprouvé une nouvelle manière de travailler sur le terrain: en solo. Olivier Botteron: «Que faire quand on est seul sur une place? Comment agir? Nous n’avons pas le modèle. Il y aura d’ailleurs un nouveau module sur le sujet à l’École de police de Savatan. Ce qu’on fait? On est là en appui à la population. Renseigner sur un bus ou sur une rue, c’est cela aussi le sens de notre mission.» (24 heures)

Créé: 12.06.2019, 17h38

«Déployé en solo à Chauderon en cette nuit d’hiver, j’ai retrouvé mes jeunes années»



Colonel Olivier Botteron
Commandant de la police municipale lausannoise

En chiffres

20

Le nombre de policiers engagés pour «tenir» les lieux abritant du deal de rue à Lausanne de 7 h à 23 h.





93

En pourcentage, la part des pointages quotidiens où aucun deal de rue n’a été constaté lors des vérifications réalisées par l’Observatoire de la sécurité.





6

Les lieux identifiés comme abritant du trafic de rue: Riponne-Tunnel, Maupas Saint-Roch, Bel-Air et passerelle de l’Europe, Gare Petit-Chêne, Bourg Saint-François et Chauderon.

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