SwissExpo doute de son avenir lausannois

AgricultureLes organisateurs du concours bovin déplorent le manque de soutien de la Ville.

Le concours bovin Swiss Expo possède une renommée internationale, mais ses organisateurs estiment qu’il n’est pas assez soutenu par la ville qui l’accueille

Le concours bovin Swiss Expo possède une renommée internationale, mais ses organisateurs estiment qu’il n’est pas assez soutenu par la ville qui l’accueille Image: KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi

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«Sincèrement, on se demande si l’avenir de Swiss Expo est bien à Lausanne.» Respectivement président et vice-président de ce concours international bovin et salon professionnel agrotechnique qui se tient jusqu’à dimanche au Palais de Beaulieu, à Lausanne, Jacques Rey et Marc-Henri Sauty ont poussé un véritable coup de gueule à l’encontre de la capitale vaudoise jeudi matin lors de la partie officielle de la manifestation. «Si on ne peut que remercier le Canton pour son important soutien, on doit malheureusement constater que certains responsables lausannois ne voient pas d’intérêt à cette exposition. Elle donne pourtant du travail à des habitants de la région, remplit les hôtels et fait rayonner l’image de la ville.»

De là à chercher une nouvelle terre d’accueil pour Swiss Expo, il n’y a qu’un pas. Qu’ils ne franchiraient toutefois pas de gaieté de cœur: «On se plaît à Beaulieu, le site est idéal. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons refusé l’invitation de Genève il y a quelques années. Mais visiblement, nul n’est prophète en son pays.»

Bâtons dans les roues

Trois éléments justifient leur courroux: une facture du Service de défense contre l’incendie en forte hausse, une récente menace de ne pas autoriser la manifestation si une facture liée à la sécurité n’était pas payée en avance et, enfin, l’autorisation accordée aux antispécistes de venir manifester samedi sur l’esplanade de Beaulieu, juste devant les portes d’entrée du salon.

Alors que le sous-directeur de l’Office fédéral de l’agriculture, Dominique Kohli, et le conseiller d’État Philippe Leuba s’étaient déplacés jeudi matin pour prendre part à la partie officielle, l’absence de représentant de l’Exécutif lausannois n’a fait que renforcer les doutes de Jacques Rey et de Marc-Henri Sauty.

Bien présent, lui, à cette cérémonie, le député UDC et conseiller communal lausannois Jean-Luc Chollet a été abasourdi de découvrir cette situation. «Ça ne ressemble pas à Lausanne, qui est la plus grande propriétaire agricole, sylvicole et viticole de Suisse, s’étonnait l’agriculteur politicien, en se disant très déçu. Lausanne ne doit pas oublier que Swiss Expo est, au niveau mondial, la troisième exposition de bétail de pointe après Toronto (CA) et Madison (USA)». De manière globale, Jean-Luc Chollet estime que ce manque de soutien envoie un très mauvais signal au monde agricole en général et à celui de Lausanne en particulier. «Et ce ne sont de toute façon pas des mesquineries de ce type qui rempliront les caisses.»

Syndic de Lausanne et désormais président de la Fondation de Beaulieu, propriétaire des bâtiments, Grégoire Junod ne se laisse toutefois pas démonter. S’il trouve ces accusations «de bonne guerre dans le contexte des relations générales entre Lausanne et le reste du canton», il les juge aussi «plutôt malvenues». «Swiss Expo n’a lieu cette année que parce que le Canton et la Fondation de Beaulieu l’ont bien voulu», rappelle le syndic. Une allusion au «lâchage» de la manifestation par MCH Beaulieu l’automne passé, pour manque de «fiabilité». «Cela prouve quand même que nous considérons Swiss Expo comme une manifestation importante, en particulier pour son rôle de lien entre ville et campagne.»

Pour le reste, Grégoire Junod imagine bien que le contexte particulier dans lequel se déroule cette édition, après l’éclatement de l’affaire des malversations du secrétaire général de la Fondation de Beaulieu, ne facilite pas les choses sur le plan opérationnel.

Encaissements tardifs

«La seule chose que l’on puisse nous reprocher, c’est d’avoir parfois des retards dans nos paiements, reconnaît de son côté Marc-Henri Sauty. Mais cela vient du fait que Swiss Expo a lieu en début d’année et que nous rencontrons donc un problème de décalage entre l’encaissement de certaines sommes de sponsorisation ou de subventions et le paiement de nos factures. Mais nous les avons toujours toutes honorées.»

(24 heures)

Créé: 12.01.2018, 07h27

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