Le super-intendant de la maison du général Guisan quitte son domaine

PullyPierre Leiggener prend sa retraite après avoir veillé sur la maison du général pendant seize ans. Rencontre

Militaire de carrière, Pierre Leiggener est depuis 2001 l'intendant de Verte Rive, l'ancienne propriété du général Guisan à Pully. Un domaine d'un hectare, les pieds dans l'eau.

Militaire de carrière, Pierre Leiggener est depuis 2001 l'intendant de Verte Rive, l'ancienne propriété du général Guisan à Pully. Un domaine d'un hectare, les pieds dans l'eau. Image: FLORIAN CELLA

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Pour un militaire de carrière, vivre dans l’ancien appartement du palefrenier du général Henri Guisan, ce n’est pas rien. Pierre Leiggener est le maître officieux de Verte Rive. Voilà seize ans que ce grand sportif veille avec rigueur et entrain sur la somptueuse propriété pulliérane d’un hectare où le commandant en chef de l’armée suisse vécut de 1903 à sa mort, en 1960.

A 75 ans, l’intendant s’apprête à prendre une retraite longtemps – et volontairement – repoussée. A son arrivée à Verte Rive en 2001, le Valaisan d’origine ne connaît ni Pully, ni l’histoire de Guisan. «Alors je me suis assis au bureau du général et j’ai étudié sa vie et celle de la propriété. A fond.» Il peut commenter chaque photo, chaque objet des appartements conservés en l’état. Intarissable, l’expert autodidacte rappelle que Verte Rive appartenait à l’origine au père de la femme de Guisan et que le général a eu le coup de foudre pour sa future épouse à l’âge de 14 ans, à la Fête du bois. Il raconte comment Madame organisait ici la lessive du soldat, évoque les balades quotidiennes à cheval du général jusqu’à Vidy… Il rappelle aussi les menaces qui ont pesé sur le domaine après sa disparition. «En 1970, suite à la mort de son fils, la propriété hypothéquée a été mise en vente. Un riche Egyptien était prêt à payer cash. C’est là que Paul Chaudet et des officiers ont décidé de créer un comité pour faire de ce site un patrimoine national.» En 1971, la Confédération rachète le tout et donne l’usufruit à la Fondation Guisan.

Pierre Leiggener est fier d’avoir contribué à réaliser le souhait du général. «Il voulait que ce lieu devienne un centre de rencontre et de culture.» En 2004, la villa s’ouvre au monde avec l’inauguration de l’annexe abritant des salles de conférences. «A mon arrivée, les visites étaient rares. Le lieu était confidentiel. Dès 2004, tout s’est enchaîné: banquets, conférences, séminaires, cocktails de mariage… Je gérais les réservations.» Organisateur né, Pierre Leiggener a l’idée de proposer des visites guidées concoctées par ses soins. «J’adore le contact. J’ai cet allant, c’est vrai.»

Du général, il admire «la droiture, la personnalité et le charisme». Les militaires, Pierre Leiggener connaît bien. Après un apprentissage de boulanger, il file à l’école de recrues en 1964. Une révélation. «Le déclic est surtout venu avec le sport», explique ce nageur et plongeur émérite, ancien président de la Société suisse de sauvetage. Pierre Leiggener prend rapidement du galon, est nommé maître de sport puis administrateur de l’Ecole d’officiers d’infanterie, à Lausanne. Il finit sa carrière du côté de Bière. La retraite, très peu pour lui. «J’avais encore plein d’énergie. Je me suis dit: qu’est-ce que je vais faire de ma vie? C’est là que l’on m’a offert l’opportunité de venir ici. Je m’y suis énormément plu. Je gérais tout, j’avais les pleins pouvoirs. Je disais d’ailleurs souvent que c’était ma propriété.» Il sourit, un poil nostalgique.

En 2016, le CIO, en manque de place, paie pour l’usage quasi exclusif des salles de conférences durant trois ans. Un changement radical pour l’intendant. «Le CIO gère tout, je n’ai plus grand-chose à faire. C’est vrai que ça me frustre un peu. Je n’ai plus le «kick» quand je me lève le matin.»

Au moment de partager un verre de chasselas avec quelques amis à la buvette de Verte Rive, l’intendant nous révèle son slogan: «Peur de rien et envie de tout!» Quand j’étais militaire, j’en avais un autre dont mes anciens élèves se souviendront sûrement: «Un rythme: le galop. Un but: la perfection.»

(24 heures)

Créé: 26.08.2017, 15h56

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