On a testé les minibus sans pilote de l'EPFL

LausanneDurant près de trois mois, à Ecublens, le public peut emprunter des véhicules entièrement automatiques.

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Il faut encore fermer soi-même les portes mais, pour le reste, le minibus démarre tout seul et se fraie un chemin de manière indépendante dans le dédale de ruelles qui parsèment le campus de l’EPFL. Depuis le 16 avril, jour de la visite officielle du président français, François Hollande, et jusqu’à la fin du mois de juin, six objets roulants sans pilote relient en effet chaque jour de semaine la station de métro M1, au nord, à l’Innovation Park, au sud. Il s’agit d’un test public grandeur nature de ce nouveau moyen de transport électrique, dans le cadre de CityMobil2, un programme de recherche appliquée cofinancé par l’Union européenne.

Leur petit nom: EZ 10

Le jour de notre test, seules trois navettes étaient en circulation. Ce n’est que progressivement que les six véhicules seront injectés sur le tracé, qui dessert l’Esplanade, le Rolex Learning Center, l’Hôtel Starling et les Estudiantines (logements pour étudiants). Lorsqu’un piéton se trouve sur la trajectoire, l’engin ralentit et, si nécessaire, s’arrête en attendant que l’«obstacle» ait libéré le passage. Les navettes sont baptisées EZ 10, un nom qui leur a été attribué par leur constructeur, une alliance de la firme automobile française Ligier et du concepteur de logiciels Robosoft, français lui aussi.

Dans le parking sous l’Esplanade, l’EZ 10, qui est de toute façon bridée à 15 km/h pour la durée de ces essais, ralentit encore lorsque le passage se fait plus étroit et longe deux hauts trottoirs. A l’intérieur, deux écrans visualisent les objets captés en continu par les senseurs du véhicule. Ce dernier n’est pas (encore) capable de contourner les obstacles, ce qui impose le recours occasionnel au mode manuel, par exemple lors de croisements délicats.

Un étudiant recruté pour accueillir les passagers nous explique qu’il y a encore de petits bugs qui font que certaines navettes doivent être réinitialisées. L’ambiance de chantier perpétuel qui règne depuis plusieurs semaines à l’EPFL, avec la construction de deux bâtiments importants et la présence de véhicules de chantier sur le parcours, ne facilite pas la tenue des essais.

Comme des chauves-souris

Le confort est par contre très acceptable, les suspensions étant souples et les freinages progressifs. Par rapport aux essais précédents (lire ci-contre), les passagers sont mieux protégés contre les éléments et il y a quatre sièges dignes de ce nom.

«Les navettes fonctionnent un peu comme de grandes chauves-souris», explique Raphaël Gindrat, cofondateur de BestMile, une start-up issue de l’EPFL, qui développe le programme qui permettra, à l’issue du test, à une flotte d’EZ 10 de se coordonner et de gérer les croisements en automatique pour assurer une desserte régulière. «La navette émet des faisceaux de lumière, des lasers, qui sont réfléchis par les objets autour du véhicule, précise Raphaël Gindrat. Les capteurs de celui-ci permettent de cette manière de dresser une carte du parcours et de détecter des obstacles mobiles lors des trajets.»

Les batteries sont logées dans le plancher et l’équipe de BestMile a constaté qu’une recharge de deux heures permet de circuler durant environ dix heures, grâce notamment à un freinage qui permet de récupérer de l’énergie.

«Nous avons encore du travail à faire pour que ce système devienne pleinement autonome, ajoute Raphaël Gindrat. A terme, nous allons aussi développer la possibilité d’appeler les véhicules, de faire du transport à la demande et plus seulement en continu.»

Créé: 23.04.2015, 16h50

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On a testé les minibus sans pilotes de l'EPFL

On a testé les minibus sans pilotes de l'EPFL Sur les routes du campus à bord du véhicule autonome EZ 10

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Nouveaux essais, nouveaux véhicules

En 2014 déjà, le site de l’EPFL avait vu débarquer trois navettes sans pilote, dans le cadre du programme européen CityMobil2. Elles étaient fournies par un autre constructeur (Navya) que celles qui circulent ces jours et il s’agissait de prototypes moins avancés sur le plan de l’automatisme et du design. Cette fois-ci, les navettes sont de marque Ligier et les programmes qui gèrent la conduite de chaque véhicule viennent de la société Robosoft.

Au départ, les logiciels de Robosoft fonctionnaient avec des capteurs GPS, mais
le dédale de bâtiments de l’EPFL empêche d’obtenir une bonne réception. Les EZ 10 en test ces jours utilisent donc des capteurs radars et lasers, comme les Navya il y a une année.

Quant au programme permettant aux navettes de communiquer entre elles et de programmer l’ensemble de la flotte de manière cohérente, il est en cours de développement par la société suisse BestMile, issue de l’EPFL.

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