En rade à Lausanne à cause de Donald Trump

VaudUne chercheuse iranienne de l’EPFL devait s'installer aux Etats-Unis. Elle fait les frais du décret anti-immigration signé par le président américain.

Samira Asgari a été refoulée d’un vol Francfort-Boston alors que son visa venait d’être émis.

Samira Asgari a été refoulée d’un vol Francfort-Boston alors que son visa venait d’être émis. Image: DR

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«On avait quitté nos jobs. On avait rendu l’appartement et vendu les meubles!» Samira Asgari et son petit ami suisse avaient tout préparé pour leur installation aux Etats-Unis. Samedi, ils devaient embarquer à Francfort sur un vol à destination de Boston. Les voilà de retour à la case départ à Lausanne. La faute à Donald Trump.

Cette jeune chercheuse en génomique, engagée jusqu’à récemment à l’EPFL, est l’une des victimes d’un décret anti-immigration signé vendredi par le président américain. Avec effet immédiat et pour trois mois, celui-ci interdit l’entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, parmi lesquels l’Iran.

Samira devait commencer un programme de recherche post-doctoral à la Harvard Medical School de Boston dans sa spécialité après avoir fait sa thèse à l’EPFL. «Mon visa était prêt dès la semaine dernière, assure la jeune femme. Je suis allée le chercher à l’ambassade vendredi, et le soir même Donald Trump a signé son décret! Nous étions extrêmement stressés, mais nous ne savions pas si cela aurait des effets immédiats.»

Samedi, elle embarque sans encombre à Genève sur un vol Lufthansa avec escale à Francfort. C’est là que les choses se gâtent. «Nous devions prendre notre connexion, mais à la porte d’embarquement, on m’a dirigée vers un homme qui n’était pas de la compagnie aérienne, raconte Samira. Il m’a dit que mon visa n’était plus valable, qu’il avait été émis par les Etats-Unis et qu’ils pouvaient changer d’avis quand ils voulaient.»

Les bagages de la jeune femme ayant déjà été débarqués, elle a dû se résoudre à prendre un vol retour vers la Suisse. «J’étais choquée, et encore maintenant! Sur le moment, je ne pouvais pas y croire.» La frustration, aussi, est énorme: «J’avais travaillé vraiment dur pour obtenir ce poste à Boston. Maintenant, je ne sais tout simplement pas ce que je vais faire.» Le couple est pour l’instant logé chez le père de son compagnon. «J’ai reçu beaucoup de messages de mes amis iraniens, à Lausanne, et de tous mes collègues de l’EPFL. Ils me proposaient de m’héberger le temps de trouver une solution plus stable. Pour l’instant, j’essaie de me concentrer sur ça.»

En principe, le visa de Samira court jusqu’à fin avril. Elle espère donc que la situation se détendra ces prochaines semaines afin de pouvoir encore l’utiliser. Mais rien n’est moins sûr. «Si je peux repartir, bien sûr que j’irai. Je voyais les Etats-Unis comme un pays ouvert et rempli d’opportunités. Cette image a changé, mais il y a toujours de grandes universités là-bas et des gens formidables», conclut la jeune femme. Son histoire a rapidement fait le tour du monde ce week-end après qu'elle l'a relayée sur Twitter.

Créé: 30.01.2017, 07h33

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