Passer au contenu principal

Les questions pleuvent sur la Ferme des Tilleuls

Le tout jeune lieu de culture renanais est épinglé par la commission de gestion. Un dépassement de crédit est annoncé.

La belle maison de maître transformée en espace culturel n’attire pas assez de monde, selon la commission de gestion.
La belle maison de maître transformée en espace culturel n’attire pas assez de monde, selon la commission de gestion.
FLORIAN CELLA

«La Ferme des Tilleuls est un endroit magique!» Après avoir visité le nouveau lieu de culture de Renens, bien des curieux partageront l’avis de Marianne Huguenin, ancienne syndique et initiatrice de l’institution. Il y a un an tout juste, cette belle maison de maître s’est muée en un espace bigarré qui pique la curiosité avec ses expositions originales et un programme d’activités débordant. Il n’empêche: les plus beaux projets ont leurs crises de jeunesse, et la Ferme des Tilleuls ne fait pas exception. Lors du dernier Conseil communal de Renens, jeudi passé, la commission de gestion (COGEST) a présenté son rapport sur la gestion de la Ville en 2017. Et force est de constater que les questions, voire les critiques, sur l’institution culturelle sont nombreuses.

Les grincements de dents se concentrent en particulier sur sa fréquentation, perçue comme décevante. Dans ses observations, la COGEST estime notamment que la publicité est insuffisante et que davantage d’efforts doivent être consentis pour faire connaître la Ferme des Tilleuls. Elle demande entre autres qu’elle soit mieux référencée sur Google Maps et qu’elle soit plus visible depuis ses abords. La commission relève également l’absence de parking, qui pourrait expliquer un public plus maigre que prévu.

Quiproquos lors des travaux

Mais la COGEST épingle aussi la gestion des travaux réalisés sur la maison de maître. De fait, un dépassement de crédit a été annoncé ce printemps par la Municipalité, sans plus de détails. «Les coûts prévus étaient de 5,3 millions de francs. Nous parlons aujourd’hui de 6,6 millions pour l’ensemble du site, soit un dépassement de 1,3 million», précise aujourd’hui le syndic, Jean-François Clément.

Un préavis annoncé pour cet automne devra détailler les raisons de ce surcoût. Mais le rapport de la COGEST s’étonne de malentendus qui auraient émaillé les rénovations du bâtiment. Ainsi, il serait apparu tardivement que l’ensemble de l’édifice était classé et non une seule de ses façades. Il a donc fallu remplacer plusieurs fenêtres qui n’étaient pas adaptées aux normes.

«Nous n’avons notamment pas pu faire toutes les visites nécessaires sur le site avant les travaux, car les locaux étaient squattés à l’époque», explique notamment le syndic. La réponse de la Municipalité aux observations de la COGEST relève par ailleurs que les cadres déjà installés ont pu être réutilisés. Jean-François Clément l’admet toutefois: «Nous avons insuffisamment budgétisé certains travaux et sous-évalué la rubrique divers et imprévus.» La commission tance en tout cas vertement la Municipalité dans son rapport: «(La COGEST) se demande comment il est possible que, pour un projet d’une telle envergure, ces travaux aient été traités en apparence si sommairement.»

Grandes attentes

Le fait que la Ferme des Tilleuls soit gérée par une fondation et non directement par la Commune a aussi été source d’incompréhension pour la COGEST, qui ne pouvait obtenir toutes les réponses qu’elle espérait, un sentiment attisé par le fait qu’une subvention de 300'000 francs est versée chaque année. Lors du Conseil communal, la Municipalité a dû rappeler qu’elle pouvait essentiellement relayer les observations de la commission et que la surveillance des fondations est assurée par un organe distinct, au niveau cantonal.

Après les longs débats qui ont animé la séance du Conseil communal, le président de la COGEST, Simon Favre, calme le jeu: «On donne l’impression de s’être acharné. C’est avant tout le signe que le sujet nous passionne. Nous avons maintenu nos observations afin de garder la discussion ouverte et assurer un suivi.»

«Cela montre qu’il y a une énorme envie que tout marche mieux dès le début du projet»

Marianne Huguenin, qui préside désormais la Fondation de la Ferme des Tilleuls, se dit frappée par l’ampleur des critiques, questions et suggestions. Mais elle aussi tempère: «Cela montre qu’il y a une énorme envie que tout marche mieux dès le début du projet. C’est positif, mais, en même temps, cette tâche est difficile, car nous disposons de moyens limités.»

Selon elle, des discussions sont en cours pour créer des places de parking, et la fondation proposera une rencontre à la COGEST dans le courant de l’année. S’agissant de la fréquentation, elle aurait été de 6000 personnes en six mois d’ouverture environ, y compris les élèves de 33 classes d’école. «C’est beaucoup pour un tout nouveau lieu», juge Marianne Huguenin, qui estime qu’il faudra environ trois ans pour que la Ferme atteigne son rythme de croisière. «Il faut qu’un maximum de gens contribuent à la faire connaître, entre autres par le bouche-à-oreille!» conclut-elle.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.