Le premier «quartier WWF» se dessine à Romanel

DensificationLe promoteur Implenia innove avec son projet de quelque 650 logements, qui serait le plus «durable» de Suisse.

Implenia compte construire un quartier avec la certification One Planet Living dans la zone dite au Brit, à Romanel-sur-Lausanne Image: Philippe Maeder

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Pas encore d’images ni de plan des futurs bâtiments prévus dans la zone dite au Brit, à Romanel-sur-Lausanne. Mais une présentation publique mardi dernier dans la salle communale de Prazqueron, devant un public d’une bonne centaine de personnes qui n’ont pas perdu une miette des principes exposés par le promoteur du futur quartier, l’entreprise Implenia, et par le WWF. Ce dernier accompagne ce projet dans le but d’obtenir la certification One Planet Living (OPL). Ou comment réduire drastiquement la consommation d’énergie, la production de déchets, le gaspillage d’eau et éviter la perte de biodiversité lors de la construction et de l’exploitation d’un ensemble urbain.

Depuis 2009

L’idée de construire un grand quartier au Brit n’est pas nouvelle. En 2009, un concours lancé par les propriétaires des terrains avait abouti à une première présentation. Et suscité des réactions pas toujours amicales chez certains Romanellois, qui ne voyaient pas d’un bon œil l’arrivée programmée de 1200 nouveaux concitoyens, même à long terme.

Les autorités communales avaient pourtant mis en place toute une série de garde-fous pour s’assurer que rien ne se ferait si les infrastructures (transports publics, notamment) ne se développaient pas. Puis la révision de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire est venue bloquer, vers 2012-2013, toute réalisation rapide du projet.

Aujourd’hui, c’est Implenia qui a repris le flambeau, toujours accompagné du bureau d’architectes et urbanistes CCHE, gagnant du premier concours. Le nouveau promoteur travaille main dans la main avec le WWF pour poser les bases d’un écoquartier de quelque 650 logements, allant plus loin dans le développement durable que ce qui s’est fait jusqu’ici en Suisse.

Label mondial

Le label OPL est un concept inventé par le WWF et l’organisation BioRegional. Il tire son origine d’un écoquartier urbain pionnier dans le sud de Londres, BedZED, composé de 100 maisons et achevé en 2002. D’autres projets de quartiers et bâtiments OPL se sont réalisés ou ont émergé depuis. Mais le Brit est le premier en Suisse à se lancer officiellement dans la démarche avec l’appui du WWF.

Pour pouvoir le faire, explique Catherine Martinson, membre de la direction suisse de l’organisation environnementale, cinq conditions préalables doivent être remplies: le projet doit se situer dans une zone de planification urbaine, prévoir une densité d’occupation du sol correspondant aussi à une zone urbaine, être sur un axe de transports publics fort (incarné à Romanel par le train LEB et ses deux haltes sises au bord du futur quartier), proposer une mixité entre activités et habitation ainsi qu’entre les types de logements, et il ne doit pas porter atteinte ou faire disparaître des biotopes reconnus ou des surfaces agricoles fertiles.

Un agriparc

Une fois ces prérequis vérifiés, il reste à travailler sur dix principes de base, comme l’idée du «zéro déchets», ou celle de limiter à 20 km la distance moyenne parcourue journellement par chaque résident, grâce à des commerces et des services de proximité, ou encore de privilégier l’alimentation locale. «Une des idées nouvelles développées par le bureau CCHE consiste à utiliser la zone inconstructible qui se trouve sous la ligne à haute tension pour créer un agriparc», note Thomas Jomini, responsable du développement immobilier au niveau romand chez Implenia. De quoi fournir au Brit des légumes et «éduquer» ses habitants à l’agriculture durable, avec une ferme, des jardins familiaux, etc.

En 2030

La Municipalité de Romanel et les acteurs du projet ont déjà donné rendez-vous aux personnes intéressées en février afin de lancer des ateliers participatifs qui devraient conduire à préciser les contours et les détails du projet. Thomas Jomini estime pour sa part que le Brit devrait se réaliser en quatre étapes à partir de 2018 et jusqu’en 2030.

«Je ne veux pas doucher cet optimisme, note le syndic Edgar Schiesser. Mais il faut compter avec la lenteur des procédures. Et il faudra trouver le financement, entre communes, Canton et Confédération pour réaliser certains compléments indispensables, comme un dénivelé avec la route passant sous le train pour l’accès au Brit. Notre commune n’a pas des ressources aussi grandes que d’autres dans le canton. Et ce n’est d’ailleurs pas forcément aux communes de payer cela.»

Il a ajouté que le plan existait par contre pour faire quasi doubler la capacité du LEB d’ici à la réalisation du Brit et d’autres nouveaux quartiers, à Romanel et dans l’enclave lausannoise de Vernand, entre Romanel et Cheseaux. (24 heures)

Créé: 10.12.2015, 17h08

A Orbe, la Municipalité et un promoteur voudraient bien un label WWF eux aussi

Ce dimanche, à Orbe, on vote sur un nouveau quartier planifié de concert entre un promoteur, Avni Orllati, et la Municipalité urbigène. Et combattu par des habitants de la Cité des deux poissons qui ne veulent pas de ce projet. La réalisation est prévue sur la zone dite Gruvatiez-En Lavegny, avec à terme 1200 nouveaux habitants (dont 2,5% de logements subventionnés) et 200 emplois. Plus la perspective que le système de trains régionaux à forte fréquence (RER) arrive à Orbe. Et lors des débats publics sur cet objet de vote, les partisans de Gruvatiez ont soudainement affirmé qu’ils visaient une certification One Planet Living. Celle-là même que le WWF et Implenia recherchent pour le futur quartier du Brit à Romanel-sur-Lausanne. «Nous avions cette idée déjà avant que l’on sache qu’on allait avoir un référendum, affirme Henri Germond, municipal de l’Urbanisme. On voulait aller plus loin, écologiquement, que ce que la loi impose. Et le promoteur était d’accord. Un contact a été pris avec le WWF.» «Nous n’avons pour l’instant que fourni des renseignements, il n’y a a pas eu d’analyse poussée pour savoir s’ils répondent aux critères d’éligibilité pour entamer la démarche, répond Catherine Martinson, membre de la direction du WWF Suisse. Nous analyserons la situation et le potentiel de ce quartier une fois connu le résultat du référendum.»

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