La SVSN partage tout son savoir

SciencesL’institution a transféré son patrimoine aux Archives cantonales. Il est désormais public.

Un portrait de Gabriel de Rumine, membre de la SVSN. La générosité de cet héritier d’une famille de la haute noblesse russe a permis de construire le palais qui porte son nom. Et aussi d’acquérir des blocs erratiques.

Un portrait de Gabriel de Rumine, membre de la SVSN. La générosité de cet héritier d’une famille de la haute noblesse russe a permis de construire le palais qui porte son nom. Et aussi d’acquérir des blocs erratiques. Image: Patrick Martin

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La Société vaudoise des sciences naturelles (SVSN) célèbre cette année ses 200 ans. Son comité a mis sur pied un programme éclectique. Outre le recensement des fourmis vaudoises, des excursions variées, le lancement d’une bourse, l’institution a mené le dessein de confier son riche patrimoine aux Archives cantonales vaudoises. La cérémonie de remise, ouverte au public, se déroule ce jeudi à 18h.

«Cette action permet de regrouper l’ensemble de nos archives en un seul lieu, de le conserver, l’inventorier, surtout de le rendre accessible au public», résume le président de la SVSN, Vincent Sonnay. Une partie se trouvait précédemment dans les caves du Palais de Rumine, l’autre à la Bibliothèque cantonale et universitaire. «L’inventaire détaillé et précis des 23,20 mètres linéaires, qui occupent 632 pages, avec un gros index des noms cités dans les documents, est consultable en ligne, sur le site des Archives cantonales vaudoises, au travers de la base DAVEL», informe le directeur, Gilbert Coutaz.

La SVSN a été fondée le 17 mars 1819 par des scientifiques, naturalistes, notables. Parmi ces pionniers figure notamment Louis Levade, médecin et pharmacien veveysan, abbé-président de la Confrérie des Vignerons. Certains membres sont devenus des savants de renommée internationale comme le naturaliste Louis Agassiz et le myrmécologue Auguste Forel. «Dès le début, les activités abordent nombre de domaines scientifiques: mathématiques, physique, chimie, zoologie, botanique, minéralogie, etc.», détaille Vincent Sonnay.

Dès 1842, scientifiques et universitaires compilent leurs travaux dans le Bulletin de la société. Ces parutions constituent une grande part des archives, où figurent aussi de nombreux objets: médaillons de savants, tableaux rares, plaques d’imprimerie, microscope, épidiascopes, etc. Assez rapidement, la société, via ses bulletins, intéresse une septantaine d’institutions dans le monde. Si bien qu’en 1875 elle est en relation avec 144 sociétés savantes.

La SVSN a «contribué à la naissance du mouvement de protection de la nature en préservant des blocs erratiques, vestiges de la dernière période glaciaire», poursuit le président. La SVSN en possède une dizaine, grâce au legs de 1,5 million de Gabriel de Rumine en 1871 à la ville de Lausanne, une donation qui permet aussi la construction du palais éponyme. «La société est encore à l’initiative de la Commission cantonale pour la protection de la nature qui préavise sur différentes problématiques d’importance liées au paysage et à la nature», souligne encore Vincent Sonnay.

Quelques pépites

Ces archives, et notamment le fameux Bulletin, sont une mine de renseignements. Membre de la SVSN, Marc Ruchti s’est plongé dans ce trésor. Quelques pépites. «M. le prof. Renevier traite de l’adoption d’un langage scientifique universel, dont l’initiative a été prise par l’American Philosophical Society. Elle a nommé, en 1887, un comité chargé d’examiner la valeur scientifique du Volapük.» «Les crânes du Tauredunum [Noville] étaient au nombre de 25; ils avaient été déposés momentanément et faute de place dans les combles du Musée zoologique, où quatorze d’entre eux furent stupidement détruits par des ouvriers travaillant à des réparations de voies téléphoniques, qui les utilisaient en guise de boules de jeu de quilles.» «À l’Assemblée générale du 21 mai 1902, M. le Dr R. Reiss parle de l’emploi de l’urine dans le développement de la plaque photographique.»

S’il y a eu jusqu’à 600 membres, la SVSN en compte actuellement 450. «Notre objectif est de nous rapprocher encore plus du public pour convaincre des passionnés de la nature et des sciences de nous rejoindre. Le dépôt de notre patrimoine aux Archives cantonales et donc la possibilité pour tout un chacun de le consulter vont dans ce sens», conclut le président.


Tableau

Un portrait de Gabriel de Rumine, membre de la SVSN. La générosité de cet héritier d’une famille de la haute noblesse russe a permis de construire le palais qui porte son nom. Et aussi d’acquérir des blocs erratiques.


Microscope

Cet exemplaire et tout son jeu d’optique datent de 1901. C’est un des objets anciens désormais conservés par les Archives cantonales vaudoises.


Projecteur

Un ancien épidiascope, soit un appareil de projection qui permet de reproduire des vues fixes par transparence. Encore un objet précieux de la SVSN.


Médaillon

Le profil de François-Alphonse Forel. Ce savant vaudois était le cousin du myrmécologue Auguste Forel. Principalement limnologue, il fut un pionnier de l’étude des lacs.

Créé: 06.06.2019, 08h29

Programme des activités du bicentenaire

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