Le renforcement d'UBS amorce la mue de Renens

EconomieD’ici 2030, la ville accueillera plus de 2500 postes de travail, dont 1000 seront amenés par les CFF.

D'ici à 2030, plusieurs plans de quartier amèneront 2680 emplois à Renens selon les projections de la Ville.

D'ici à 2030, plusieurs plans de quartier amèneront 2680 emplois à Renens selon les projections de la Ville. Image: Cyril Bays

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L’annonce a sonné comme une revanche pour les petites villes. La semaine dernière, UBS annonçait la relocalisation de 600 emplois à Bienne, essentiellement en provenance de Zurich, mais aussi l’implantation de 100 collaborateurs à Renens. Pour le chef-lieu de l’Ouest lausannois, c’est une bonne nouvelle, même si sur le papier aucun emploi ne sera créé.

Porte-parole d’UBS, Jean-Raphaël Fontannaz indique en effet que ces postes seront transférés d’autres sites en Suisse, sans en préciser la provenance. Il rappelle néanmoins que plus des deux tiers du personnel de la banque sont situés outre-Sarine. En somme, une partie des employés concernés pourrait être des Alémaniques peu enclins à déménager en Suisse romande.

En choisissant de délaisser Zurich, la banque a fait ses comptes. Les économies espérées sont de l’ordre de 12 à 20%. Mais pourquoi jeter son dévolu sur Renens? En réalité, UBS y est implantée depuis plusieurs années déjà, sur un site qui compte actuellement plus de 300 collaborateurs. «Nous disposions de locaux fonctionnels qui peuvent accueillir davantage d’employés», signale tout d’abord Jean-Raphaël Fontannaz. Une explication pragmatique qui ne l’empêche pas de relever d’autres atouts de la ville: «La région est dynamique et la présence des hautes écoles est une source intéressante de talents.» UBS compte-elle en bénéficier pour renforcer encore les effectifs de son site renanais à l’avenir? Sur le sujet, le représentant de la banque ne s’avance pas, mais il confirme qu’à l’heure actuelle une partie des surfaces de bureaux est louée à d’autres sociétés.

Développement planifié

UBS n’est pas la seule grande entreprise qui s’intéresse à l’ancienne cité ouvrière. On se souvient qu’en 2009, Orange – devenue Salt entre-temps – y avait implanté son siège, fort de plus de 500 employés. A l’avenir, l’arrivée de nouvelles entreprises et postes de travail se fera largement au rythme des nombreux quartiers qui sortiront de terre à divers endroits de la ville. D’ici à 2030, les nouvelles surfaces commerciales et de bureaux permettront d’accueillir plus de 2500 emplois, selon les estimations de la Commune.

Les CFF auront un grand rôle à jouer dans ce développement, puisqu’en 2020 ils installeront leur siège romand dans le futur quartier des Entrepôts, près de la gare, faisant migrer 1000 employés de Lausanne à Renens. L’ex-régie fédérale est également propriétaire d’une bonne partie des terrains des futurs quartiers de Malley et de Quai Ouest, qui accueilleront eux aussi des bureaux et des commerces.

«L’arrivée de ces postes de travail est un signal qui montre que Renens est attractive», estime le syndic de la Ville, Jean-François Clément, non sans relever qu’il n’y aura pas d’impact direct sur le taux de chômage local, actuellement de 6%. En effet, les places de travail ne seront pas forcément occupées par des Renanais. Par ailleurs, le siège des CFF n’amènera pas à la commune les recettes fiscales d’une entreprise classique. «Il y aura un effet important sur la dynamique locale, se réjouit le syndic, car ces employés consommeront à Renens, ce qui développera l’artisanat et le commerce.»

Quant à savoir quelles activités se développeront dans les futurs quartiers, ce sont les propriétaires, comme les CFF, qui en décideront: «Nous tâcherons d’être partenaires dans cette réflexion», espère l’édile. Pour lui, il s’agira de veiller à ce que les commerces et les services qui s’installeront viennent compléter, et non concurrencer l’offre locale existante.

Renens se développe, mais n’affiche pas d’ambitions démesurées, au risque de pousser dehors certains habitants et entreprises du cru: «Une partie de la population de Renens a des revenus modestes. Les logements, les activités et les infrastructures futures doivent être respectueux de l’ADN de cette ville», estime Jean-François Clément.

Créé: 05.06.2018, 12h36

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