Poliez-le-Grand se retrouve autour de son four

L'esprit des lieuxLe four à pain réunit régulièrement les villageois. Il contribue à «la bonne ambiance» de la petite communauté.

Agrémenté d’une placette couverte en 2015, le vieux four à pain de Poliez-le-Grand devient le lieu de retrouvaille des habitants de ce village du Gros-de-Vaud quatre fois par année

Agrémenté d’une placette couverte en 2015, le vieux four à pain de Poliez-le-Grand devient le lieu de retrouvaille des habitants de ce village du Gros-de-Vaud quatre fois par année Image: Patrick Martin

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Rénové et remis en service par une équipe de bénévoles en 1999, le vieux four banal de Poliez-le-Grand rythme depuis lors la vie de ce village surplombant Échallens: soirée pizzas en juin, Nuit de la raisinée en octobre, Fournée du Père Noël en décembre et, comme aujourd’hui samedi 21, Fournée du printemps en avril. «Les gens jouent bien le jeu, on a une bonne centaine de personnes à chaque fois», se réjouit Alain Menetrey, conservateur du vénérable lieu de cuisson.

Le four à pain est d’ailleurs systématiquement le premier élément que les personnes croisées sur place recommandent de mentionner. «Il est incontournable, explique André Guyaz. Chacun ici se réjouit de la prochaine fournée, où on pourra boire l’apéro en allant chercher son pain ou sa tresse. Il contribue à l’ambiance chaleureuse que nous avons encore au village, avec des gens qui se saluent et s’arrêtent pour discuter.»

«Je n’ai jamais eu envie de partir»

Une qualité de vie dont ne pourrait se passer Caroline Mermoud. «Je suis née ici, mais je n’ai jamais eu envie de partir, explique cette jeune maman en poussant sa fille Justine sur son tricycle. Il y a tout ce dont j’ai besoin: mon jardin, la tranquillité et l’école juste en face. Je suis quand même mieux ici que dans une barre d’immeubles, non?»

Juste en face, Lotty Gaudard prépare un carreau de terre dans son jardin potager. «Quand je me suis mariée en 1967, il n’était pas facile de se faire accepter. Mais, comme mon mari faisait partie du Chœur d’hommes (Ndlr: une autre institution du village), j’ai fait beaucoup de sorties avec lui, et ça m’a permis de rencontrer du monde.» Cette maman de quatre enfants et grand-maman de sept petits-enfants constate que, depuis, le village a beaucoup grandi. Et elle trouve parfois un peu dommage que les nouveaux arrivants ne fassent pas davantage d’efforts pour s’intégrer.

Cette remarque ne concerne visiblement pas Christine Saugeon, habitante du Hameau du Chêne, un quartier de quarante maisons mitoyennes ayant poussé sous le village entre 2007 et 2009. «Nous arrivions de Bussigny et avions acheté dans la région parce que c’était moins cher. Mais les enfants se sont très vite fait des copains. Et nous, nous avons rencontré du monde en participant au Rallye des familles du dernier dimanche d’août, au Nouvel-An ou aux activités du four.» On y revient!

Interrompu en plein remontage de ses roues d’été, Claude Abegglen ne regrette pas non plus sa décision d’être venu s’installer dans le Gros-de-Vaud, il y a près de vingt ans. «J’adore la campagne, explique-t-il, tandis que tintent juste à côté les clochettes d’un troupeau de moutons. Ici, on est obligé d’avoir une voiture, mais en échange on a la tranquillité en étant près de tout.»

Commerce et auberge

Attablée à l’Alimentation-Boulangerie-Café-Bar-Poste de la famille Fornerod, Marie-Claude est d’ailleurs déjà contaminée. «Je découvre ce village dans lequel je viens pour la première fois, avoue cette habitante de Lutry. Mais j’étais justement en train de me dire que je m’y sentais bien et qu’il avait l’air vraiment très calme.»

En entendant notre conversation, son voisin de table intervient. «N’oubliez pas de parler de l’Auberge Communale. Ils ont des cuisses de grenouilles magnifiques et c’est le seul endroit que je connaisse où ils servent un buffet de chasse. On vient chaque année avec les copains.»

On traverse donc la route – forcément puisque l’établissement est situé au centre d’un triangle de bitume – pour rencontrer le patron, Roland Keller. «J’ai repris cet établissement il y a dix-sept ans, et depuis j’essaie à la fois de satisfaire la clientèle traditionnelle et la nouvelle.» Résultat, la carte propose aussi bien de la langue aux câpres que des burgers à emporter. «Mais avec de la viande hachée de vaches qui ont grandi à Poliez», souligne le patron.

À l’intérieur de la salle, à la décoration très «bistrot», la cagnotte est encore en activité. La Jeunesse s’y réunit aussi encore, ainsi que les membres du Chœur d’hommes ou les conseillers communaux après leurs séances. Désormais village de la commune de Montilliez, Poliez-le-Grand n’a rien perdu de son âme. (24 heures)

Créé: 22.04.2018, 09h03

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