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La Showerloop, une douche en kit qui coule à l’infini

Un projet de douche recyclant l’eau de 2015 est réadapté par deux étudiants de l’EPFL.

Les deux élèves à l’origine de la Showerloop suisse.
Les deux élèves à l’origine de la Showerloop suisse.
JAMANI CAILLET

Judith Capron et Jean-André Davy Guidicelli sont deux étudiants de l’EPFL, la première en génie civil et le deuxième en sciences et ingénierie de l’environnement. Ils ont décidé d’adapter une technologie préexistante, la Showerloop, pour en faire un kit de douche écologique qui puisse être adapté à une installation existante en «do-it-yourself». En comparaison, pour fonctionner le prototype actuel doit être posé en même temps que la douche, ce qui demande de lourds travaux.

Cette douche fonctionne via un système de circuit fermé. L’eau ne va donc pas dans le canal ordinaire des eaux usées après la première utilisation, mais elle est filtrée et recyclée, puis évacuée dans les eaux usées seulement une fois la douche terminée, ce qui permet d’économiser 90% d’eau avec une douche qui consomme 10 l d’eau contre 100 l en moyenne. «Nous avons connu le principe de cette douche et son inventeur à travers les réseaux sociaux, glisse Jean-André. La douche pensée par Jason Selvarajan a été médiatisée en 2015 lors de la COP21 à Paris. Il tenait alors un stand parmi d’autres inventeurs pour présenter des technologies durables.»

«On a bénéficié de l’accès à du matériel, des outils, des logiciels ainsi qu’au tutorat de coachs spécialisés»

Le soutien logistique de l’EPFL a été primordial pour mener à bien ce projet comme l’explique Jean-André Davy Guidicelli: «On a bénéficié de l’accès à du matériel, des outils, des logiciels ainsi qu’au tutorat de coachs spécialisés.»

Leur réalisation est une copie de l’invention de Jason Selvarajan, mais fabriquée avec des matériaux 100% suisses, ce qui permet une baisse des coûts et d’encourager la production de produits locaux.

Du prototype à l’innovation

Les deux étudiants ont été primés lors d’un concours nommé Development Impact Grants et ont obtenu une prime qui va leur servir pour continuer les recherches dans le but de rendre ce système de douche plus facile à installer. La Showerloop va prendre une nouvelle dimension dès le début de l’année scolaire 2018-2019 avec la rédaction d’une publication scientifique qu’ils vont effectuer pendant leur stage en Colombie (Marisa Boller, aussi étudiante en sciences et ingénierie de l’environnement, va remplacer Judith Capron pour cette phase). «Nous souhaitons convaincre les grandes infrastructures de pays du Sud pour réaliser des économies d’eau et lutter contre ces pénuries», déclarent-ils.

Les deux étudiants voient en ce projet une démarche environnementale plus globale que l’économie d’eau. «Les innovations comme celles-là permettent surtout de faire comprendre à chacun que l’on peut faire un geste pour l’environnement tout en économisant de l’argent, ce qui peut paraître assez contre-intuitif pour beaucoup», expliquent les deux élèves.

Préserver l'or bleu

Selon eux, en minimisant les dépenses quotidiennes en eau, on va certes dans le sens d’une préservation de l’environnement, mais cela permet aussi d’aider au-delà, comme dans la conquête spatiale, «où les ressources disponibles seront très limitées et donc l’économie d’eau peut permettre un gain non négligeable», développent-ils. Les perspectives de commercialisation sont toutefois plus lointaines, un brevet étant placé sur le système de douche actuel.

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