Ruade contre un locatif traité de «blockhaus»

LausanneUne pétition est lancée contre l’immeuble qui doit s’élever sur la place de la Sallaz à l’emplacement de bâtiments datant des années 1930.

François Mercanton, président de l'association Mouvement de défense de Lausanne, récolte des signature sur la place de la Sallaz. Les édifices menacés par le projet de densification sont un ancien garage – derrière lui sur la photo – et les deux bâtiments situés de part et d'autre. A ce stade, la pétition compte une petite centaine de signatures.

François Mercanton, président de l'association Mouvement de défense de Lausanne, récolte des signature sur la place de la Sallaz. Les édifices menacés par le projet de densification sont un ancien garage – derrière lui sur la photo – et les deux bâtiments situés de part et d'autre. A ce stade, la pétition compte une petite centaine de signatures. Image: CHRISTIAN BRUN

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La place de la Sallaz n’est plus à une bataille près. Cette fois, les regards sont braqués sur les numéros 76 et 78. Le Mouvement pour la défense de Lausanne a lancé une pétition contre le projet de démolition et de reconstruction de deux bâtiments des années 1930 – dont l’un abritait la Brasserie de la Sallaz – et de l’ancien garage qui les sépare.

Cet îlot doit laisser place à un grand immeuble pourvu de 92 logements, de commerces et d’un café-restaurant. La mise à l’enquête s’achève aujourd’hui 23 août. «Non au blockhaus! La Sallaz mérite enfin un projet convivial», martèle le Mouvement pour la défense de Lausanne. Le président de l’association, François Mercanton, s’explique: «Il faut protéger cet ensemble en partie recensé en note 3 qui possède des caractéristiques typiques des années 1930.» Il s’inquiète aussi de la carrure du bâtiment projeté (7 étages sur rez). «La volumétrie est surdimensionnée et dépasse toute logique urbanistique dans un centre comme celui de la Sallaz. Il n’y a aucun rapport avec ce qui existe juste à côté. L’architecture est en total désaccord avec les autres constructions qui forment cet ensemble. La façade qui donne sur la place est un mur massif de 74 mètres de long et 23 mètres de haut. Ce projet n’est pas bon.»

François Mercanton dénonce encore une «densification maximale et malheureuse» sur une place qui peine déjà à trouver son identité. «Nous ne sommes pas contre la densification, insiste-t-il. Mais on aurait pu espérer un peu plus de recherche pour un projet de qualité, de taille humaine et ainsi en accord avec les attentes des habitants. On se retrouve devant un bloc monolithique digne des banlieues françaises.»

Le propriétaire, une société basée à Pully, a fait appel aux services de Boschetti Architectes. Patrick Boschetti peine à comprendre les craintes quant aux dimensions de l’édifice. «Dans ses proportions, le bâtiment est dans la continuité de ceux construits plus au sud. À l’arrière, tout est vitré pour amener un maximum de lumière et la hauteur est réduite à quatre niveaux. Il y aura de grands patios où poussera de la verdure.» L’architecte espère lancer les travaux début 2019.

«Une grande barre»

La Municipalité tranchera en temps et en heure sur l’octroi d’un permis de construire. «Nous sommes toujours attentifs lorsqu’il y a des oppositions des habitants, surtout lorsqu’il s’agit de patrimoine», indique le syndic, Grégoire Junod.

Paloma Graf habite juste derrière les immeubles menacés par les pelleteuses. La jeune ingénieure a fait opposition. «On étouffe déjà sur cette place. Ce projet risque d’augmenter encore la température, tout en nous privant de lumière. Au niveau visuel aussi, ce bâtiment est étouffant. C’est une grande barre, un mur…» Elle pointe du doigt le nouvel aménagement de la place de la Sallaz, loin de faire l’unanimité depuis son inauguration il y a deux ans. «Je suis déçue. Personne n’a envie de s’attarder ici. Pas assez de verdure. Trop de béton. Bien sûr, il y a moins de bruit depuis la déviation du trafic mais l’endroit n’est ni sympa ni convivial, contrairement à ce qu’on nous avait promis. Il n’y a pas de vie. Et cette couleur brun foncé des édicules n’arrange rien.»

La cohabitation des piétons et des bus TL fait aussi grincer des dents dans le quartier. D’aucuns jugent que la place n’est rien d’autre qu’une gare routière. En juin dernier, le Conseil communal a renvoyé pour étude à la Municipalité un postulat de Guy Gaudard (PLR) demandant de remettre les bus dans les tracés de la route d’Oron, comme autrefois. (24 heures)

Créé: 22.08.2018, 16h46

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