Un quartier se bat contre deux immeubles d'Unia

LausanneUn projet de construction suscite la grogne des riverains. Ils déplorent la perte d’espaces verts et l’attitude de la Ville

Sur l'actuelle place de jeux, les gabarits dessinent l'emprise de l'un des deux immeubles projetés. Les habitants des bâtiments alentours se battent pour conserver cet espace.

Sur l'actuelle place de jeux, les gabarits dessinent l'emprise de l'un des deux immeubles projetés. Les habitants des bâtiments alentours se battent pour conserver cet espace. Image: Vanessa Cardoso

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Pierreval craint de manquer d’air. Des habitants de ce quartier lausannois, situé entre les avenues du Mont-d’Or et de Montoie, s’opposent à un projet de construction du syndicat Unia. Ils déplorent le fait que celui-ci détruise «un poumon vert au profit d’un entassement d’immeubles». Surtout, ils estiment avoir été «roulés dans la farine» par la Municipalité.

L’histoire débute en janvier 2015. Propriétaire de plusieurs parcelles dans le quartier de Pierreval, Unia annonce aux riverains vouloir construire deux immeubles au milieu de quatre bâtiments déjà existants. Ces logements doivent prendre la place d’un parking et d’une aire de jeu. Considérant que ces deux espaces constituent «un beau dégagement au centre du quartier» et bien décidés à les préserver, les voisins se constituent en une association de sauvegarde. «Cette dernière a fait opposition au projet en son nom et au nom de 264 habitants», expliquent les membres. Le propriétaire d’une parcelle voisine fait de même.

«Nous avons ensuite rencontré le syndic, Grégoire Junod, à l’été 2016. Il nous a expliqué que, pour des raisons historiques, la Ville possédait un droit de regard sur ce terrain, racontent les riverains. De ce fait, M. Junod a indiqué qu’il pouvait autoriser la construction d’un seul bâtiment, au lieu des deux prévus, en cas de retrait des oppositions.» Les voisins posent deux conditions: ils se retireront si la place de jeux est préservée et contre la garantie qu’un second immeuble ne soit jamais construit. Une année passe avant que la Municipalité ne leur notifie, en août 2017, qu’elle a finalement autorisé le projet initial, avec deux bâtiments.

Compromis refusé

«J’avais proposé une solution de compromis consistant à ne faire qu’un immeuble, proposition acceptée par les voisins. Malheureusement, la société propriétaire n’en a pas voulu et a maintenu sa demande de permis pour les deux immeubles, répond Grégoire Junod. Dans ces conditions et en l’absence d’éléments patrimoniaux, la Municipalité s’en est finalement tenue à l’analyse du projet et à sa conformité au PGA. Cela dit, je peux comprendre l’amertume de certains voisins qui avaient fait un pas vers une solution de compromis.» L’élu précise que le projet d’Unia prévoit également une place de jeux. «Nous avons l’impression d’avoir été arnaqués, la Ville a sans doute voulu temporiser alors que la décision était déjà prise, glisse l’association. Dès le départ, la Municipalité nous a expliqué qu’elle était favorable au projet car il doit permettre de compenser les pertes de logements engendrées par les travaux autour de la gare.» Le syndic confirme cette ambition initiale, et précise: «La Ville a exigé qu’un des deux immeubles bénéficie de loyers abordables avec un contrôle des loyers et puisse en priorité être réservé à des locataires affectés par le chantier de la gare. Dans les faits, le projet ayant également pris du retard, il s’agit d’abord d’une compensation en nombre.» Des solutions ont entre-temps été trouvées pour les locataires de la rue du Simplon, sous-gare.

Recours déposé

Faute de moyens financiers, les riverains ont renoncé à poursuivre la procédure judiciaire. Ils soutiennent par contre pleinement le propriétaire voisin puisque ce dernier a déposé un recours auprès du Tribunal cantonal.

Quelle que soit l’issue du dossier, certains opposants aimeraient faire réfléchir autour de la densification. «Si les immeubles se font, tant pis pour notre quartier, mais ça illustrera les ambiguïtés de la LAT. Les gens ont voté pour préserver des paysages mais la sauvegarde des espaces urbains est trop peu prise en compte. Ici nous allons perdre un dégagement, une vue, de la lumière et de nombreux arbres.» (24 heures)

Créé: 23.12.2017, 12h27

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