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Les premiers activistes du climat face à la justice

Douze membres de Lausanne Action Climat comparaissent pour une action menée chez Credit Suisse. Un premier procès du genre pour le moins insolite. Présentation.

Les militants ont passé des mois à préparer leur procès.

Sur les réseaux sociaux, relayé par tout ce que le canton compte d’activistes du climat, l’appel à la mobilisation a été lancé il y a plusieurs jours. Il donne rendez-vous, ce mardi matin, devant le Tribunal de Renens. C’est là, à 9h, que débute le procès de douze militants de Lausanne Action Climat (LAC). En novembre 2018, déguisés en joueurs de tennis pour interpeller Roger Federer qui associe son image à la banque, ils avaient fait irruption dans la succursale de St-François pour y disputer une partie de tennis sauvage. Le but: dénoncer les investissements de la banque dans les énergies fossiles et leur impact sur l’environnement.

Délogés par la police puis sous le coup d’une plainte de la deuxième banque du pays, les activistes avaient reçu la douloureuse quelques mois plus tard: 21'600 francs. Une opposition plus tard et les voici convoqués au Tribunal de police, où ils devront répondre de violation de domicile et d’infractions à la loi sur les contraventions.

Des pointures à la défense

Pour leur défense, ils peuvent compter sur des pointures, dont deux anciens bâtonniers. Sensibles à la cause, douze avocats ont accepté de les représenter gratuitement. Face à eux, le terrain s’annonce en revanche bien plus clairsemé. Et pour cause: Credit Suisse a demandé, et obtenu, d’être dispensé. L’avocat du géant bancaire ne se montrera donc pas. Pas plus que le procureur. Les faits ne relevant pas d’une grande gravité, le Ministère public ne fera pas non plus le déplacement.

Avocate de l’un des prévenus, Me Irène Wettstein, à l’origine de l’armada de la défense, prend acte, selon la formule consacrée. Mais la femme de loi ne peut que déplorer ces absences annoncées, à commencer par celle de Credit Suisse. «Nous regrettons vivement que la banque ne veuille pas comparaître et refuse de débattre publiquement de sa politique financière. C’est d’autant plus frustrant pour nos clients qui veulent des réponses. Ils n’en auront aucune. Quant au Ministère public, on peut comprendre son absence sur le plan strict du droit, mais nous regrettons qu’il ne s’intéresse pas beaucoup aux mobiles qui ont poussé ces jeunes à agir.»

Par la voix de son porte-parole, Jean-Paul Darbellay, Credit Suisse justifie son absence dans la mesure où sa présence n’est pas nécessaire. «Concernant le fond de cette affaire, le Credit Suisse est conscient de sa part de responsabilité face aux changements climatiques. La banque souhaite aligner ses portefeuilles de crédit avec l’Accord de Paris sur le climat. Elle a annoncé à cet effet qu’elle n’investira notamment plus dans les nouvelles centrales à charbon. Le Credit Suisse développe parallèlement des stratégies pour aider ses clients dans les secteurs concernés à faire la transition vers une économie sobre en carbone.»

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