Les résultats des examens seront bannis d’Internet

EnseignementLes écoles professionnelles du Canton viennent de recevoir une nouvelle directive du Département de la formation et de la jeunesse.

Le suicide de Paul Wannaz, en 2012, a profondément bouleversé l’EPCL.

Le suicide de Paul Wannaz, en 2012, a profondément bouleversé l’EPCL. Image: 24 Heures -Christian Brun

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La consolation est d’une minceur extrême, mais on peut se dire, désormais, que Paul Wannaz n’est pas mort pour rien. Qu’en juin 2012, le suicide de cet élève de l’Ecole professionnelle et commerciale de Lausanne (EPCL), qui croyait avoir échoué aux examens parce que son nom ne figurait pas dans la liste des diplômés publiée sur Internet, n’aura pas été complètement inutile.

Au lendemain d’une tragédie qui avait ému loin à la ronde (Paul, 23 ans, avait en réalité obtenu haut la main son CFC d’employé de commerce avec maturité intégrée), son école, réalisant que la découverte d’un échec scolaire sur Internet pouvait être d’une brutalité excessive, avait préconisé une procédure personnalisée, un contact entre le corps enseignant et l’élève qui a échoué. Dans un souci d’équité, la Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP) avait alors étendu la directive à toutes les écoles professionnelles.

Deux ans plus tard, au terme d’une évaluation approfondie réalisée l’été dernier en compagnie des personnes concernées par l’annonce des résultats, la DGEP a pris la décision ferme et définitive de consacrer dorénavant une attention particulière à l’accompagnement personnel des apprentis en échec, qui devront impérativement être contactés individuellement.

Anne-Catherine Lyon, cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, a donc envoyé jeudi aux responsables des écoles professionnelles vaudoises une nouvelle directive relative à la communication des résultats des examens, qui entrera en vigueur à la fin de l’année scolaire en cours. «Notre volonté d’humaniser la procédure est affirmée et maintenue, souligne la conseillère d’Etat, mais nous avons également voulu laisser une marge de manœuvre à chaque établissement, en fonction de ses nécessités et des sensibilités qui l’animent.»

Une souplesse qui s’explique par le fait qu’en 2013 et en 2014, l’ensemble des élèves avaient été convoqués pour connaître le résultat de leurs examens de fin d’apprentissage, alors que seuls 15% d’entre eux avaient échoué. Une mesure contraignante et une organisation complexe, que la nouvelle directive entend précisément corriger.

Contact personnel

Dès lors, à partir de l’été 2015, la direction de chaque établissement est chargée d’introduire un dispositif lui permettant de contacter personnellement les élèves en échec, et eux seuls. Les bulletins de notes de tous les apprentis seront ainsi envoyés par la Division de l’apprentissage – par courrier A à ceux qui ont réussi et en recommandé à ceux qui ont échoué – au lendemain de l’annonce faite aux candidats en échec.

L’abandon de la publication des résultats par Internet, une procédure contestée par le Préposé à la protection des données et que les gymnases ne pratiquent pas davantage, les élèves venant chercher leurs résultats à l’école, réjouit Séverin Bez, directeur général de l’enseignement postobligatoire: «Les apprentis en échec auront tous droit à un contact personnel, qui témoignera de notre souhait de les accompagner, dit-il, et nous permettra également de les mettre au courant des démarches nécessaires à la poursuite de leur formation.»

Enfin, ces prochaines semaines, le Conseil d’Etat répondra à l’interpellation du député PLR Pierre Volet qui, en octobre 2014, s’est élevé devant le Grand Conseil contre les mesures prises par la DGEP à la suite du décès de Paul Wannaz. Intitulé «Pour protéger les apprentis de ce canton, ne tombons pas dans l’ubuesque», son texte préconisait un retour à la publication des résultats sur Internet, arguant notamment que la nouvelle directive coûtait trop cher et que «les jeunes doivent être assez forts pour accepter un échec».

«Nous répondrons évidemment par la négative, conclut Anne-Catherine Lyon, et il y a bien des choses que je pourrais dire à Pierre Volet. La principale, néanmoins, tient en une phrase: «Devant la mort, on s’incline.»

Créé: 23.01.2015, 07h12

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