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Un policier, un cycliste et un fantôme au tribunal

Un sergent comparaît pour avoir brutalisé un aîné à vélo. Mais sa hiérarchie, absente de l'audience, est aussi pointée du doigt.

Image d'illustration.
Image d'illustration.
Keystone

Ils sont d'accord sur une chose: ils n'auraient jamais dû en arriver là. Un sergent de l'Association Police Lavaux (APOL) répondait, lundi, d'une intervention musclée à l'encontre d'un cycliste septuagénaire devant le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois. Les faits, pour lesquels il est accusé de lésions corporelles simples, voies de fait et abus d'autorité, remontent à juillet 2015, au centre de Lutry.

L'affaire démarre lorsque le policier aperçoit le cycliste, à l'arrêt sur son vélo, en train de rédiger un sms. Il lui notifie qu'il s'expose à une amende. Le septuagénaire décide de terminer son message avant de prendre en considération la remarque du sergent. La suite ressemble à une succession d'incompréhensions. Le policier lui demande ses papiers et précise qu'ils devront se rendre au poste s'il ne les a pas. Le plaignant répond qu'en effet, il ne les possède pas, et les deux se mettent en route. Le policier aurait-il dû envisager d'autres alternatives que le poste de police? Le cycliste aurait-il dû se montrer plus coopérant dès le premier contact? En clair, qui aurait pû faire un pas vers l'autre en premier? Des questions au centre des débats lundi matin, tant les choses se sont compliquées par la suite.

Car les deux hommes se sont finalement retrouvés sur un trottoir en bordure de route cantonale où ils ont à nouveau vécu les choses différemment. «J'avais enfourché mon vélo pour rouler jusqu'au poste, le sergent m'a soulevé pour m'écraser au sol, raconte le cycliste. Oui, je me suis énervé, j'ai sorti quelques noms d'oiseaux mais je ne méritais pas d'être traité comme un malfrat sur la voie publique.» En face, le policier donne une version plus nuancée, basée sur la mise en oeuvre de procédures policières. «J'ai toujours réagi en fonction de ses agissements. J'ai estimé qu'il pouvait avoir un comportement non rationnel et dangereux à proximité du trafic routier, défend-t-il. J'ai saisi son bras car il se trouvait sur la route et lorsqu'il a lâché son vélo pour venir vers moi, j'ai cru à une attaque. J'ai donc décidé de l'amener au sol, de le menotter puis d'appeler des renforts face à son refus de coopérer.» Le plaignant sera ensuite amené au poste pour des vérifications d'usage où il sera, d'après lui, traité sans grande considération.

A l'époque, la suite s'était en partie écrit dans la presse, la hiérarchie du policier décidant de prendre le relais et de l'écarter des discussions. «Aujourd'hui c'est eux qui devraient être là car ils m'ont fait passer pour un menteur. Sinon, tout le monde sait que nous ne serions jamais arrivés au tribunal», déplore le cycliste. Des tentatives de conciliation ont en effet eu lieu, lundi matin encore par téléphone, sans résultat satisfaisant. «C'est presque malheureux que le sergent se retrouve seul ici car il est responsable des actes mais pas de la suite, souligne l'avocate du plaignant. Les deux protagonistes sont prêts à se quitter en termes corrects mais ça coince plus haut et nous avons l'impression de parler à un mur.»

Suite de l'audience, dès mardi matin.

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