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Le quartier de villas craint la densification à Crissier

Une centaine de riverains s’insurgent contre la création de 280 logements. Une première dans une commune qui multiplie les projets.

Le quartier des Uttins est pensé pour accueillir 485 habitants et 50 emplois. Il sera mis à l’enquête en avril, après avoir fait l’objet d’un concours d’urbanisme en 2016.
Le quartier des Uttins est pensé pour accueillir 485 habitants et 50 emplois. Il sera mis à l’enquête en avril, après avoir fait l’objet d’un concours d’urbanisme en 2016.
CCHE ARCHITECTES

Pour l’instant, ce n’est qu’un terrain rempli d’herbes folles, non loin du vieux village de Crissier. Depuis les terrasses des villas en surplomb, la vue sur l’Ouest lausannois est imprenable. Mais cela pourrait bientôt changer. D’ici à 2020, il est prévu de construire un nouveau lotissement d’immeubles précisément à cet endroit. À terme, il pourra accueillir 485 habitants et 50 places de travail. Le plan de quartier des Uttins doit être mis à l’enquête en avril, mais déjà les riverains fourbissent leurs armes.

«Les immeubles construits en haut de la pente profiteront de la vue. Mais plus les habitants du quartier existant. Ils n’ont pas été pris en compte dans la réflexion», explique André Tharin. Avec un groupe d’habitants des villas alentour, il a déjà rassemblé plus d’une centaine de signatures de personnes prêtes à faire opposition.

«Respecter l’homogénéité»

André Tharin refuse de parler de fronde: «Nous ne sommes pas contre l’idée de développer, mais il n’est pas nécessaire de construire de cette manière à cet endroit sachant que la zone alentour est de faible densité. Il faut respecter cette homogénéité.» Une telle résistance n’en est pas moins une première pour Crissier, alors même que dans d’autres communes de l’Ouest lausannois plusieurs associations s’activent depuis quelques années pour contrer divers projets d’urbanisation.

En termes de développement urbain, la ville n’a pourtant rien à envier au reste du district. Forte d’un peu plus de 8000 habitants aujourd’hui, elle multiplie les plans de quartier avec, à la clé, l’arrivée de quelque 3800 habitants supplémentaires d’ici une petite décennie (voir ci-contre). Avec une capacité de près de 500 habitants, le quartier des Uttins n’est de loin pas le projet le plus ambitieux. Alors pourquoi ce réveil? «Les autres quartiers en projet à Crissier concernent des friches industrielles situées loin des habitations, analyse le syndic, Stéphane Rezso. Dans ce cas-là, c’est différent. Les riverains nous ont promis la bataille depuis le début! Nous nous attendons à recevoir des oppositions.»

Terrains en mains publiques

«Avec ce qui se construit ailleurs à Crissier, il n’y a aucun besoin de développer autant le quartier des Uttins», défend André Tharin. Le son de cloche est différent du côté du syndic: «Les opposants voudraient que l’on ne construise que des villas. Nous essayons de leur expliquer que la loi sur l’aménagement du territoire est passée par là et qu’il faut densifier.» Sur ces terrains, qui sont pour la plupart aux mains de la Commune et du Canton, il est en effet prévu de construire des locatifs allant jusqu’à quatre étages, avec des loyers abordables. «Nous ne pouvons pas envisager de construire des logements de luxe», justifie Stéphane Rezso.

En gestation depuis 2012

Le projet est en gestation depuis 2012 déjà et un crédit d’étude a été voté par le Conseil communal l’année suivante. André Tharin épingle toutefois le manque de consultation directe avec la population et les riverains: «Il y a eu une présentation publique en 2016 à l’issue du concours d’urbanisme. C’était la première fois que la Commune communiquait, mais le projet était déjà ficelé. Ça a été un tollé!» Il relève amèrement que la Commune s’est dotée d’une charte d’urbanisation qui prévoit d’impliquer la population dans des démarches participatives, mais sans la respecter. «Ils exagèrent, réplique Stéphane Rezso. Nous avons beaucoup discuté avec eux.» Une rencontre au moins a été organisée à l’été 2016 entre la Municipalité et quelques riverains, sans faire bouger les fronts. La mise à l’enquête promet une première bataille.

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