Au temps où la police roulait en Coccinelle

LausanneL’adjudant Patrick Grand, surnommé «l’archiviste» par ses collègues, a accumulé près de 43'000 photos sur la police lausannoise. Il les dévoile sur FB.

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Entrer dans le bureau de l’adjudant Patrick Grand, c’est comme faire un saut dans un passé pas si lointain, disons de celui qui rappelle encore des souvenirs aux plus de 30 ans. S’y dresse par exemple un parcmètre individuel comme il en fleurissait devant chaque place de parc lausannoise, jusque dans les années huitante. Un vieux gyrophare. Des cadrans d’on ne saurait dire quels engins. «A l’Hôtel de police, on me surnomme «l’archiviste», confie celui qui a rejoint les forces de l’ordre de la capitale vaudoise il y a 37 ans déjà. Sous-chef du Groupe-Accidents, Patrick Grand récolte les photos et les documents concernant «sa» police, tant et si bien qu’il en accumule près de 43'000 aujourd’hui. Quand même. Un trésor que l’adjudant distille sur une page Facebook à la plus grande joie des nostalgiques. Mais pas que.

«Ma passion n’est pas de mettre des photos sympas sur les réseaux sociaux. Ce que je cherche avant toute chose, c’est aussi de conserver et de transmettre leur histoire. Il faut expliquer la photo, sinon cela ne rime pas à grand-chose», explique Patrick Grand.

Tenez. Comme pour ce cliché sur verre de 1932, colorisé par les techniciens du Groupe-Accidents d’alors. C’est une scène d’accident entre une automobile et un side-car. Un homme gît au sol. Un tram jaune est bloqué. «Il m’a fallu des années pour savoir où cet accident avait eu lieu exactement. J’ai reconstitué la ligne du tram en question. Une véritable enquête», se souvient l’adjudant.

Ah, les voitures de police

La difficulté pour certains clichés augmente encore quand ils représentent une voiture de police. Il y en a eu tellement. Et pas que des Européennes. «La police judiciaire roulait aussi en Ford Ranch Wagon ou en Plymouth Sport Fury. Alors je me rends sur des sites américains et sur des blogs pour les identifier. Cela peut prendre quatre minutes comme six mois.»

Cela fait vingt ans que Patrick Grand archive toutes ces photos qui lui proviennent surtout de collègues, de retraités ou parfois d’autres polices. Et quand l’ère du numérique a sonné, il a pris son mal en patience et il les a toutes scannées. «Sur mon temps libre», tient-il à préciser. Un travail de bénédictin tant son archivage ne se limite pas aux photos. Il y a aussi toutes sortes de documents officiels, de règlements, les portraits d’officiers retraités… «Il n’y a pas non plus que des photos en noir et blanc d’un autre temps. Je continue à en faire et ainsi à alimenter le fonds. Si la police de Lausanne reçoit une nouvelle voiture, je file la photographier. J’y ajoute aussi toutes ses données techniques.» Comme si cela ne suffisait pas, il y a aussi les films. «J’en compte environ 2000.» Puis Facebook est arrivé.

La crainte de tout voir brûler

«Archiver, c’est bien. J’ai la chance d’avoir une grande mémoire et de me rappeler de beaucoup de choses. Mais c’est dommage si cela reste dans un disque dur. Alors le montrer, c’est encore mieux et en cela, Facebook est un bel outil.»

Mais pas seulement. La grande crainte de Patrick Grand était que ses ordinateurs brûlent. Et que toute cette mémoire, répartie en 976 dossiers numériques, ne disparaisse. «Maintenant, à moins qu’il y ait le feu chez Facebook, y poster ces photos et leurs légendes, c’est aussi les sauvegarder.» (24 heures)

Créé: 07.08.2017, 20h12

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