Le PS lausannois s’inquiète du prosélytisme de rue

PolitiqueUne interpellation pointe une recrudescence des manifestations religieuses en public et questionne leur encadrement.

Le 10 juin, sur la place de la Riponne, un membre du groupe Juste...Chrétien avait notamment qualifié l’homosexualité de «péché».

Le 10 juin, sur la place de la Riponne, un membre du groupe Juste...Chrétien avait notamment qualifié l’homosexualité de «péché».

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Le prêche entendu récemment sur la place de la Riponne et ciblant l'homosexualité fait réagir le parti socialiste lausannois. Ce mardi, le conseiller communal Benoît Gaillard interpelle la Municipalité sur les «limites du prosélytisme religieux ou sectaire sur l'espace public». Pour lui, le phénomène se développe à Lausanne et il doit être mieux encadré.

Pour étayer son propos, l'élu cite donc le prêche du groupe Juste… chrétien, le 10 juin dernier à la Riponne, mais aussi les Témoins de Jéhovah, «mouvement considéré comme une secte en France [...] qui distribue de plus en plus fréquemment, ces derniers mois, ses publications». Il est aussi rappelé que l'Eglise de scientologie avait fait parler d'elle, début 2016 à la gare, avec des tracts visant «les abus de la psychiatrie».

Expliciter les croyances

Dès lors, le parti socialiste demande : «Lors de l'octroi d'une autorisation, la conformité générale des discours tenus au cadre constitutionnel et légal est-elle vérifiée ?» Ou encore «Quelles sont les mesures envisageables pour prévenir l'endoctrinement religieux ou sectaire au niveau de la compétence communale de gestion du domaine public ?» L'idée d'emplacements spécifiques voire de panneaux explicitant les croyances est émise.

«Le but n'est pas d'ostraciser ou de rendre impossibles les manifestations sur la voie publique, plutôt d'éviter que certains mouvements au prosélytisme affirmé n'abusent de cette liberté pour pratiquer l'endoctrinement», résume Benoît Gaillard. Pour lui, la Suisse est trop tendre avec certaines entités et devrait se doter d'un registre national des organisations de type sectaire.

Réguler plutôt qu'interdire

Le PS questionne la marge de manoeuvre des autorités sur l'octroi des autorisations comme sur le contrôle des propos. «Il y a des choses qui tombent sous le coup de la loi mais personnellement je trouve que la Ville pourrait faire plus en matière de modération, par exemple en espaçant les autorisations ou en les refusant dans le cas de groupes déjà sanctionnés», défend le conseiller. Pour rappel, la ville de Genève avait tenté de bannir le prosélytisme religieux de ses rues en 2015 avant que la justice cantonale ne casse cette décision. (24 heures)

Créé: 26.06.2018, 14h43

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