Une start-up parvient à sculpter la lumière

EPFLDes scientifiques produisent des images en contrôlant les reflets de la lumière quand elle traverse des matières transparentes.

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Au premier coup d’œil, le procédé confine à la magie. Projetée à travers une matière transparente, la lumière semble révéler des images. En réalité, elle ne se contente pas de les dévoiler, mais prend forme pour les produire. La matière est en fait déformée très précisément, de sorte que les rayons lumineux sont déviés pour former le motif souhaité. Développé au sein du Laboratoire d’informatique graphique et géométrique de l’EPFL, le procédé consiste en la maîtrise de «l’effet caustique». Ce dernier s’observe par exemple lorsque le soleil frappe un plan d’eau, produisant des motifs dansant sur les catelles ou les murs alentour.

«Nous avons créé un algorithme informatique qui permet de transformer, via un logiciel, une image standard en déformations 3D précises. Celles-ci redirigent chaque rayon lumineux. Pour faire du blanc, nous concentrons plusieurs rayons en un point, et inversement pour faire du sombre. Ainsi les images prennent forme en nuances de gris», précise Romain Testuz, CEO de la start-up Rayform. Née de cette technologie en février dernier, la structure est gérée par les trois principaux acteurs du projet.

«Ca fonctionne avec une lampe, le soleil ou même un smartphone. Il faut simplement que la lumière soit dirigée»

«Il n’y a pas besoin d’éclairage spécifique, ça fonctionne avec une lampe, le soleil ou même un smartphone. Il faut simplement que la lumière soit dirigée, ce qui n’est pas le cas avec un néon, par exemple», poursuit le CEO. Le procédé peut en outre être appliqué à différents supports: métaux comme l’or ou l’aluminium, plastiques transparents, verre ou certains cristaux, comme le saphir.

Commercialisée par Rayform, la technologie s’adresse essentiellement à l’industrie du luxe pour l’instant. Montres et bijoux qui révèlent des images, flacons de parfum ou verres qui dévoilent le nom d’une fragrance ou d’un spiritueux. Elle devrait également faire office de certificat d’authenticité intégré et permettre de lutter contre la contrefaçon. Avant de, pourquoi pas, s’ouvrir à un plus large public. «C’est un peu le plan, nous pourrions imaginer des surfaces personnalisables. Les gens chargeraient leur image sur une plateforme et recevraient directement l’objet souhaité», envisage Romain Testuz. (24 heures)

Créé: 29.07.2016, 09h49

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