Un autre projet est attendu pour l’ex-garage de Prélaz

LausanneLa transformation de l’ancienne concession Ford a été stoppée. L’architecte écarté, une procédure est en cours.

D'importants travaux ont déjà été effectués mais le chantier est à l'arrêt depuis l'automne 2016.

D'importants travaux ont déjà été effectués mais le chantier est à l'arrêt depuis l'automne 2016. Image: Odile Meylan

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C’est l’histoire d’une reconversion contrariée. Celle de l’ancienne concession du 145 de l’avenue de Morges, petit garage du XXe siècle promis à un avenir immobilier. Au projet «Îlot Couchirard» plus précisément, porté par l’architecte Nicolas Tardin. Ce dernier prévoyait que l’enveloppe du bâtiment, recensé en note 3 au patrimoine, soit conservée et que l’intérieur soit complètement transformé pour accueillir 30 logements et une surface commerciale. Le tout financé par Previva, le fonds de prévoyance des professionnels du travail social. Mais alors que les travaux, commencés à l’été 2015, devaient durer deux ans, ils sont aujourd’hui au point mort.

Procédure judiciaire

«Malgré sa grande complexité pour cause de pollution et de création de deux étages supplémentaires – en sous-œuvre et en sous-sol –, ce chantier s’est déroulé à la perfection jusqu’en octobre 2016, affirme Nicolas Tardin. À cette date, l’architecte qui assistait le bureau chargé de représenter le maître de l’ouvrage a démissionné de son poste. Quelques jours après, notre mandat a été brutalement interrompu par Previva, cela unilatéralement et de manière totalement injustifiée, alors que nous remplissions de manière parfaitement exemplaire notre mission.»

C’est là que les versions divergent. Peu prolixe sur le dossier, ImmoGestion SA, le maître d’ouvrage délégué mandaté par Previva, confirme que «la construction est effectivement stoppée» pour «divers problèmes liés à la gestion du chantier». Nicolas Tardin contestant sa mise à l’écart, une procédure judiciaire est en cours. Pour cette raison, aucune des deux parties ne souhaite détailler les raisons du litige. L’architecte signale simplement qu’«aucun motif n’a été invoqué pour rompre le mandat», mais que «plusieurs motifs sont présentés dans le cadre de la procédure actuelle». Selon l’architecte, qui dit s’exprimer «preuves à l’appui», ces motifs avancés «sont bien évidemment faux et contestés».

De son côté, ImmoGestion précise que les problèmes rencontrés n’ont pas de lien avec la protection du patrimoine bâti et le recensement du bâtiment. Sur le plan légal, la note 3 indique un «objet d’intérêt local» pour lequel «des modifications peuvent être envisagées, pour autant que les qualités qui ont justifié sa note n’en soient pas altérées». Jugé «bien dense» pour la bâtisse, le projet avait suscité «des réticences» de sa part, précise aujourd’hui le syndic Grégoire Junod, ainsi que de l’ancien municipal des Travaux, Olivier Français.

Copie à revoir

Si le chantier est à l’arrêt, l’ambition de transformer l’ancien garage en locatif demeure. «Une étude est en cours pour redimensionner et améliorer le projet», indique ImmoGestion, qui collabore désormais avec un nouvel architecte. D’après le fonds de prévoyance, les travaux déjà effectués n’auront aucune incidence sur le projet global. Pour autant, pas question de s’avancer sur la nouvelle planification ni sur l’échéance envisagée: «Tout dépendra du temps nécessaire à l’obtention des autorisations indispensables à la poursuite du chantier.»

La Ville de Lausanne confirme que des discussions ont eu lieu et qu’elle attend désormais de recevoir une demande de permis complémentaire. «Nous avons évoqué les aspects techniques, patrimoniaux et esthétiques car ils doivent faire l’objet d’un préaccord, raconte André Baillot, chef du Service d’urbanisme de Lausanne. Le nouvel architecte a des idées et souhaite les faire valoir.» À partir du moment où le dossier est déposé à la Ville, André Baillot estime qu’il faut compter quatre mois de traitement. Ou davantage si le projet nécessite des compléments ou des modifications. (24 heures)

Créé: 14.01.2018, 20h54

Un passé à préserver

Validé après six ans de négociations avec la Ville de Lausanne, le projet «Îlot Couchirard» de l’architecte Nicolas Tardin constituait un compromis entre préservation du patrimoine bâti et transformation en locatif moderne. Il prévoyait en particulier de conserver l’enveloppe de l’historique garage. Les arches en béton nervurées devaient subsister et la hauteur de plafond être mise à profit pour aménager trois étages au lieu d’un seul. De même, les façades extérieures devaient rester.

Des éléments étaient par contre condamnés, à commencer par l’avant-toit arrondi. Même sort pour les vitres extérieures en carreaux et la marqueterie en marbre. À noter que la façade ouest devait accueillir balcons et coursives tandis qu’à ses pieds, la rue Couchirard devait être creusée pour permettre l’aménagement de jardins et d’un parking souterrain.

Une étude est en cours pour faire évoluer ce projet dans des proportions non communiquées par ImmoGestion.

Désormais destiné à l’habitat, le 145 de l’avenue de Morges a enfilé divers costumes au fil du temps. En plus du Garage Majestic, les documents d’archives racontent qu’il fut gypserie, compagnie de taxis et d’ambulances. Il avait même fini par accueillir un brocanteur amateur de vintage des seventies proposant des meubles et des lampes.

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