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Un shot pour les femmes en mauvaise posture

Un bar propose à ses clientes d’appeler à l’aide avec une commande codée.

Damien Falson, directeur du Barberousse, à Lausanne, a repris le concept des Angel Shots.
Damien Falson, directeur du Barberousse, à Lausanne, a repris le concept des Angel Shots.
PATRICK MARTIN

«Votre rendez-vous se passe mal? Vous ne vous sentez pas en sécurité ou quelque chose ne va pas? Nous sommes là pour vous aider. Venez au bar et commandez un Angel Shot.» Le Barberousse, bar à rhum ouvert à la rue de Genève 17 depuis moins de deux mois, affiche un panneau dans les toilettes des femmes pour leur indiquer comme solliciter l’aide du personnel discrètement.

Pour être sûres de ne pas se faire repérer par la personne qui menacerait leur intégrité, les clientes peuvent apporter des précisions aux serveurs en langage codé. Si elles prennent le fameux Angel Shot sec, cela veut dire qu’elles demandent une escorte pour aller à leur voiture. Si elles le commandent avec de la glace, cela signifie qu’elles ont besoin d’un taxi ou d’un Uber. Enfin, si les clientes demandent d’y rajouter de la lime, la situation est jugée urgente et la police est appelée à la rescousse.

Contre le harcèlement

«Heureusement, personne n’a utilisé ce code pour l’instant, se réjouit Damien Falson, directeur du Barberousse. Mais nous avons eu beaucoup de retours positifs de la part de notre clientèle féminine. Juste en sachant que ce service d’aide existe, beaucoup sont déjà rassurées et se sentent plus libres de faire ce qu’elles veulent.» Une initiative qui s’inscrit dans la lutte contre le harcèlement à Lausanne? «J’avais lu dans la presse que cette manière de faire était très répandue au Canada, explique le directeur. Comme je trouvais cette idée super, j’ai décidé de l’intégrer dans le concept de mon bar.»

Concrètement, si une cliente devait appeler à l’aide, une procédure bien huilée serait enclenchée. «Notre personnel sait comment il doit réagir, assure Damien Falson. Aussi, nous avons un agent de sécurité qui peut intervenir immédiatement.» Alors pourquoi proposer aux clientes de s’adresser au bar alors qu’elles pourraient simplement alerter le vigile? «Selon les circonstances, certaines femmes n’hésiteraient effectivement pas une seconde à le faire, poursuit le directeur. Mais pour d’autres ce serait plus compliqué, de peur d’envenimer la situation. Nous, nous voulons être là pour tout le monde et pouvoir répondre à toutes les situations.»

«Cette initiative privée est le signe d’une prise de conscience»

Thierry Wegmüller, patron du D! Club et initiateur de la charte Label Nuit qui fait sienne sa lutte contre le harcèlement, salue l’initiative du tenancier du Barberousse. «Toute proposition qui va dans ce sens est bonne à prendre, assure-t-il. Mais ce qui est fondamental, c’est la formation des agents de sécurité et du personnel des bars ainsi que la sensibilisation des noctambules. Nous estimons que le harcèlement commence dès qu’une personne dit non et que les sollicitations continuent. Le monde de la nuit doit pouvoir y répondre de manière adéquate.»

Même son de cloche du côté des autorités lausannoises. «Cette initiative privée est le signe d’une prise de conscience, affirme Pierre-Antoine Hildbrand, municipal chargé de la Police, notamment. Maintenant, on ne peut pas décréter qu’il faut appliquer cette méthode partout. Cela doit découler d’une réelle volonté et non d’une obligation.»

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