Des «quotas» pour régler les sorties scolaires à Lausanne

GratuitéUne grille par type de sorties et niveau scolaire a été distribuée aux profs.

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L’école gratuite à la mode lausannoise prend doucement forme. Les établissements et enseignants de la ville ont reçu, fin octobre, un document qui clarifie combien et quels types de sorties les classes peuvent effectuer, selon leur niveau. Une forme de réponse à l’interpellation qu’avait déposée le socialiste Benoît Gaillard, complétée par une réponse officielle de la Municipalité.

Celui-ci s’interrogeait sur les conséquences concrètes de l’arrêt du Tribunal fédéral réaffirmant que les parents n’ont pas à payer pour les activités liées à la scolarité de leurs enfants. Pour en arriver à des «quotas», selon le terme de David Payot, municipal des Écoles, un long processus de recensement de ce qui se faisait dans chaque école a dû être réalisé. Dans sa réponse, la Ville pointe les «sorties pédagogiques ponctuelles», par exemple les visites de musée ou encore les concerts. Et les «sorties de classe sur un ou plusieurs jours». Sont exclus, souligne David Payot, les déplacements pour des activités purement de l’ordre du planning scolaire, mais nécessitant de se rendre ailleurs dans la ville. À la piscine par exemple. «On ne va évidemment pas pénaliser les établissements éloignés de certaines infrastructures», assure David Payot.

Des activités «gratuites et régionales»

On apprend ainsi que les petits Lausannois peuvent effectuer «deux ou trois activités pédagogiques, une visite aux fermes pédagogiques en primaire et une course d’école par année, deux camps durant la scolarité primaire et deux camps durant la scolarité secondaire», disent les documents de la Ville. Les établissements sont en outre incités à privilégier «en priorité» les sorties organisées par la Ville de Lausanne, qu’elles soient d’ordre culturel, de sensibilisation à l’environnement ou encore d’éveil à la citoyenneté par exemple. Ils doivent choisir des activités «gratuites et régionales». À noter que le catalogue lausannois compte 2000 sorties de ce type. «Si les parents le pouvaient, certains enseignants organisaient des sorties ludiques à 25 francs l'entrée, dit David Payot. C’est clair que maintenant cette dynamique change. Cela me paraît mieux respecter la logique actuelle et celle qui existait auparavant.»

Pour ce qui est des activités que l’école organise d’elle-même, un montant fixe par élève a été déterminé. Pour les courses d’école, 5 francs par élève; pour les camps sportifs, 320 francs par élève (contribution des parents comprise) et, pour les voyages d’étude, 380 francs par élève (contribution des parents comprise). Au budget de la Ville, le surplus de ces changements est chiffré à 400'000 francs sur un total qui passe à 4,5 millions de francs à la charge de la Commune.

Mais «le casse-tête est finalement peut-être plus organisationnel que financier», poursuit l’élu. Dans sa réponse, il résume: «La Ville de Lausanne se trouve donc amenée à assurer le suivi financier d’un nombre d’activités considérable, et dont elle n’avait pas forcément connaissance, puisque les établissements pouvaient jusqu’à présent en financer une grande partie par la participation des parents.»


Questions à Barbara de Kerchove, cheffe du service des écoles

Qu’est-ce qui va changer, pour les élèves lausannois ?

L’objectif, c’est que rien ne change. Mais j’aimerais rappeler le contexte dans lequel ce document a été remis aux enseignants. Il y a eu l’arrêt du tribunal fédéral, les dispositions vaudoises et la transmission de la décision de la cheffe du département le 22 août dernier. Il a fallu aller très vite et le dossier est beaucoup plus complexe qu’il n’en a l’air. Parce que jusqu’à maintenant, une grande part des sorties était organisée par les enseignants uniquement, qui faisaient appel au porte-monnaie des parents. Il a donc tout d’abord fallu comprendre ce que cela représentait. Faire un grand recensement des activités organisées par les écoles à l’attention des 14'000 élèves lausannois.

Et quels sont les constats de ce recensement ?

Il a surtout montré que la notion de sortie scolaire était floue ! Il ne faut pas confondre les activités courantes, comme la bibliothèque ou la piscine avec les activités pédagogiques ponctuelles, comme les visites de musées ou les journées à la ferme. L’exercice a été itératif et complexe.

Avez-vous mis le doigt sur de vrais écarts entre les pratiques des enseignants ?

Il y a toujours eu des enseignants plus dynamiques que d’autres, selon les domaines. C’est aussi le reflet de cultures d’établissement différentes. Mais on n’observe pas de disparités flagrantes entre les plus ou les moins actifs.

Les enseignants conservent donc toute leur liberté pour leurs sorties ?

Tant que les parents ne doivent pas payer, oui. Pour certains, cette nouvelle donne va représenter une diminution, mais c’est pour atteindre plus d’équité globale entre les élèves. Nous devons tous tirer à la même corde pour nous adapter à cette jurisprudence. Il n’a jamais été notre intention de remettre en question les sorties. Elles ont tout leur sens. Et ce n’est de toute manière pas le rôle de la ville de juger les établissements sur le type d’activités qu’ils proposent. Au maximum, nous avons pu identifier différentes cultures d’établissements. Elles ont toujours existé et c’est normal. Aller dans trop de détail, ce serait priver les enseignants de leur liberté pédagogique.

L’école gratuite, c’est donc un chantier réglé ?

Non, nous ne sommes pas au bout. Et nous l’avons clairement dit aux enseignants lorsqu’ils ont reçu le document qui liste les modalités d’application de cet arrêt du TF. Nous sommes en test, en période de transition et il faudra évaluer les dispositions proposées. C’est aussi pour cela que nous n’avons pas communiqué trop largement les mesures prises récemment.

Créé: 19.11.2019, 18h31

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