Vers plus de social autour des malades de la drogue

LausanneOscar Tosato réunit les acteurs sociaux afin de trouver de nouvelles solutions pour prévenir la consommation sur l’espace public.

Vidéo: Pascal Wassmer

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Depuis ce mercredi, les toilettes de la Riponne ferment durant les heures d’ouverture de l’Espace de consommation sécurisé (ECS), en place depuis cet automne. Cette décision est la plus concrète des mesures que la Municipalité de Lausanne compte mettre en œuvre pour éviter que les toxicomanes ne se piquent dans la rue.

Responsable de la partie sociale du dossier, le municipal Oscar Tosato fait valoir que l’ouverture de l’ECS a été le point de départ d’autres réflexions sur les moyens de permettre aux toxicomanes les plus précarisés de ne plus se piquer, par défaut, dans l’espace public. «Dans mon service, relate-t-il, il y a une personne chargée de projet sur la problématique de l’addiction, tandis que les fondations que nous subventionnons, comme ABS, Le Relais, Mère Sofia ou L’Espace, sont à l’œuvre sur le terrain. Il faut que ces entités, qui se connaissent bien sûr, se coordonnent autour d’objectifs communs et parlent d’une même voix.»

L’objectif consiste à rassembler une équipe vouée à la recherche de solutions pour les toxicomanes. Oscar Tosato a des contacts avec d’autres villes en Europe et constate que chacune a ses propres démarches et, surtout, ses questions qui demeurent. Certaines parviennent à éviter que leur population toxicomane ne consomme dehors, alors même que leur local d’injection n’est pas ouvert 24 h/24.

«Par étapes»

Une partie de poste (30%) sera vouée à la coordination des intervenants, comme le recommande la récente étude sur le deal, et à la mise en place d’une nouvelle unité sociale. «C’est une mission que les acteurs sociaux accompliront ensemble par étapes. Nous ambitionnons d’arriver avec un dispositif d’ici à la fin de la législature (ndlr: mi-2021).»

Le municipal insiste sur le fait qu’il n’existe pas de panacée: «Nous travaillons sur les comportements d’êtres humains libres et profondément respectables. Ce n’est pas la tâche la plus simple. Mais ce n’est pas parce que l’on n’a pas toutes les réponses qu’il ne faut rien faire.» Il note par exemple qu’à l’ECS de Lausanne, dont la fréquentation continue d’augmenter, les passages ne sont pas forcément réguliers. Pourquoi? «La temporalité de consommation des toxicomanes doit être investiguée», ajoute-t-il.

À noter que ce volet social sera accompagné d’un renforcement des correspondants de nuit et de l’équipe de voirie. Tout cela s’inscrit dans un schéma plus large où l’État a aussi ses moyens d’action. La question du logement est par exemple explorée avec le programme Housing First. Un projet de distribution de seringues en pharmacie est également à l’étude. «On teste, on regarde, dit encore Oscar Tosato. Et tout cela se construit en partenariat.» (24 heures)

Créé: 15.05.2019, 19h34

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