«Le Comptoir n’est pas condamné à disparaître»

LausanneÀ neuf jours de l’ouverture de la 99e édition, Jean-Philippe Rochat évoque la situation, le rôle et l’avenir de la foire généraliste.

Le déménagement de la Halle aux vins au rez-de-chaussée des halles nord du Palais de Beaulieu en 2017 avait permis de créer un ensemble cohérent avec les caves et les produits du terroir

Le déménagement de la Halle aux vins au rez-de-chaussée des halles nord du Palais de Beaulieu en 2017 avait permis de créer un ensemble cohérent avec les caves et les produits du terroir Image: ARC - JB Sieber - a

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La 99e édition du Comptoir Suisse s’ouvrira dans un contexte particulier vendredi prochain à Lausanne. Entre l’annonce que l’organisation de la 100e édition n’était pas garantie et celle de la reprise du site et de sa gestion par une société anonyme en mains de la Ville de Lausanne, la vénérable manifestation sent le sol se dérober sous ses pieds. Président du conseil d’administration de MCH Beaulieu SA – l’organisateur de la foire –, Jean-Philippe Rochat, n’est toutefois pas encore prêt à écrire l’éloge funèbre du Comptoir.

Quel est votre état d’esprit à neuf jours de l’ouverture de la 99e édition du Comptoir?
Assez optimiste. Nous aurons cette année 336 exposants, soit neuf de plus que l’an passé. Cela montre que malgré les reproches et les critiques, cette foire a encore une raison d’être. Le programme d’animation est attrayant (voir encadré) et le conseil d’administration a décidé mardi d’attribuer des moyens supplémentaires pour la communication.

Mais avec ses trente concerts, dont celui de Bonnie Tyler, l’édition 2016 a montré que les moyens ne font pas tout…
La 97e édition nous avait effectivement laissés déboussolés. Et, au contraire, celle de l’an passé, organisée avec des moyens revus à la baisse, s’est conclue sur un succès d’estime. Cela montre que les exposants restent le premier pôle d’attrait d’une telle manifestation.

Que répondez-vous aux personnes estimant qu’il est temps «de tirer la prise»?
Je les entends, mais je pense qu’il faut se garder de toute décision hâtive. Une foire réunissant plus de trois cents exposants et attirant plus de 80 000 visiteurs payants (ndlr: précisément 83 300 entrées payantes l’an passé, auxquelles se sont ajoutées 25 000 entrées offertes), ce n’est quand même pas rien.

Mais le concept des foires généralistes s’essouffle. Bâle s’apprête d’ailleurs à vivre la dernière édition de sa MuBa.
Le modèle est effectivement condamné à évoluer, mais pas forcément à disparaître. Le grand défi des foires est d’arriver à attirer une nouvelle clientèle, ce que nous peinons à faire jusque-là. Mais nous réfléchissons à des nouveaux concepts, comme celui d’une formule nationale qui tournerait entre Bâle, Zurich et Lausanne.

Le Comptoir ne souffre-t-il pas aussi de son image désuète?
Oui, et nous sommes partiellement responsables de ne pas être parvenus à la changer. Mais il reste une des rares plateformes ville-campagne existant dans ce canton. Il contribue ainsi à la cohésion de la société alors que l’on observe plutôt des fossés qui se creusent.

Un changement radical, par exemple de nom, pourrait-il être une solution?
Cela ne suffirait pas. C’est tout le concept qu’il faut repenser, en veillant de surcroît à intégrer la région et les collectivités. Mais je suis presque certain qu’un tel changement suscitera une levée de boucliers, même de la part de gens ne venant plus au Comptoir.

Où en êtes-vous par rapport à l’organisation de la 100e édition l’an prochain?
Nous y travaillons. Rien ne sera en tout cas décidé avant d’avoir tiré le bilan de la 99e édition. Mais une grande fête n’aurait de sens qu’avec l’implication des collectivités, et notamment du Canton.

Et ensuite?
Chaque édition est désormais une «édition charnière». Mais la mission de MCH reste d’organiser des manifestations. Nous ferons donc tout ce que nous pourrons pour maintenir le Comptoir ou le faire évoluer; pour autant que nous arrivions à faire vivre ce concept commercialement.

Pour vous, le Comptoir – et Habitat-Jardin d’ailleurs – pourrait donc même survivre à la destruction des halles nord, annoncées à l’horizon 2021?
Oui, si nous arrivons à imaginer les bonnes formules. La place manquante pourrait être trouvée par exemple sous des tentes installées dans les jardins.

La réorganisation de la gestion du site de Beaulieu, qui vient d’être présentée, n’est donc pas un problème?
Elle était indispensable et, à titre personnel, je la salue. Le temps où Beaulieu vivait en autarcie est révolu depuis longtemps. Il n’est plus possible de maintenir de grandes infrastructures comme les halles nord pour seulement deux manifestations par année. Mais tout cela est encore bien lointain et en attendant, pour celles et ceux qui s’inquiètent de l’avenir du Comptoir, le meilleur moyen de l’assurer reste toujours d’y aller! (24 heures)

Créé: 06.09.2018, 07h05

Jean-Philippe Rochat, Président, du conseil d’administration de MCH Beaulieu

Infos pratiques

99e Comptoir Suisse

Du 14 au 23 septembre au Palais de Beaulieu à Lausanne

Nouveautés

Nouvel espace dédié aux femmes (mode, beauté, bien-être, déco et aventure). Show de Chippendales le 14.9. Ouverture de la vente des billets sur le stand de la Fête des Vignerons.

Autres points forts

Présentation du patrimoine rural, viticole et forestier de la Ville de Lausanne. Exposition sur le Japon. Le Lab, secteur dédié aux nouvelles technologies, avec notamment des courses de drones. Blocs d’escalade. La ferme et ses 400 animaux, les caves, le Concours Jean-Louis, les food trucks dans les jardins, la grande roue.

Horaires

Tous les jours de 11 h
à 20 h (secteur caves jusqu’à 22 h 30). Entrée libre dès 18 h.

Tarifs

14 fr. aux caisses, 10 fr. en ligne. Gratuit jusqu’à 16 ans. AVS/AI 7 fr. Famille 21 fr.
Internet: www.comptoir.ch

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