Le royaume des plantes médicinales a déménagé

MézièresL’Apothèque du Jorat s'agrandit. La pépinière bio organisait une journée portes ouvertes, le dimanche 6 mai

Vague de visiteurs lors de la journée portes ouvertes de l’Apothèque du Jorat, le 6 mai, dans le village de Mézières.

Vague de visiteurs lors de la journée portes ouvertes de l’Apothèque du Jorat, le 6 mai, dans le village de Mézières. Image: Patrick Martin

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L’Apothèque du Jorat a quitté les hauts de Poliez-Pittet pour le village de Mézières. Pour marquer son déménagement, la pépinière a accueilli le public dans une ambiance de minifoire du terroir à la faveur d’une journée portes ouvertes, le dimanche 6 mai. Dans son catalogue: 80 espèces de plantes aromatiques et médicinales du cru aux propriétés souvent oubliées. Des variétés provenant essentiellement de grainiers locaux et produits selon les préceptes de la biodynamie. Sur les plates-bandes, délicieusement alignés, les pots de valériane, menthe, souci, reine-des-prés, sauge, camomille romaine, immortelle, absinthe ou achillée ont fait de l’œil au chaland.

Les patrons de l’Apothèque, deux couples de trentenaires travaillant dans la branche verte, jardinent désormais à deux pas de leurs maisons respectives, sur un terrain plus vaste (5000 m2). Le quatuor bataille ferme pour redorer l’image des plantes médicinales de chez nous.

«Pas de la mauvaise herbe»

«Pour beaucoup, ce n’est que de la mauvaise herbe, regrette Gwendoline Rubin, membre de l’équipe. Prenez la luzerne. On l’utilise comme fourrage ou comme engrais vert alors qu’elle a des propriétés hors du commun contre l’ostéoporose, l’anémie, le cholestérol… J’ai remarqué que les étrangers connaissent mieux les vertus de leurs plantes indigènes que les Suisses. C’est dommage. On préfère acheter des espèces d’Amérique du Nord ou d’Asie pour se soigner alors qu’on a tout sous la main, parfois à profusion dans nos jardins. En plus, la production de plantes locales ne péjore pas la faune et la flore.»

Elle encourage ses clients à se constituer une petite pharmacie personnalisée avec des plantes médicinales ciblées, à servir le plus souvent en tisane. «Une médecine douce à cueillir à même le jardin ou le balcon, au gré des besoins», résument les producteurs. Il y a l’immortelle contre les faiblesses du foie, la cataire (ou herbe-aux-chats) contre le stress, la saponaire contre le psoriasis et l’eczéma, l’hysope contre l’asthme…

En cuisine aussi, Gwendoline Rubin abuse de ses végétaux «utiles», pour la plupart comestibles. La fameuse luzerne se savoure en salade ou en graines germées. La monarde rouge, alliée de la digestion, est aussi celle des desserts. «Son parfum est réputé chasser les idées noires», ajoute l’horticultrice, spécialiste des plantes vivaces. À l’Apothèque du Jorat, on pense biodiversité et respect de la nature à tous les étages, de façon globale. Rien ne se perd. Pour récupérer l’eau de pluie et celle de la pépinière, un étang a été creusé en contrebas des serres. Un futur biotope pour insectes, batraciens et oiseaux.

Engouement

La petite entreprise, à l’étroit deux ans déjà après son lancement à Poliez-Pittet, répond à une demande grandissante. L’engouement transcende les classes d’âges et les milieux sociaux, note Gwendoline Rubin. «Chaque année, nos ventes augmentent.» C’est d’ailleurs une récolte fructueuse sur la plateforme de financement participatif wemakeit qui a permis de payer le déménagement, les nouveaux tunnels et les plates-bandes. Si l’Apothèque compte développer la vente sur place, elle ne délaisse pas pour autant le marché de Lausanne (les mercredis et samedis matin sur la place de la Palud). Sa gamme comprend aussi quelques variétés de légumes. Là encore, la production explose: 4000 plantons de tomates, contre 1000 l’an dernier.

www.apothequedujorat.ch

(24 heures)

Créé: 06.05.2018, 19h52

De l’usage des tisanes

Quels sont les bienfaits cliniques et les risques des remèdes de grand-mère à base de plantes? Les plantes médicinales sont-elles vraiment efficaces? Valent-elles mieux que les phytomédicaments développés par l’industrie pharmaceutique? Ces questions – et bien d’autres – font l’objet d’une conférence gratuite organisée par la Société vaudoise des sciences naturelles. Le Dr Jonathan Kissling, de l’Université de Neuchâtel, répondra aux interrogations des amateurs d’onguents, décoctions et tisanes. Et des simples curieux.


Infos

«Un usage raisonné des plantes médicinales», le 24 mai à 19 h 30 au Palais de Rumine (Lausanne), auditoire XIX, 5e étage. Gratuit et ouvert à tous.

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