Un protocole pour apaiser les relations riverains - aéroport

LausanneLausanne a mené une étude sur «la gêne» provoquée par la Blécherette. Tout est en règles mais des efforts sont consentis.

Vue aérienne de l'aéroport de la Blécherette, en 2014.

Vue aérienne de l'aéroport de la Blécherette, en 2014. Image: Florian Cella - A

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Avant, il était aux portes de la ville. Il sera bientôt totalement en son sein. L’aéroport de la Blécherette voit Lausanne grandir autour de lui. Et la population qui vit à proximité augmente, parfois proportionnellement à sa sensibilité au bruit ou à la pollution. En 2014 une pétition puis, en 2016, un postulat d’Hadrien Buclin (Ensemble à Gauche) venaient mettre la pression sur l’aéroport, demandant notamment «une réduction conséquente des nuisances sonores provoquées» par l’infrastructure du nord de la ville, qui accueille des avions mais aussi des hélicoptères. Un préavis apportant des réponses et préparé sous l’ère Brélaz-Français avait fini par être retiré, en avril 2017.

«Depuis, nous avons beaucoup travaillé avec l’aéroport et les riverains», dit la municipale écologiste Natacha Litzistorf, en charge du dossier.

Contacté, le directeur de l’aéroport de la Blécherette, Bertrand Mayor, a pour sa part refusé de s’exprimer, craignant d’être «manipulé».

Nuisances dans les clous

Une étude acoustique menée par le bureau AER a permis d’évaluer les supposées nuisances engendrées par les avions que les riverains organisés en association dénonçaient.

«L’exploitation respecte les normes environnementales», souligne d’emblée le délégué environnement de la Ville de Lausanne, Claude Thomas.

Quant à la pollution de l’air, l’impact de l’aéroport «n’est vraiment pas significatif», ajoute-t-il. Ses émissions représentent moins de 1‰ de la charge totale pour la Ville, en poussières fines et oxyde d’azote.

Pour ce qui est de la perception des nuisances sonores, deux points de mesure, à Pierrefleur 44 et à Montoie 3, ont été choisis pour deux périodes d’une semaine, durant l’automne 2018.

À Pierrefleur, le passage des avions «équivaut à pratiquement doubler l’énergie sonore journalière». Et pour les deux lieux de mesure, «l’environnement sonore est perturbé de manière significative lors des passages (bruit nettement plus fort que le bruit ambiant), ce qui peut-être une source de gêne».

Comparé à un camion, une voiture ou un train, l’avion émet un bruit supérieur mais surtout qui dure en moyenne trois fois plus longtemps. On explique en outre que le bruit d’un avion équivaut à celui de 25 voitures ou trois trains.

Mesures incitatives

«Avec l’étude et de nombreuses discussions engagées, nous sommes parvenus à mettre sur pied un protocole entre la Ville et l’aéroport de la Blécherette», explique Natacha Litzistorf. Il regroupe une série d’engagements, pour cinq ans. Il est notamment axé sur la sensibilisation des pilotes et la communication avec la population.

Bref: le document se situe dans la bonne volonté et non dans le règlement.

Décoller plus souvent au nord

Les pilotes ont depuis longtemps le choix, parfois influencé par la météo, entre le décollage en direction du lac ou en direction du nord. Les vols sont répartis entre différentes activités: formation, loisirs, affaires et sauvetage. Depuis 2010, plus de la moitié se faisait vers le sud. Une situation que les autorités lausannoises veulent inverser. Le but? arriver à une moyenne inférieure à 40%. «Depuis 2018, on y arrive presque, puisque la moyenne l’an dernier est redescendue à 41%, détaille Natacha Litzistorf. Et en ce début d’année, on est à 42%.»

Remplacer les coucous

Autre enjeu: favoriser les avions qui font le moins de bruit. Le protocole propose que des «surcharges financières» soient mises en place pour «les aéronefs les plus bruyants et des allégements financiers pour les avions électriques». Cette mesure prendra néanmoins du temps, assure le délégué à l’environnement. «Le renouvellement du parc est logiquement assez lent», précise-t-il.

Prix incitatifs

L’aéroport s’est aussi engagé à encourager l’essence sans plomb. Il peut, depuis novembre 2017, vendre ce carburant à un prix «volontairement préférentiel».

Créé: 20.08.2019, 22h17

En chiffres

100 C’est, en moyenne, le nombre de mouvements journaliers d’aéronefs à la Blécherette pour l’année 2018. Soit 36'515 mouvements totaux.

1 Soit, en pour-mille, la part des émissions liées à l’aéroport dans la charge totale pour la Ville, en poussières fines et oxyde d’azote.

48Soit, en pour-cent, la part moyenne annuelle de vols d’avions de voyage/plaisance non commerciaux pour la période 2014-2018.

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