Le site de l’EPFL au cœur de la régulation sur les drones

LausanneDans le monde entier se pose la question de l’intégration des robots volants au quotidien. Pour l’Europe, une première réponse est attendue dans une semaine.

S’il fait voler son petit drone à l’occasion, c’est surtout pour l’installation d’un marché en pleine effervescence que Benoît Curdy travaille

S’il fait voler son petit drone à l’occasion, c’est surtout pour l’installation d’un marché en pleine effervescence que Benoît Curdy travaille Image: Philippe Maeder

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Les militaires ont fait connaître les drones avant que le public ne s’empare des jouets télécommandés. Et, depuis fin mars, La Poste a démontré en Suisse que les drones vont aussi au travail, en testant le transfert d’échantillons entre deux hôpitaux de Lugano. Ce service devrait entrer en fonction en 2018. L’exemple montre à quelle vitesse se développe ce marché en pleine ébullition. Mais comment intégrer ces robots volants au quotidien? C’est une question qu’on se pose sérieusement des Etats-Unis au Japon. L’Europe veut aussi une infrastructure prête à fonctionner pour la fin de 2019. L’Association Global UTM, basée sur le campus de l’EPFL, a participé à cette démarche, qui devrait livrer une première réponse le 20 avril.

«Le ciel ne sera pas noir de robots, mais les drones vont se développer fortement dans les villes et leurs périphéries», estime Benoit Curdy. Le secrétaire général de Global UTM est bien placé pour voir la dynamique qui s’est enclenchée autour de ce business: son association réunit les constructeurs de drones, d’infrastructures et de programmes informatiques dédiés à l’usage de ces machines. Une récente analyse (Boston Consulting Group) estime ainsi que le marché des services liés aux drones devrait exploser dans les années 2020, pour dépasser le million d’appareils sillonnant les cieux américains et européens en 2050. Le marché est estimé à 50 milliards de dollars.

Se faire accepter

Reste à mettre en place un écosystème viable pour tous. Pour Benoit Curdy, les nombreuses législations déjà en place – sur le bruit, la sphère privée, le trafic aérien, etc. – devraient façonner les zones de circulation des drones. «On est tous d’accord pour dire qu’on ne veut pas voir passer des drones sans arrêt sous nos fenêtres, dit-il. L’un des enjeux majeurs sera donc l’acceptation de cette activité par le public.» Jamais à cours d’images, il compare cette industrie à celle de l’automobile: «La voiture offre plein d’avantages, mais comporte aussi beaucoup de risques, que l’on a fini par accepter.»

C’est la partie visible de cette activité en devenir. Mais elle devra reposer sur des standards moins connus du grand public, à l’instar de ceux qu’ont dû adopter les acteurs de la téléphonie mobile afin qu’elle fonctionne universellement, sans que les utilisateurs n’aient à se poser des questions. Standards et protocoles d’utilisation, c’est à cela que travaille l’Association Global UTM. «Plus notre travail est invisible, mieux on aura réussi notre mission», résume le représentant de l’industrie du drone.

Cartes téléphoniques volantes

Reste qu’il a participé aux travaux commandités par la Commission européenne en vue de la régulation des drones dans l’espace aérien. Il s’exprimera d’ailleurs le 20 avril aux Pays-Bas dans le cadre de la présentation de cette mise en place. Vers quoi se dirige-t-on? «Pour faire voler des drones de manière sûre et acceptable, des mesures telles que l’immatriculation et l’identification de ces robots devront être introduites», confie Benoit Curdy, qui verrait bien les entreprises télécoms mises à contribution. L’introduction d’une carte SIM dans chaque drone permettrait de bénéficier des infrastructures existantes pour suivre les appareils à la trace. Des données météo, des cartes en 3D incluant les zones de vol autorisées pourraient s’ajouter à l’inventaire des outils obligatoires. «Une fois qu’on aura mis tout ça ensemble, on répondra déjà à beaucoup d’interrogations que posent les drones», estime Benoit Curdy.

Quant à savoir si la Suisse suivra le modèle européen, le secrétaire général n’en doute pas une seconde lorsqu’il songe à l’aviation civile, qui s’est organisée à l’échelle planétaire: «On pourrait même être les premiers à mettre en place ce modèle!» C’est que la Suisse est au centre de la recherche en la matière. Avec l’EPFL, des entreprises de pointe et, plus étonnant, un Office de l’aviation civile (OFAC) très proactif. «L’OFAC a géré les essais de La Poste de façon admirable, remarque le spécialiste. Ils édictent des normes, mais vont aussi demander aux entreprises quels sont leurs besoins, et ça, le monde entier nous l’envie.»

La Suisse se révèle donc un terrain privilégié. Reste que les principales villes sont interdites de survol en raison de la proximité d’un aéroport. «Du moment qu’on arrive à assurer la sécurité des avions, l’OFAC se montre ouvert à la discussion», balaie Benoit Curdy. Pour lui, «la Suisse a la culture du drone». Une des raisons – avec la neutralité du pays et la présence de hautes écoles de renom – qui expliquent pourquoi l’Association Global UTM a établi son siège à Lausanne.

Créé: 13.04.2017, 08h29

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