Le resto de la piscine de Prilly en plein naufrage

Ouest lausannoisL’établissement a été fermé par la police du commerce et la Ville a résilié le bail de l’exploitant. Celui-ci crie à la machination.

Ouvert en 2012, le restaurant La Vague a été fermé en novembre 2018 après une existence mouvementée.

Ouvert en 2012, le restaurant La Vague a été fermé en novembre 2018 après une existence mouvementée. Image: Odile Meylan

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C’est fini, le restaurant de la piscine de Prilly ne prend plus les réservations. Depuis la fin du mois de novembre et avec effet immédiat, La Vague a dû fermer ses portes sur décision de la police du commerce. Mais pour quelles raisons? Protection des données oblige et un recours étant encore possible, les autorités n’en disent pas plus. Ce genre de mesure n’est toutefois pas rare et peut être la conséquence de diverses violations de la loi. Celles-ci vont du non-paiement des charges sociales des employés à des problèmes sanitaires.

En procédure avec la Ville

Malheureusement pour La Vague, un problème ne vient jamais seul. On apprend ainsi que la Ville de Prilly, qui est propriétaire des murs, a elle aussi sévi dès l’automne passé. «Nous avons résilié le bail de l’exploitant au 31 octobre 2018», déclare le syndic, Alain Gillièron, non sans préciser que la Ville est désormais en procédure auprès du Tribunal des baux. Le locataire a en effet fait recours contre son éviction. Mais là encore, l’édile ne dit rien des raisons de cette résiliation. «Cela n’a aucun rapport avec la fermeture prononcée par la police du commerce. Le fait que ces deux décisions soient intervenues en même temps est un concours de circonstances», assure-t-il.

Reste que la situation plutôt incertaine de l’établissement n’empêche pas la Ville d’aller de l’avant. Depuis mi-décembre, elle a officiellement remis au concours le contrat de location, sans toutefois donner de date d’entrée. «On ne peut pas dire à ce stade quand les locaux seront à nouveau disponibles», glisse ainsi Alain Gillièron, qui espère malgré tout qu’un accord sera trouvé prochainement.

Rien n’est moins sûr. En effet, du côté de l’exploitant, Karim Atailia, le ton est bien plus véhément. Dans un communiqué, celui-ci se dit victime d’une machination politique et n’hésite pas à dénoncer des «manœuvres de la Ville de Prilly qui tendent à le chasser en utilisant des prétextes infondés». Contacté par téléphone, il s’insurge notamment contre une intervention injustifiée de la police pour tapage nocturne dans le courant de l’été dernier.

Un bateau ivre très vite

Si l’exploitation de La Vague semble virer au naufrage, ce n’est pas la première fois que le restaurant connaît des remous. En 2012, il a été reconstruit pour plus de 3 millions et demi de francs au terme de longs débats au Conseil communal. Élue socialiste, Sylvie Krattinger Boudjelta se souvient d’un investissement validé à une voix près: «Le PS était mitigé. À mon avis, le projet ne correspondait pas forcément aux besoins de la population.»

Par la suite, les premières années de La Vague ont été compliquées, et pour cause: la piscine a été fermée pour travaux entre 2013 et 2015. Afin de compenser les nuisances et le manque à gagner pour l’exploitant, la Commune a consenti à faire un geste en renonçant à plusieurs mois de loyer. Une décision qui a encore une fois créé la polémique au Conseil communal, devenu soucieux de l’avenir du restaurant.

«Le restaurant bat de l’aile depuis longtemps. Pourquoi le Conseil communal n’a-t-il pas été mis au courant?»

Visiblement, ces craintes n’étaient pas sans fondement. Malgré la réouverture de la piscine, en mai 2015, la société exploitant La Vague a été déclarée en faillite à plusieurs reprises dès l’été 2016. «Le restaurant bat de l’aile depuis longtemps. Pourquoi le Conseil communal n’a-t-il pas été mis au courant?» tonne l’élu UDC Fabien Deillon, qui a déposé une interpellation à ce sujet en décembre dernier. «Nous pensions que les affaires redémarreraient une fois les travaux terminés, mais pour diverses raisons, le restaurant n’a jamais atteint le bénéfice escompté», commente quant à lui Alain Gillièron.

Bien qu’il soit terminé depuis plus de trois ans, le chantier de la piscine apparaît pourtant au cœur du problème pour Karim Atailia, puisqu’il lui aurait causé une perte de plus de 480 000 francs. «Ce qui est injuste, c’est que la Commune n’assume pas le dommage et avance ensuite des prétextes alors qu’elle est responsable de cette situation. J’espérais plus de fair-play de la part des autorités.»

La piscine de Bellerive aussi

Comme le relèvent certains élus prillérans, il apparaît toutefois que les déboires de l’exploitant ne se limitent pas au restaurant de la piscine de Prilly. La Ville de Lausanne confirme ainsi qu’il a été aux commandes du restaurant de la piscine de Bellerive pendant trois saisons d’été, de 2014 à 2016, en tant que locataire. Si elle refuse de dévoiler les raisons de son départ, force est de constater que, selon le Registre du commerce, l’entreprise individuelle créée pour exploiter l’établissement a été déclarée plusieurs fois en faillite dès l’été 2016.

À Prilly, l’autopsie complète de la débâcle reste à faire et elle alimentera certainement les débats du Conseil communal. Selon Sylvie Krattinger Boudjelta, qui préside la Commission des finances, la Commune n’aurait néanmoins pas essuyé de pertes financières. «La Municipalité nous a assuré que les loyers sont rentrés jusqu’à la résiliation du bail grâce à la garantie de loyer.» Pour l’élue tout l’enjeu est désormais de trouver un nouveau modèle d’affaires pour La Vague. «Ce n’est pas parce que l’exploitant s’en va que le restaurant n’est pas viable. Il y avait d’autres problèmes liés à la gestion.» (24 heures)

Créé: 07.01.2019, 07h58

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