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Le premier foyer construit par l’EVAM sera moins cher qu’une nuit en abri de PCi

Après cinq ans de procédures, la construction en préfabriqué accueillera 200 migrants à partir du mois prochain.

Les sanitaires, hommes et femmes séparés, sont des parties communes à chaque étage.
Les sanitaires, hommes et femmes séparés, sont des parties communes à chaque étage.
Florian Cella
A chaque étage sa cuisine commune.
A chaque étage sa cuisine commune.
Florian Cella
Erich Dürst, directeur de l'EVAM .
Erich Dürst, directeur de l'EVAM .
Florian Cella
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«C’est un accomplissement, on l’a fait!» triomphe Erich Dürst. Hier, le directeur de l’EVAM ne cachait pas sa satisfaction en montrant à la presse le premier foyer construit de bout en bout par l’institution chargée de l’accueil des migrants. Une aventure qui a pris tout de même près de cinq ans, depuis sa présentation en 2012. A partir du mois de février, la construction érigée en préfabriqué sur un terrain de l’Etat à Ecublens commencera à accueillir jusqu’à 220 migrants au maximum.

Avec leur structure en bois suisse, les quatre bâtisses restent dans le style propre au voisinage de la zone industrielle En Reculan. Rien de bien folichon. Mais un soin particulier a été apporté à l’isolation, thermique mais surtout phonique, en raison de sa proximité avec des axes routiers très fréquentés. Les 113 chambres des 12 m2 sont prévues pour deux personnes. A chacun des trois étages, des sanitaires et cuisines forment des espaces communs.

«Un lieu de vie»

«Ce sera un lieu de vie, assure Marie-Claire Maillard, responsable du secteur Centre de l’EVAM. Nous allons accueillir des personnes très diverses dans leurs origines, leur situation et leur composition familiale.» Célibataires, couples et familles sont attendus dans ce nouveau centre qui leur offrira également une salle polyvalente, une d’animation, un cybercafé et une épicerie. Cette dernière leur permettra d’acquérir de la nourriture de base à des tarifs avantageux. «Il s’agit de favoriser l’autonomie des habitants», précise Marie-Claire Maillard. L’encadrement y sera «léger», mais inclura tout de même une présence à toute heure du jour et de la nuit.

Les premiers qui investiront les lieux sont des personnes qui connaissent déjà la Suisse depuis plusieurs mois. «Les enfants vont à l’école, les adultes fréquentent des cours, des programmes d’occupation ou même un travail pour ceux qui bénéficient d’un permis F», illustre la responsable. Sur place, des bénévoles seront appelés à fournir diverses prestations.

Structure éphémère

Cette zone industrielle n’est pas un lieu d’existence privilégié. Quelques minutes de marche seront nécessaires aux résidents pour rejoindre le réseau de transports publics. D’ailleurs, le nouveau foyer a une vocation temporaire. Le terrain était constructible mais il a fallu le légaliser pour y permettre l’habitat. Cette situation a été admise pour une durée de dix ans en raison d’un projet de bretelle autoroutière qui pourrait passer par là.

«Cette construction permet de fermer des abris PCi, et j’aurais été heureux de pouvoir en disposer il y a un an et demi»

Du coup, la construction tient compte de son démontage. «Le tout est recyclable et réutilisable à 75%», expliquent les architectes Raphaël Schüll et Nicolas Strambini. Sur le plan financier également, la structure éphémère tient la route avec un investissement de quelque 9 millions. «Même en tenant compte d’un amortissement sur sept ans, l’exploitation de ce foyer est bien plus avantageuse pour les contribuables vaudois que celle d’un abri de protection civile», calcule Erich Dürst. Selon le directeur de l’EVAM, une nuit dans un abri PCi revient à 81 fr. par personne, contre 51 fr. dans ce nouveau foyer. Le calcul ne tient toutefois pas compte du démontage. Reste à voir s’il faudra véritablement la démonter dans dix ans…

«Cette construction permet de fermer des abris PCi, et j’aurais été heureux de pouvoir en disposer il y a un an et demi», poursuit Erich Dürst. Lors de cette crise migratoire, l’EVAM a dû ouvrir 16 abris pour faire face à la demande. Si la construction de ce foyer constitue une première dans l’histoire de l’accueil des migrants dans le canton, il ne devrait pas être le dernier. D’autres sont en cours d’étude, à Lausanne et à Nyon.

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Séance d’information publique, lundi 23 janvier à 20 h au Collège du Pontet, à Ecublens, en présence du conseiller d’Etat Philippe Leuba

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