Le PS s’émeut de familles exclues de l’accueil de jour

LausanneDes enfants dont l’un des parents ne travaille pas vont perdre leur place. Des élues estiment que la Ville néglige leur socialisation.

La première des priorités en matière d'attribution des places en structure d'accueil reste, pour la Ville, la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.

La première des priorités en matière d'attribution des places en structure d'accueil reste, pour la Ville, la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Image: Philippe Maeder - A

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À la rentrée prochaine, des enfants dont l’un des parents ne travaille pas seront obligés de céder leur place dans les structures d’accueil de jour lausannoises. C’est ce que viennent d’apprendre les familles concernées via un courrier leur signifiant la résiliation de leur contrat. Découlant du manque de places au sein du réseau, la problématique a été soulevée mardi soir au Conseil communal par une interpellation urgente des conseillères socialistes Latha Heiniger et Caroline Alvarez.

«Les objectifs de socialisation et de prévention n’étant pas une priorité, les contrats sont résiliés pour fin juillet 2019. Ces enfants vont devoir quitter le lieu dans lequel ils avaient tissé des liens avec leurs pairs. Cette pratique est constatée aussi bien au sein des centres de vie enfantine (CVE), des unités d’accueil pour les écoliers (UAPE) que des accueils pour enfants en milieu scolaire (APEMS)», rapportent les élues.

Trois degrés de priorité

Puisque le sujet doit être débattu en Municipalité puis au prochain Conseil communal, le municipal de l’Enfance, David Payot, ne souhaite pas, à ce stade, s’étendre sur la question. Il précise simplement que ces résiliations interviennent uniquement entre le pré- et le parascolaire et renvoie à sa réponse de janvier 2019 sur une précédente interpellation PS questionnant déjà les critères d’accès aux structures d’accueil.

Il y indiquait que, dans un contexte où la demande est supérieure à l’offre, il est «indispensable de s’appuyer sur un processus d’attribution des places documenté et commun à tous afin d’éviter les risques d’inégalité de traitement ou de favoritisme».

Ainsi, la Ville a listé les priorités. «La première concerne la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Puis il y a les familles qui ont des besoins spécifiques et nécessaires au développement de l’enfant. Finalement, il y a le critère de socialisation qui ne répond ni à un besoin de garde ni à une problématique particulière», résume David Payot.

Universalité impossible

«Certains réseaux souhaiteraient que l’accueil de jour repose sur le principe de l’universalité, c’est-à-dire que tous les enfants seraient accueillis indépendamment du statut professionnel des parents, rappelle Sylvie Lacoste, secrétaire générale de la Fondation pour l’accueil de jour des enfants (FAJE). Mais la loi sur l’accueil de jour des enfants s’inscrit dans la logique de conciliation vie professionnelle-vie familiale. Elle exige donc que les réseaux fixent des critères de priorité d’accès en cas de capacités insuffisantes. L’objectif est de favoriser les ménages où les deux parents travaillent, les familles monoparentales et les parents en voie de réinsertion professionnelle, raison pour laquelle les employeurs participent au financement des structures, via les montants versés à la FAJE.»

Mais du côté du PS Lausanne, on s’inquiète de cas où des parents à l’aide sociale ou suivis par le Service de protection de la jeunesse ont reçu ces courriers de résiliation. «On considère que quelqu’un qui ne travaille pas peut garder son enfant, on ne regarde pas du tout le contexte social, déplore Latha Heiniger. Or les études montrent que l’égalité des chances commence à la petite enfance. Les structures d’accueil peuvent faire entrer les enfants dans un cercle vertueux en palliant des carences éducatives. Là on cherche seulement à soulager les parents avec des lieux de garde.» Les interpellatrices estiment ainsi que la mission de socialisation n’est «pas suffisamment développée ni soutenue politiquement» et qu’elle demeure de l’initiative propre des responsables de structures d’accueil.

Des alternatives existent

David Payot souligne tout de même que «l’offre a sensiblement augmenté à Lausanne depuis vingt ans, que ça va se poursuivre et que le taux de couverture est presque deux fois plus élevé que pour l’ensemble du canton».

Si elle «ne souhaite pas prendre position sur une question qui relève de la politique lausannoise», Sylvie Lacoste précise qu’il existe aussi des structures à temps d’ouverture restreint, comme les jardins d’enfants ou les haltes-garderies. Lausanne en possède quatorze pour près de 190 places. «Ce dispositif parallèle est ouvert cinq à dix demi-journées par semaine et non en continu mais il n’est pas régi par les mêmes priorités. Également subventionné par la FAJE, il est axé sur la socialisation et pas essentiellement sur la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.» (24 heures)

Créé: 22.05.2019, 19h13

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