Promotion canopée pour le Jardin botanique

LausanneIl aura fallu 25 ans, mais la nouvelle serre, toute de verre et d’acier abrite désormais les plantes carnivores et tropicales.

La nouvelle serre, 185 m2, constitue le lieu de vie de la plus grande collection de plantes carnivores de Suisse.

La nouvelle serre, 185 m2, constitue le lieu de vie de la plus grande collection de plantes carnivores de Suisse. Image: Olivier Vogelsang

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On la voit depuis l’avenue de Cour mais aussi depuis le parc de Milan. La nouvelle serre du Jardin botanique cantonal de Lausanne a enfin pris forme. Et s’offre au regard, au travers du portique d’entrée conçu par Alphonse Laverrière en 1946. Son confrère, l’architecte cantonal actuel Emmanuel Ventura, ne cache pas sa joie de voir ce nouvel ouvrage trôner dans le jardin. «Pas de verrière pour un lieu signé par Laverrière, c’était quand même un comble!»

Le Musée botanique avait bien deux petites serres, érigées en 1971 et 1985, mais elles montraient depuis longtemps leurs limites et des signes de fatigue. S’en est suivi un quart de siècle de négociations et autres reports. C’est finalement l’ancienne conseillère d’État Anne-Catherine Lyon qui décroche, en 2014, les 900 000 francs de crédit nécessaires à l’ouvrage, auxquels s’ajoutent 30 000 francs de dons de l’Association des amis du Jardin botanique.

Deux tiers de la serre sont occupés par les plantes tropicales.

Nouvelle embûche ensuite, avec l’opposition de Patrimoine suisse, qui estimait que «la construction d’une serre sur les plates-bandes de l’allée principale du Jardin botanique porterait une atteinte grave à la qualité esthétique et patrimoniale du jardin» du bas de la colline de Montriond. C’est que le site figure au recensement des parcs et jardins de Suisse et est inscrit à l’inventaire cantonal. Le bâtiment du musée a, lui, été ajouté à l’ensemble en 1967.

Emmanuel Ventura trouve, toujours chez Laverrière, une autre justification pour cette construction. «Il a voulu ce haut du jardin très rond, très organique et le bas très droit, composé de trois grands jardins rectangulaires. La serre en fait simplement sortir un de terre!»

On l’aura compris, le Tribunal cantonal a donné tort à la section vaudoise de Patrimoine suisse. En 2017, la Cour tranche en effet en faveur de la serre, estimant qu’elle «répond tant aux besoins de la science que du public», selon un communiqué de l’époque.

«Une invitation à la visite»

Après dix-huit mois de travaux, voilà donc ce sobre édifice amovible tout de verre et d’acier, d’une trentaine de mètres de long pour six de large et six de haut. Le «super nouvel outil» du jardinier en chef Stephan Cottet est «une invitation à venir visiter le Jardin botanique cantonal», complète François Felber, son directeur.

Profitant de rappeler que les lieux font partie de Plateforme 10, Pascal Broulis, conseiller d’État en charge des Bâtiments cantonaux, a participé au couper du ruban. Et partagé ses souvenirs sur ce dossier. «Le Conseil d’État avait dû se déterminer pour dire si la serre était moche ou laide. Il a dit qu’elle était belle!»

Des attrape-mouches en tout genre s’épanouissent sous la serre.

Hic Flora recludit opes - «C’est ici que la déesse Flore conserve ses trésors», dit la mosaïque de Marcel Poncet qu’on trouve au fond du jardin. Mais quels trésors? Sous la serre, deux types de plantes se côtoient dans deux sas. La plus grande collection de plantes carnivores de Suisse d’une part et la majestueuse collection de plantes tropicales, qui occupe deux tiers de l’espace.

L’acclimatation est en cours pour ces «locataires très exigeantes qui ne supportent pas le froid», dit François Felber. Son jardinier en chef poursuit. «Elles ont tout à coup beaucoup plus d’espace qu’avant! Et les chauffages, maintenant au plafond, venaient du bas. Alors on les observe, on ajuste…»

Cacao et cocaïne

La serre se visite en enfilade, puisqu’on entre d’un côté pour sortir de l’autre. Avec, au centre, une halte en hauteur via une galerie avec vue sur la petite canopée. Les carnivores étaient auparavant disséminées sur différents sites, notamment à Cery, et n’avaient à Lausanne que peu d’espace. Parmi elles, des drosera cuneifolia qui engluent les petits insectes, des utricularia cornuta qui aspirent leurs proies par leur outre, ou encore des pinguicula huahuapan. Bref, des plantes habituées aux milieux pauvres en minéraux qui compensent en se nourrissant d’animaux.

Du côté des plantes tropicales, on se balade entre cacaoyer, cocaïer, poivrier, vanillier, thé de Chine, ou encore gingembre. L’occasion de voir des plantes à l’origine de produits largement consommés sous nos latitudes.

La vocation pédagogique des lieux a été soulignée par la conseillère d’État en charge de la Formation, de la Jeunesse et de la Culture, Cesla Amarelle. «Cette serre est un «moyen de transmission», «le cadre du tableau, le lutrin de la partition», ou encore un «outil de médiation culturelle» qui permet «un voyage des sens».


Visites guidées les mardis 10 et 24 septembre

Créé: 09.09.2019, 19h15

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