«Personne ne me pousse dehors et je pars heureux»

DémissionLe chef de service des affaires culturelles lausannoises, Fabien Ruf, a annoncé jeudi son départ pour la fin de l’année. Interview.

Fabien Ruf quittera, au 31 décembre prochain et après neuf ans de fonction, son poste de chef du Service des affaires culturelles de la Ville de Lausanne.

Fabien Ruf quittera, au 31 décembre prochain et après neuf ans de fonction, son poste de chef du Service des affaires culturelles de la Ville de Lausanne. Image: Philippe Maeder

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Une petite révolution se prépare. Après quatorze ans passés au service de la Ville de Lausanne, dont neuf à la direction des affaires culturelles, Fabien Ruf a annoncé jeudi à ses collaborateurs et partenaires institutionnels qu’il avait «décidé qu’il était de temps de partir à la découverte de nouveaux horizons». Une démission prévue pour le 31 décembre prochain et dévoilée quelques heures avant l’entrée en fonction de la nouvelle Municipalité. De quoi froisser le nouveau syndic Grégoire Junod, également en charge du Dicastère de la culture? «Pas du tout, nous a confié l’élu. Fabien Ruf a annoncé son départ avec élégance, six mois à l’avance. Je salue, d’ailleurs, les dossiers importants qu’il a fait avancer, dans un milieu qui n’est pas facile, avec des acteurs culturels pas toujours bienveillants.» L’intéressé lui-même assure que le changement de Municipalité n’a rien à voir avec sa décision. Interview.

Depuis ce matin, Lausanne a un nouveau syndic. L’arrivée de Grégoire Junod à la tête de votre service a-t-elle motivé votre envie de départ?

C’est vraiment un hasard de calendrier et personne ne m’a poussé dehors. J’ai, d’ailleurs, personnellement dit de vive voix à Grégoire Junod que j’étais très heureux et que j’aurais pu sans autre travailler avec lui. Je réfléchissais depuis plusieurs semaines à mon départ. Avant de prendre ma décision, j’attendais que deux gros projets passent la rampe du Conseil communal: les préavis liés aux réaménagements et à la rénovation du cinéma Capitole et du Théâtre de Vidy. Ceux-ci ont été traités début juin.

Qu’est-ce qui a réellement motivé votre décision?

J’ai occupé durant neuf ans une fonction passionnante. J’ai beaucoup aimé ce travail et j’ai, maintenant, le sentiment d’avoir rempli ma mission. Je souhaite, désormais, aller apporter mes compétences ailleurs. Quarante-quatre ans me semble être le bon âge pour rebondir. J’ai aussi envie de retrouver une forme d’innocence, de redevenir un simple spectateur de la culture lausannoise. Sur un plan privé, une telle fonction est difficile à concilier avec une vie de famille. J’ai des enfants en bas âge et je ne veux pas que ma carrière professionnelle me face rater des choses avec eux.

Avez-vous des projets professionnels?

En l’état, je n’ai rien de prévu. J’ai annoncé ma démission pour le 31 décembre afin d’accompagner la transition avec le successeur qui sera désigné. Je pars heureux et j’ai six mois pour trouver un nouvel emploi. Un chef de service gère des dossiers passionnants, mais en grand nombre. J’aimerais bien, maintenant, pouvoir me concentrer sur un seul projet, mettre mon énergie pour défendre une institution.

Avez-vous des regrets?

Un seul: du côté du Musée de l’Art brut, j’ai passé beaucoup de temps à régler des problèmes de fonctionnement, alors que j’aurais souhaité pouvoir consacrer mon énergie à développer le rayonnement et les infrastructures de cette institution d’envergure mondiale.

Dès votre arrivée et tout au long de votre activité, vous n’avez jamais été épargné par les critiques. Récemment encore, certains s’étonnaient de vous voir peu présent dans la vie culturelle. Aucun regret, même de ce côté-là?

J’ai quand même l’impression d’avoir été bien accueilli par la majorité des acteurs culturels et j’avoue n’avoir jamais pris ces critiques à titre personnel. C’est vrai que mon but n’a pas été de briller aux premières théâtrales ou de tisser des liens personnels avec les artistes. Personnellement, je ne me suis jamais considéré comme indispensable. La culture est une part importante de ma vie, mais elle ne constitue pas tout.

Créé: 30.06.2016, 21h26

Bilan

Dès son arrivée à la tête des affaires culturelles, sous l’ancienne municipale Silvia Zamora, Fabien Ruf a dû faire face à plusieurs crises qui ont secoué le management de grandes maisons, du BBL à l’OCL, en passant par le Musée de l’Art Brut. Ses neuf ans passés en tant que chef de service resteront marqués par deux rapports-préavis élaborés pour dessiner la conduite et asseoir le subventionnement de la culture. Longtemps, Ville et Canton peinaient à collaborer. Fabien Ruf a été l’une des chevilles ouvrières d’un rapprochement, symbolisé par Plateforme 10, le futur pôle muséal.

Outre d’œuvrer à l’agrandissement de l’Arsenic, de l’Opéra ou encore des Musées historique et romain, Fabien Ruf a accompagné le renouvellement de direction de nombreux orchestres, ballet et théâtres de la région.

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