La reine des marionnettes en son castelet de Pépinet

LausanneLe Théâtre des Lutins enchante les petits depuis 2004. Rencontre avec l’âme créatrice du lieu, Marie-Jeanne Plaar-Meurice.

Marie-Jeanne Plaar-Meurice pose dans son théâtre de poche, au centre-ville de Lausanne. Écriture, mise en scène, décors, personnages; elle crée tout elle-même. Le prochain spectacle a pour cadre un atelier de cordonnier, entre autres.

Marie-Jeanne Plaar-Meurice pose dans son théâtre de poche, au centre-ville de Lausanne. Écriture, mise en scène, décors, personnages; elle crée tout elle-même. Le prochain spectacle a pour cadre un atelier de cordonnier, entre autres. Image: VANESSA CARDOSO

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Sur le mur, des personnages tout droits sortis d’un conte montrent le chemin aux passants qui traversent Pépinet. Dans un coin discret de la place se niche ce qui doit être le plus petit théâtre de la ville, celui des Lutins.

Le royaume des marionnettes ne propose que 35 sièges; il accueille tout de même 2500 visiteurs par an pour deux spectacles sortis de l’imagination de Marie-Jeanne Plaar-Meurice. «C’est un lieu douillet, un peu caché, un peu magique. Cela va bien avec l’esprit des marionnettes: de la poésie et du rêve.»

Du 100% fait main

La maîtresse du castelet invite ici petits et grands depuis 2004. «Beaucoup d’adultes n’osent pas venir sans enfants, s’étonne-t-elle. Pourquoi pas? Il suffit de vouloir plonger dans le monde du fantastique et du merveilleux.»

La Lausannoise ne se contente pas d’écrire les histoires et de les jouer. Elle crée tout: bande-son, lumière, mise en scène, décors peints… Les fameuses marionnettes sont fabriquées sur mesure pour chaque spectacle. Comptez une quinzaine d’heures de travail. «Chaque visage a une histoire. Avant de les créer, je dois faire connaissance avec ces personnages. Quelle tête il aura? Quel caractère profond? Leurs expressions et leur costume doivent le traduire très clairement.»

Lorsque le spectacle est prêt, Marie-Jeanne Plaar-Meurice se glisse derrière le rideau pour donner vie aux fées, aux monstres et aux géants. «C’est sportif. Je fais ma piste Vita derrière le castelet. À la fin, les enfants se précipitent pour voir. Ils ne sont pas dupes mais on ne sait jamais: et si ces marionnettes étaient bien vivantes?»

«J’avais 53 ans quand j’ai décidé de tout plaquer. Il n’est jamais trop tard pour choisir sa vie. De quoi aurait-on peur, au fond?»

C’est pour son fils qu’elle a fait sa première marionnette. «Il ne parlait pas. Je me suis demandé ce que je pouvais faire pour l’«ouvrir». Cela s’est fait miraculeusement, par l’intermédiaire des marionnettes. Une phrase est sortie. Incroyable.» Le personnel de la garderie, séduit, invite la maman à faire des spectacles. Le bouche-à-oreille fait son œuvre et bientôt, la professeure de dessin enchaîne les représentations dans les garderies du canton. «À un moment, il a fallu choisir entre mon métier et les marionnettes. J’avais 53 ans quand j’ai décidé de tout plaquer. Il n’est jamais trop tard pour choisir sa vie. De quoi aurait-on peur, au fond?»

En 2003, son fils déniche ce local au centre-ville et l’encourage à se lancer. Le théâtre de marionnettes trouve rapidement son public. «Les enfants ont besoin de rêve», sourit Marie-Jeanne Plaar-Meurice.

Un atelier surprenant

Ses spectacles véhiculent des messages éducatifs qui lui sont chers. «Je suis très sensible à l’injustice. Les enfants aussi. Ils défendent la personne qui est en difficulté.» Comme dans cette histoire du cuisinier bossu exploité par son chef. Ou dans celle de la petite fille timide harcelée par trois camarades. «Je veux qu’ils ressentent des émotions. C’est le plus important pour être pacifique. Cela va avec l’idée de respect de soi, des autres et de son environnement.»

Elle espère ainsi «semer des graines pour apprendre à grandir. Il faut laisser le temps aux enfants d’être enfants. La vie doit s’ouvrir comme une fleur, pas plus vite. On dit souvent qu’un enfant est une page blanche. Remplissons-la avec des beaux mots, de la belle musique et des visages.»

Dans sa dernière création Trottine Bottine (à découvrir dès le 24 mars) il sera question d’un cordonnier, d’un lutin exauçant les souhaits, d’un brigand, d’un géant, d’une princesse et d’un garçon nommé Théo qui multiplie les aventures et «finit par se sentir bien dans ses bottes».

Marie-Jeanne Plaar-Meurice prépare aussi un conte écologique mettant en scène «des destructeurs de la nature». Elle y planche tous les jours dans son atelier, juste au-dessus du théâtre. Un lieu surprenant peuplé de dragons, de fées et d’oiseaux d’or, doté d’une table ronde, façon carnotzet, pour recevoir les amis de passage. «C’est un bonheur, ce petit monde! conclut la directrice. Un bonheur que je partage avec les gens, sinon il n’aurait pas de sens.» (24 heures)

Créé: 15.03.2018, 07h57

Prochain spectacle

Trottine Bottine, du 24 mars au 9 juin, les mercredis et samedis. Rue Petit -Saint-Jean 1A. Infos et réservations: www.theatre-des-lutins.ch
et 021 323 34 43.

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