A Renens et Prilly, les partis sont à l’aise avec les tours

UrbanismeAvec des bémols, le plan de quartier Malley-Gare suscite l’adhésion. Un référendum pourrait ouvrir le débat.

Malley-Gare est le premier plan de quartier soumis aux élus locaux pour la revalorisation de la friche. Il y en aura d’autres.

Malley-Gare est le premier plan de quartier soumis aux élus locaux pour la revalorisation de la friche. Il y en aura d’autres. Image: Philippe Maeder

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est sans doute le projet d’urbanisme le plus ambitieux de l’Ouest lausannois. La renaissance de la friche de Malley tient son premier plan de quartier, baptisé «Malley-Gare». Il sera au menu des prochains Conseils communaux de Prilly et de Renens. Autrement dit, après la réflexion, place aux décisions politiques. Et si, pour les élus des deux assemblées, il n’y a pas de fronde en vue contre le projet, les poils à gratter ne manquent pas pour autant.

Pas trop le vertige

La perspective de construire des tours à Malley ne donne pas d’emblée l’urticaire à tout le monde. Mais la prudence est de mise. Le plan de quartier permet tout de même un immeuble de 77 mètres maximum sur le territoire de Prilly, et un de 63 mètres côté Renens. C’est aux extrêmes que les réticences sont les plus fortes. Les sections UDC n’y sont pas favorables, tandis qu’à la Fourmi rouge renanaise les avis sont décrits comme «très partagés». Les autres partis se montrent moins farouches, surtout le PLR. «Une densification comme celle de Malley s’accompagne nécessairement de tours», estime ainsi Antoine Reymond, président de la section prillérane, à l’unisson de son homologue renanais, Pascal Golay. Le principe de «densifier par le haut» est aussi soutenu à gauche, chez les socialistes et les Verts. Il n’y a là pas d’objection fondamentale à des tours, en particulier à cet endroit, mais aussi sachant qu’un concours architectural doit encore garantir qu’elles auront un visage présentable.

C’est au niveau de l’agencement du quartier que les questions commencent à poindre plus largement. Ainsi, la présidente des socialistes de Renens, Patricia Zurcher Maquignaz, ne cache pas son inquiétude, voyant la répartition à 40% de logements et 60% de surfaces dévolues aux activités: «Des bureaux vides seraient un signal très négatif.» Du côté de la droite, le PLR Pascal Golay a un tout autre regret, à savoir que le projet fixe à 50% la part des logements subventionnés et à loyers contrôlés: «Renens ne doit pas être la capitale du social. 30% seraient mieux.» Les partis de gauche s’y montrent quant à eux largement favorables.

Gare aux bouchons

Au-delà des tours, c’est peut-être au niveau de l’accès au futur quartier que l’affaire devient plus épineuse pour les élus. Le fait est que Malley-Gare mise sur les transports publics beaucoup plus que sur la voiture. Pour 420 habitants et 630 postes de travail, il y aura 340 places de parc. Le PLR Pascal Golay estime que c’est trop peu, tandis que pour la socialiste Patricia Zurcher Maquignaz, le plan de quartier ne donne aucune solution au risque de congestion dans un secteur déjà souvent embouteillé.

Le PLR prilléran Antoine Reymond ne voit pas forcément la situation empirer: «Le quartier va attirer toute une catégorie de population qui veut vivre en ville et qui n’a pas forcément de véhicule.» Sur ce plan, il rejoindrait presque la Verte Rebecca Joly. Pour elle, le fait que le futur quartier joue à fond la carte des transports en commun est une vraie politique d’incitation: «Cela attirera des gens n’utilisant pas ou peu la voiture. De toute façon, on ne pourra pas se parquer!» A Prilly, les socialistes soutiennent le principe d’un accent sur les transports publics, d’autant qu’augmenter le trafic dans le secteur leur paraît difficile. A Renens, ils affichent davantage de scepticisme: «J’espère que les gens vont changer leurs habitudes, mais j’attends de voir», lance Patricia Zurcher Maquignaz.

Référendum en vue?

Si le plan de quartier semble bien parti pour être adopté, le calendrier des décisions est une autre source d’inconfort pour les élus. «C’est un gros objet et on l’aborde au pas de charge» déplore Patricia Zurcher Maquignaz. Autre souci: Le plan de quartier Malley-Gare ne concerne qu’une partie de la friche. C’est donc le premier, mais il y en aura d’autres dont les contours ne sont pas encore connus. Certains élus regrettent de ne pas avoir de vue d’ensemble. Suzanne Sisto-Zoller, de la Fourmi rouge à Renens illustre ainsi le problème: «Si on accepte des tours à Malley-Gare, puis d’autres à côté, puis encore à côté, ça nous fera une forêt de tours.»

Critiquer ce saucissonnage est justement l’un des chevaux de bataille d’une association locale, Avenir Malley, qui étudie la possibilité de lancer un référendum. Pour autant que cela ouvre le débat, l’idée ne déplaît pas à certains partis, à l’image des Verts de Prilly, qui pourraient demander eux-mêmes un référendum spontané.

Créé: 03.05.2016, 07h55

Le centre sportif de Malley s’apprête à mettre le turbo

La revalorisation de la friche n’est pas le seul dossier qui avance à grands pas à Malley. Du côté du projet de centre sportif, on aborde dès aujourd’hui l’étape de la mise à l’enquête. A l’issue d’un concours d’architecture, le visage du futur complexe avait été dévoilé en juin, comprenant notamment deux patinoires, une couverte et une extérieure, et plusieurs piscines intérieures. On connaît désormais plus précisément son coût, qui devrait s’élever à 229 millions de francs au maximum.

A la fin de l’année dernière, une étape importante avait déjà été franchie avec la mise à l’enquête du plan d’affectation cantonal (PAC) pour ce projet. Celui-ci doit être approuvé ces prochains jours par le Canton. Jean-Jacques Schilt, président du Centre Intercommunal de Glace de Malley (CIGM), affiche son optimisme. Selon lui, les quelques oppositions déposées contre le PAC ne constituent pas un obstacle, et la mise à l’enquête du projet ne devrait pas faire sortir du bois de nouveaux opposants: «C’est un match en deux mi-temps, mais la première était la plus importante», commente-t-il.

Pour l’instant, le calendrier des opérations est respecté, mais il reste particulièrement serré: le centre sportif doit être prêt pour les Jeux olympiques de la jeunesse début 2020. C’est d’ailleurs pourquoi les premières démolitions devront commencer en octobre, plus tôt que prévu initialement, avec notamment la patinoire couverte Odyssée. Pendant la saison 2016-2017, ses utilisateurs devront se tourner vers la patinoire de la Pontaise,
qu’il est prévu de recouvrir. Dès la première moitié de 2017, ce seront ensuite les patinoires principale et extérieure qui disparaîtront, laissant véritablement place au chantier de construction des patinoires. Objectif pour la fin des travaux: mi-2019.

Articles en relation

Turbo pour la nouvelle patinoire de Malley

Ouest lausannois Le projet de complexe comprenant notamment des patinoires et des piscines couvertes sera à l'enquête dès mardi. Plus...

Renens et Prilly avancent la première pièce du puzzle de Malley

Urbanisme Le plan de quartier Malley-Gare, première étape dans la transformation de la friche, va être soumis aux deux conseils communaux. Chaque commune verra pousser une tour Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.