Le projet de jonction à Chavannes sera allégé

AutorouteLe Canton juge excessive la vision proposée par la Confédération. Une alternative est en réflexion.

Un projet pilote est en discussion pour redimensionner le projet de jonction autoroutière présenté par la Confédération pour Chavannes-près-Renens.

Un projet pilote est en discussion pour redimensionner le projet de jonction autoroutière présenté par la Confédération pour Chavannes-près-Renens. Image: OFROU

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La Confédération va devoir mettre de l’eau dans son vin en ce qui concerne le vaste projet autoroutier dans l’Ouest lausannois. Le Canton soutient officiellement le principe d’une jonction autoroutière moins conséquente que prévu à Chavannes-près-Renens. C’est l’annonce surprise qu’a faite la présidente du Conseil d’État Nuria Gorrite, lors d’une table ronde publique, mardi sur le campus de l’Université de Lausanne.


Le projet initial de jonction à Chavannes-près-Renens en 3D

Source: OFROU


Organisé par l’Association Transports et Environnement (ATE), l’événement a fait salle comble avec pour thème central l’idée de requalifier en boulevard urbain l’autoroute entre l’échangeur d’Écublens et le rond-point de la Maladière. Outre la conseillère d’État en charge des Infrastructures, le panel incluait également un autre invité de marque, Jürg Röthlisberger, le directeur de l’Office fédéral des routes (OFROU).

Le projet de l’OFROU de renforcer le réseau autoroutier dans l’Ouest lausannois a été mis à l’enquête à la fin de l’année 2018. Devisé à 1,2 milliard de francs, celui-ci prévoit notamment la création de nouvelles bretelles sur les échangeurs, mais aussi et surtout, la construction de deux nouvelles jonctions, une à Chavannes et une à Écublens. Le projet chavannois a en particulier suscité des oppositions de la Commune et d’associations locales.

«Il est possible d’imaginer une sortie autoroutière plus raisonnable à Chavannes et le Canton est prêt à financer ces réflexions», a déclaré Nuria Gorrite. Des groupes de travail sont d’ailleurs déjà à l’œuvre avec, autour de la table, l’OFROU, le Canton, la Commune de Chavannes ainsi que le bureau intercommunal d’urbanisme de l’Ouest lausannois, le SDOL.

«Il n’y a pas de tabou»

À ce stade, la conseillère d’État parle de projet pilote, mais quelques pistes de réflexion se dessinent déjà, dont l’option d’abaisser la vitesse du tronçon à 80 km/h. «Ou moins. Il n’y a pas de tabou», ajoute l’élue socialiste. Le nombre de pistes de circulation pourrait aussi être réduit, le tout en vue de réduire les dimensions et l’emprise de la jonction, mais aussi de limiter la pollution et les nuisances sonores, qui atteignent déjà des niveaux préoccupants.

«Nous allons mener un projet pilote, mais ce n’est pas encore un boulevard urbain», a nuancé la conseillère d’État. Elle a rappelé l’un des principes du plan d’agglomération Lausanne-Morges, qui vise à diversifier les modes de mobilité afin d’encourager un report sur les transports publics. «Ce qui est certain, c’est que nous avons besoin d’un réseau autoroutier qui fonctionne pour absorber le trafic automobile en zone urbaine. Les voitures ne vont pas s’évaporer. C’est pourquoi nous devons d’abord développer des alternatives.» Simpliste aujourd’hui, de l’avis de la ministre cantonale, un boulevard urbain n’est toutefois pas exclu à terme. «C’est ce vers quoi nous tendons.»

Face à l’assistance, Jürg Röthlisberger n’a pas caché une certaine perplexité suite à l’intervention de Nuria Gorrite. «J’ai du mal à comprendre que la région revienne sur ces jonctions alors que c’était au départ une demande de sa part.» Il s’est néanmoins montré ouvert à la discussion. «Nous verrons jusqu’à quel point il faut repenser ces tronçons, mais sans oublier que le temps passe. Il ne faudrait pas se perdre dans des discussions sans fin.»

Au niveau des Communes de la région, l’annonce du Canton est diversement accueillie. Chavannes, qui avait fait opposition au concept de la Confédération pour demander un allègement du projet de jonction, se voit entendue. À Écublens, où doit aussi se construire une nouvelle jonction, on se montre plus inquiet. «Nous attendons ce projet depuis des années. S’il devait être encore retardé, ce ne serait pas une bonne nouvelle», déclare ainsi le syndic de la commune, Christian Maeder, contacté mercredi.

Du côté de l’ATE Vaud, on affiche sa satisfaction. «La vision d’un boulevard urbain est celle qui va le plus loin pour repenser ce tronçon, admet son président, David Raedler. Entre cela et la situation actuelle, qui est désastreuse, il y a de nombreuses possibilités. On va avancer à petits pas, mais on voit qu’il y a une prise de conscience.»

Créé: 26.02.2020, 15h40

Alternatives

L’utopie pas si folle du boulevard urbain

Si un boulevard urbain n’est pas pour demain entre Écublens et la Maladière, l’événement organisé par l’ATE Vaud a tout de même montré qu’il était plus qu’une utopie.

Ces derniers mois, des étudiants de l’EPFL ont en
effet travaillé très sérieusement sur plusieurs variantes de réaménagement pour ce tronçon. Leurs projets laissent imaginer les jardins, les parcs et les voies de mobilité douce qui pourraient remplacer un jour l’autoroute. D’autres réflexions, plus concrètes, ont toutefois déjà vu le jour.

En 2015, le bureau d’urbanisme lausannois GEA a ainsi élaboré une maquette virtuelle en trois dimensions d’un boulevard urbain. Commandité et financé par le promoteur immobilier Bernard Nicod, ce projet a été présenté à la Ville de Lausanne, qui n’y a pas donné suite. «Le projet n’est pas sans intérêt, notamment en termes de mobilité, mais à long terme, au-delà de 2030, dit le
syndic Grégoire Junod. Aujourd'hui, le volume de trafic dans ce secteur reste trop important et la Ville a déjà suffisamment de grands projets sur le feu avant d’ouvrir celui-ci.» Cette maquette virtuelle est depuis restée dans les cartons, sans être dévoilée au public, jusqu’à l’événement de mardi soir, où l’assistance a pu la découvrir lors d’une brève projection.

«Bernard Nicod nous a approchés, car il projetait la construction d’un bâtiment emblématique près du rond-point de la Maladière, se souvient Thierry Chanard,
directeur de GEA. Cela a débouché sur une vision plus large de requalification de l’entrée ouest de Lausanne.»
Assez poussées, ces réflexions ont évalué à 53 millions de francs le coût des aménagements pour démanteler et réaménager l’autoroute, des coûts qui auraient été essentiellement supportés par des acteurs privés.

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