Le Sleep-In a 25 ans et ne compte pas disparaître

PrécaritéLa structure d’accueil pour sans-abri organise une rare journée portes ouvertes ce dimanche. Sa destruction est prévue en 2021, mais elle pourrait renaître à Renens.

Leonardo et Romain, deux des 14 «gardiens» des lieux.

Leonardo et Romain, deux des 14 «gardiens» des lieux. Image: VHQ

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C’est une petite maison jaune plantée sur la friche de Malley. Chaque soir de l’année, elle offre un toit à une trentaine de personnes pour la nuit. Le Sleep-In est l’un des trois hébergements pour sans-abri de la Ville de Lausanne et il fête un quart de siècle cette année.

Faire «tomber les préjugés»

Pour l’occasion, il organise ce dimanche 2 décembre une journée portes ouvertes, l’occasion de découvrir les lieux, l’association qui s’en occupe, mais aussi les personnes qui en bénéficient. «C’est en rencontrant les gens que l’on fait tomber les préjugés», espère Romain, l’un des 14 «veilleurs» qui se partagent le travail d’accueil des pensionnaires et de gestion de la structure. Un certain nombre d’animations sont également prévues, avec notamment une exposition retraçant l’histoire de la structure et des projections de vidéos d’archives.

«Le Sleep-In a été créé en 1993 alors qu’il n’y avait aucun hébergement pour les sans-abri à Lausanne, détaille Romain. Ça a commencé par la création d’un squat illégal dans le quartier des Aubépines. Trois ans plus tard, la Ville a accepté de subventionner une structure et le Sleep-In s’est installé à Malley.»

Si, à l’époque, les pensionnaires du Sleep-In étaient essentiellement toxicomanes, aujourd’hui, la majorité sont des migrants. L’association, elle, n’a rien changé à son militantisme. Cela a d’ailleurs donné lieu à des relations parfois tendues avec la Ville de Lausanne, notamment quand le Sleep-In a laissé un campement sauvage se créer dans son jardin en été 2015, faute de place à l’intérieur.

Un nouvel hébergement?

Cette aventure pourrait se terminer bientôt. En effet, le bâtiment qui abrite le Sleep-In doit être démoli d’ici à 2021 pour laisser place à la construction du nouveau quartier de Malley. Mais l’association garde espoir: «Pour nous, l’avenir se situe dans l’Ouest lausannois.» Et plus particulièrement à Renens.

Il y a quelques semaines, la Municipalité a indiqué au Conseil communal qu’elle étudiait la possibilité de créer un nouvel hébergement. «Nous sommes clairement interpellés, à titre personnel et humain, par la situation de l’accueil d’urgence dans la région. Il s’agit de voir dans quelle mesure nous pouvons faire notre part dans ce domaine», indique le syndic, Jean-François Clément.

Dans une réponse à une interpellation déposée au Conseil communal cet automne, la Municipalité a rappelé qu’il existe cinq structures dans le canton dotées de 133 lits en comptant ceux du Sleep-In. Elle relève aussi que selon une information du Département de la santé et de l’action sociale, en 2017, environ 20 places supplémentaires sont nécessaires pour faire face aux périodes de crise.

Portes ouvertes le 2 décembre de 12 h à 16 h. Chemin de l’Usine-à-Gaz 10, à Renens.

Créé: 30.11.2018, 16h59

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